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L'actionnariat salarié progresse difficilement dans les PME et les ETI

Publié par le - mis à jour à
L'actionnariat salarié progresse difficilement dans les PME et les ETI

Selon une étude du cabinet Eres-OpinionWay, l'actionnariat salarié se diffuse dans les entreprises, et notamment dans les grands groupes. Ce mécanisme a doublé dans les PME et les ETI depuis 2015 mais il reste encore trop peu développé.

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Pour marquer la reconnaissance de l'engagement de ses collaborateurs dans l'entreprise, le groupe Rémy Cointreau a lancé sa première augmentation de capital réservée à ses salariés français en 2021. Quelques mois après, en septembre 2021, dans le monde de la tech, OVHcloud a mis en place son premier plan collectif d'actionnariat salarié ouvert à plus de 2 000 personnes en France et à l'étranger. Le succès a été immédiat avec 97,8% des collaborateurs qui sont devenus actionnaires d'OVHcloud. Ces deux entreprises ont réalisé en 2021 leur toute première opération. Signe que l'actionnariat salarié dans les groupes cotés se démocratise. « C'est une première dans le secteur du luxe, de la technologie. Ils sont souvent sous représentées dans l'actionnariat salarié », note Mirela Stoeva, Directrice des études au sein d'Eres. Selon une étude de la société de conseil et de gestion Eres-Opinionway publiée le 11 mai, le changement de mentalité se manifeste clairement dans le secteur coté, où 78% des entreprises proposent des partages de profits et des plans collectifs.

Des conditions avantageuses de souscription pour les salariés

En 2021, 42 opérations collectives ont été menées par 37 entreprises, contre 40 en 2019 -dernier record avant la crise de 2020-. « L'actionnariat salarié s'impose comme un pilier de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et entre désormais dans les critères d'analyses ESG. Cette nouvelle donne incite les entreprises à proposer plus d'opérations d'actionnariat salarié, pour partager les fruits de la croissance », se réjouit Mirela Stoeva.

Près de 65% des opérations collectives réalisées l'année passée ont été abondées, et le taux de décote moyen est passé de 20% en 2020 à 21,6% en 2021. « Les premiers effets de la loi Pacte commencent à être visibles avec une hausse du taux de décote pratiqué. 13 entreprises sur les 37 ayant réalisé une opération en 2021 ont même proposé un taux de décote de 30%, le nouveau plafond instauré en 2019 », se rassure Marie-Noëlle Auclair, Directrice du Cube Expertise & Solutions, chez Eres.

9% de PME et d'ETI seulement sont concernées

Dans les PME et les ETI en revanche, ça coince encore. L'actionnariat salarié concerne 9% des PME, contre 4% en 2015. « C'est un chiffre très positif car il a doublé mais on part d'une base peu importante. Ce sujet est encore peu développé souvent par méconnaissance des mécanismes, à la différence des plus grandes entreprises où la culture de partage des profits bcp plus processée. Un effort de pédagogie reste à déployer pour accélérer l'adoption de ce dispositif vertueux dans les PME et les ETI », analyse Marie-Noëlle Auclair. Seulement une entreprise sur trois connaît précisément les mesures de loi Pacte en sa faveur : forfait social à 10%, abondement unilatéral de l'entreprise de 2% sans condition de versement. Au chapitre des freins exprimés par les PME, les enjeux de confidentialité (44%) et de transmission de l'entreprise (41%) arrivent en tête. « Le frein psychologique est important. Certaines entreprises sont gênées à l'idée de partager de l'information financière et stratégique si elles associent leurs salariés au capital, alors que c'est pourtant vertueux et synonymes d'intégration des équipes dans la vraie vie des entreprises. Ces éléments restent au sein d'un collège très fermé, qui est la direction au sein des petites structures », ajoute Marie-Noëlle Auclair.

Il y a aussi une impression de complexité. « Il faut se poser plein de questions, choisir entre le plan ciblé et collectif. Ces dispositifs ont toutefois une bonne image. Les dirigeants de PME pensent que c'est une bonne chose, ce qui très positif », relève Mirela Stoeva.

Des montants souscrits en hausse

Dans 6 cas sur 10, le dispositif a été mis en place après 3 ans d'existence de l'entreprise. Et trois-quarts d'entre elles soulignent son efficacité pour motiver, impliquer et fidéliser les salariés. D'ailleurs, près d'un tiers des plans sont collectifs : 28% des opérations ont été proposées à plus de 50% des salariés. « Pour que davantage de PME et d'ETI franchissent le pas, il faudrait une loi Pacte 2, un mécanisme et une méthode de gouvernance plus souples, la suppression du forfait social qui permettrait de distribuer encore plus aux salariés. Nous avons constaté que l'allègement des charges sur l'abondement destiné à acheter des actions de l'entreprise a largement profité aux salariés », ajoute Marie-Noëlle Auclair.

En 2021, les entreprises du SBF120 ont proposé des enveloppes d'actions plus larges à moindre coût, assorties de conditions de souscription plus avantageuses pour leurs employés. Selon l'étude, le montant total souscrit a augmenté de 50% sur l'année, passant de 2,5 milliards d'euros en 2020 à 3,7 milliards d'euros en 2021, un record historique. Le montant moyen par salarié souscripteur a quant à lui augmenté de plus de 1 000 € de 2020 à 2021, passant de 4 540 à 5 600 €.

Étude réalisée en 2021 pour les groupes cotés et entre septembre 2021 et début 2022 sur le secteur non coté auprès d'un échantillon de 418 entreprises de 20 salariés et plus (DAF/DRH/DG au sein de PME du secteur privé non cotées en bourse) et les entreprises du CAC 40.

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