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L'assurance-crédit, nouveau chantier des directions financières ?

Publié par le | Mis à jour le
L'assurance-crédit, nouveau chantier des directions financières ?

Alors que la conjoncture reste difficile pour les entreprises, la fin des dispositifs de réassurance publique des assureurs-crédit participe à renforcer la pression sur les directions financières, qui doivent aujourd'hui trouver des leviers pour continuer d'assurer l'afflux de liquidités.

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Pendant les mois de crise sanitaire, les aides publiques aux entreprises se sont principalement manifestées pour le grand public à travers les Prêts Garantis par l'État (PGE), à un point tel que nombre des mesures parallèles mises en place par le gouvernement semblent avoir été éclipsées.

Or, beaucoup d'autres leviers d'accompagnement ont été indispensables à la survie du tissu économique français. C'est le cas particulièrement des compléments d'assurance-crédit (CAP) qui ont tout autant préservé les sociétés du dépôt de bilan.

L'assurance-crédit, pilier de la trésorerie en temps de crise

L'assurance-crédit est un mécanisme clé dans la gestion des finances d'une entreprise en tant qu'il assure une garantie contre les défauts de paiement des clients. À cela s'ajoute le plus souvent l'affacturage, qui vient financer l'exploitation : des filiales de banques rachètent les factures à payer par les clients et en avancent 90% à l'entreprise, le temps du délai de paiement (60 jours). Ces deux outils permettent d'assurer un afflux de trésorerie en attendant les règlements pour faire face à la fois au risque du manque de liquidités, mais aussi de faillite éventuelle des débiteurs.

Ce mécanisme constitue ainsi un bouclier essentiel en temps de crise. Or, l'exposition aux risques des trésorerie augmentant avec la dégradation du contexte économique début 2020, certaines entreprises se sont vu refuser ces garanties en raison du fort degré d'incertitude autour de l'activité économique mondiale. L'État a alors débloqué une enveloppe de 12 milliards d'euros afin de réassurer les assureurs-crédit et leur permettre de continuer à couvrir l'économie réelle.

Ce dispositif touche aujourd'hui à son terme, mais les risques restent importants. À ce titre, les assureurs-crédit font désormais le choix de prendre le relai de l'État et de poursuivre la couverture de ces risques sur leur bilan mais parfois avec un niveau d'exposition moindre. Cela entraine la vulnérabilité des entreprises les plus fragiles.

Des directions financières toujours sous pression

La fin de la crise sanitaire ouvre, en effet, la voie à une nouvelle vague de difficultés, puisque les entreprises ayant contracté un PGE doivent entamer les remboursements. De nombreuses structures ayant déjà perdu du chiffre d'affaires pendant la crise, se retrouvent aujourd'hui à payer des dettes qu'elles n'avaient pas auparavant. À cela s'ajoute la guerre russo-ukrainienne, et avec elle la hausse du prix des matières premières, la rupture des chaines d'approvisionnement et l'inflation autour des prix de l'énergie.

Les directions financières se retrouvent de facto dans une impasse, prises en étau entre les remboursements de dettes, les perturbations engendrées par la situation géopolitique internationale et la pression croissante des assureurs face à une exposition aux risques qui ne cesse de se renforcer. La gestion des factures, des délais de paiement et de la trésorerie devient donc un véritable exercice d'équilibriste.

Plusieurs solutions à la disposition des Daf

Malgré ce contexte alarmant, les directions financières disposent cependant de plusieurs leviers d'action. À la suite de la hausse des prix d'assurance-crédit et de la baisse des encours garantis, il est en effet possible pour les dirigeants de mettre leur assureur-crédit en concurrence. Cette décision a peu d'impact sur l'activité et peut se faire de manière relativement rapide. La remise en concurrence de l'assureur est ainsi susceptible de permettre une révision de son positionnement et une baisse de prix. En ce sens, les entreprises ont tout à gagner à mobiliser en interne leurs équipes et à investir du temps sur l'optimisation de leurs contrats.

Également, les entreprises ayant des financements par affacturage peuvent se tourner vers leur factor. Dans les cas où la santé financière de l'entreprise reste solide, le factor peut accepter d'apporter des liquidités au-delà de sa propre couverture de risque et donc de protéger plus largement la trésorerie de l'entreprise. Il s'agit cependant d'une solution applicable au cas par cas, nécessitant d'apporter des gages de viabilité en matière de cash, plus que jamais nerf de la guerre en période de turbulences.

Pour en savoir plus

©  Marc BERTRAND

© Marc BERTRAND

Adrien de Rufz est Senior Manager, Financementd'actifs, activités Restructuring & Turnaround Transformation de KPMG France. Il conseille les entreprises dans la mise en place ou la renégociation de programmes de financement d'actifs, notamment en affacturage et titrisation, dans divers contextes : croissance de l'activité, remplacement de lignes court terme à moindre coût et hors bilan, fusions/LBO, refinancement, tensions de trésorerie, procédures collectives. Il intervient également sur des problématiques d'assurance-crédit qu'il met au service de l'affacturage afin d'en optimiser le financement.



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