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Budget 2026 : le vote de confiance du 8 septembre rebat les cartes

Le ministre de l'Economie et des Finances Eric Lombard était l'invité ce matin sur France Inter, l'occasion de revenir sur les annonces du Premier ministre de ce lundi et du vote de confiance du 8 septembre sur les orientations budgétaires de la prochaine loi de finances.

Publié par Christina DIEGO le | Mis à jour le
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Budget 2026 : le vote de confiance du 8 septembre rebat les cartes
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Se dirige-t-on vers le même le scénario qu'à l'automne 2024 ? Les entreprises redoutaient de naviguer à nouveau en eaux troubles entre incertitudes politiques et économiques. Pour éviter cette équation, le gouvernement a jugé bon de préparer un projet de loi de finances depuis deux mois, et il en a présenté les grandes lignes pour arriver à 44 milliards d'économie. C'était sans compter les réactions politiques des différentes forces politiques du Parlement. Comment faire voter un budget déjà décrié ? « Une clarification dans un moment décisif », a annoncé François Bayrou lors de la conférence de presse de rentrée ce lundi 25 août, pour justifier le vote de confiance qu'il sollicite devant l'Assemblée nationale le 8 septembre prochain. Dans ce contexte, le ministre de l'Economie et des Finances Éric Lombard a tenu à rappeler le « nécessaire » plan d'économie prévu par le prochain budget de la loi finances, au micro de France Inter ce mardi matin.

Une économie de 44 milliards

« Il y a une marge de négociation sur le partage de l'effort [prévu dans le projet de budget pour 2026], mais sur les 44 milliards, je suis très ferme », a affirmé ce mardi matin sur France Inter Éric Lombard. Le ministre s'est montré très clair sur le montant total des économies à faire. « Nous avons un engagement pris devant l'Union européenne et devant les marchés financiers de faire un ajustement », a-t-il martelé.

L'explosion des taux d'intérêt

Pour le ministre, une crainte se profile avec l'explosion des taux d'intérêt. « Je vous parie que dans les quinze jours qui viennent, nous paierons notre dette plus chère que d'autres pays européens », a lancé le ministre. « Nous serons alors vraiment en queue des 27 en Europe, ce qui est, pour un pays comme la France, un vrai souci. » Concernant la mise sous tutelle de la France par le FMI, un premier temps évoqué, il a tenu à préciser dès mardi après-midi que « Nous ne sommes, aujourd'hui, sous la menace d'aucune intervention, ni du FMI, ni de la BCE, ni d'aucune organisation internationale », dans un message posté sur X. De fait, si la situation des finances publiques de la France se dégrade, « elle n'a aucun problème à ce stade à trouver des liquidités sur les marchés », a-t-il assuré.

En effet, lundi 25 août les taux à 10 ans (qui déterminent le coût de refinancement de la dette française) ont flambé de 9 points de base, atteignant 3,51 %, leur plus haut niveau depuis mi-mars. « La dette est soutenable et les refinancements se passent bien », a ajouté Eric Lombard.

Un discours à prendre avec des pincettes, alors que François Bayrou lui-même a qualifié la charge de la dette de « premier budget de la Nation ». Le ministre des Finances s'est voulu rassurant, « Bercy fait le nécessaire », et mise sur la « résilience » de l'économie française, notamment une croissance de 0,3 % au deuxième trimestre, contre -0,3 % pour l'Allemagne.

Un vote de confiance à « quitte ou double »

Dans ce contexte, le vote de confiance du 8 septembre prend des allures de référendum économique. « Nous sommes à la bataille pour avoir une majorité », reconnaît Eric Lombard qui évoque « la négociation et le dialogue » pour éviter le pire. « Il existe une marge de négociation sur le partage de l'effort », concède-t-il, évoquant les discussions en cours avec les oppositions.

Malgré l'incertitude politique, Bercy assure que le budget 2026 sera prêt. « Nous sommes suffisamment en amont pour préparer un budget pour les Français », déclare Eric Lombard, soulignant que les travaux ont commencé « avec deux mois d'avance ». Une manière de montrer que l'État anticipe, même si l'issue du vote reste incertaine.

Des dirigeants d'entreprise rassurés ?

Lors des Universités d'été du Medef du 27 et 28 aoüt, le ministre s'est voulu rassurant devant le parterre de chefs d'entreprise présents. Même si le gouvernemnt recherche un accord politique pour faire voter le budget, mais « cet accord doit d'abord se faire sur la protection des entreprises », a-t-il précisé. « Je n'aime pas quand certains disent sur les plateaux que la solution, c'est de plus taxer les entreprises ». Pour lui, « dans le texte que nous sommes en train de rédiger, il n'y a pas de surtaxe » sur les bénéfices des grandes entreprises, a souligné Eric Lombard, à propos de cette mesure exceptionnelle instaurée en 2025. En ce qui concerne le crédit d'impôt recherche, une niche fiscale dont les entrepreneurs suivent sa fiscalité, c'est « quelque chose qu'il faut sanctuariser », a-t-il poursuivi. Le ministre a d'ailleurs maintenu sa position, « Tout sera discutable, dans deux limites : nous devons réduire le déficit - et nous avons pris engagement de réduire de 44 milliards d'euros - et nous devons protéger les entreprises, parce que c'est ça qui fait l'emploi, qui fait la croissance ». Reste à savoir jusqu'où le gouvernement sera prêt à négocier d'ici le 8 septembre pour éviter sa chute devant les députés.

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