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Mieux se connaître pour être un meilleur manager

Publié par Eve Mennesson le | Mis à jour le
Mieux se connaître pour être un meilleur manager

La grande démission pointe le rôle des managers pour retenir les employés. Mais qu'est-ce qu'être un bon manager ? Faire évoluer ses pratiques managériales demande du temps et surtout de partir de soi pour mieux se connaître.

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Bienveillance et leadership, empathie et encouragement, écoute et pédagogie, souplesse et réactivité : les injonctions à destination des managers sont de plus en plus astreignantes. Et d'autant plus en cette période de grande démission, où les managers son clés pour retenir les talents. Comment faire ? Comment être un manager performant ?

Faire des pauses

Yves Le Bihan, président de l'Institut français du leadership positif, invite tout d'abord à prendre soin de soi. Il parle d' « écologie de soi » et invite à pratiquer des pauses mentales régulières. « Cela peut passer par se concentrer sur sa respiration ou aller marcher », conseille-t-il.

Des pauses qui peuvent aussi être l'occasion de se recentrer sur soi pour mieux comprendre ses fonctionnements, ses schémas mentaux mais aussi se questionner sur ses envies, ses craintes, etc... « Il faut démarrer par soi, prendre conscience de soi et accepter qu'on n'a pas toutes qualités. Le bon manager est d'abord celui ou celle qui se connait bien », résume Yves Le Bihan qui pense qu'on ne peut être empathique avec ses collaborateurs que si on est empathique avec soi-même.

Répondre à l'envie d'initiative

En partant d'eux, les managers sont en effet plus à même de réussir ensuite à faire évoluer leurs pratiques. Dans l'objectif notamment de coller aux attentes des collaborateurs qui ont pris le goût, avec les confinements et le télétravail, de l'autonomie et de la prise d'initiative. Pour pouvoir suivre ces nouvelles aspirations, quatre qualités humaines sont à amplifier, selon Yves Le Bihan : la flexibilité mentale et émotionnelle, la transparence, la sécurité psychologique et l'esprit de croissance.

« La flexibilité mentale permet de changer de point de vue si nécessaire et la flexibilité émotionnelle de laisser plus vite derrière soi les émotions désagréables », précise Yves Le Bihan. La transparence est quant à elle la transparence envers soi-même pour montrer ses propres failles (et permettre aux collaborateurs de s'ouvrir) mais aussi la transparence d'information pour communiquer tout ce qui doit l'être à ses collaborateurs. « La sécurité psychologique permet de générer de la sécurité dans les équipes et l'esprit de croissance donne envie d'oser, de tenter », complète Yves Le Bihan.

Entraînement régulier

Bien sûr, une telle évolution se fait sur un temps long. « Cela demande du temps mais aussi une prise de conscience et du courage », estime Yves Le Bihan. Il incite à procéder par petits pas, tout au long de sa journée de manager. « Avant même d'arriver au bureau, on peut repérer les schémas mentaux d'agitation pour pouvoir les mettre à distance, propose-t-il. On peut aussi essayer, une fois au bureau, d'anticiper quand son mental va saturer pour mieux mettre à distance et moins subir, et de faire preuve de flexibilité en acceptant une solution à laquelle on n'aurait pas pensé, par exemple, ou de mettre de l'énergie sur un nouveau projet quand on a dû en abandonner un ».

Un nouveau fonctionnement qui ne s'acquiert que par un entraînement régulier. Cela peut commencer par les réunions, que Yves Le Bihan presse à revisiter. « La réunion est le centre des bonnes pratiques managériales. Un bon manager devrait démarrer ses réunions en écoutant son équipe en observant le verbal et le non verbal », recommande-t-il.

Attention aux biais cognitifs

Attention cependant : « Il ne faut pas se transformer en bureau des pleurs ou en groupe de parole thérapeutique », met en garde Yves Le Bihan. Il pousse aussi à être empathique avec parcimonie, pour ne pas soi-même s'épuiser. « Et trop d'indulgence peut éroder les jugements », ajoute-t-il. Par ailleurs, le travail sur soi, sur ses failles, ne doit pas donner une image de faiblesse. « On attend d'un manager une position de leader, de meneur. Il doit faire preuve de solidité, de constance et de conviction », avertit Yves Le Bihan.

Le manager est aussi celui qui prend des décisions. Il ne s'agit pas d'hésiter et de ne jamais trancher mais d'être conscient des mécanismes de prise de décision pour être le plus juste possible. Sur ce point, Yves Le Bihan sensibilise aux biais cognitifs. « Il existe par exemple le biais de groupe : on a tendance à privilégier le consensus plutôt que de prendre le risque d'être exclu d'un groupe en présentant un avis différent, décrit Yves Le Bihan. Il y a aussi le biais du stéréotype, cette tendance du cerveau à aller chercher ce qui nous ressemble. Mais aussi le biais de confirmation qui est la capacité de notre cerveau à aller chercher des gens qui confirme notre point de vue et à rejeter les gens qui infirme ce que nous pensons ».

En prendre conscience c'est changer sa façon de manager et devenir un meilleur manager pour davantage répondre aux attentes des collaborateurs. Et qui sait, retenir et attirer des talents.

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