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Comment se portent les ETI françaises après la crise du Covid ?

Publié par Florian Langlois le - mis à jour à
Comment se portent les ETI françaises après la crise du Covid ?

Les ETI avaient su bien rebondir après la crise de 2008, en créant plus de 335.000 emplois entre 2009 et 2015 selon l'INSEE. Comment se sont-elles comportées pendant et après la crise Covid ? C'est la réponse qu'a voulu apporter le METI en menant deux études dédiées à la santé de ces ETI.

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En décembre dernier, nous écrivions que la crise du Covid avait effacé 3 années de croissance pour les ETI. Ainsi, l'année 2020 avait éclipsé toute la croissance effectuée entre 2016 et 2019. Qu'en est-il depuis cet épisode ? Le METI (Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire) a publié deux études concernant la santé des ETI depuis la crise Covid : la première étant une étude portant sur l'agilité des ETI en période de crise, réalisée en partenariat avec Stanwell aurpès de plus d'une centaine d'ETI, dont la moitié sont des ETI industrielles. La seconde étude est la dernière édition du baromètre Palatine-METI concernant le financement de ces ETI ; 1200 ETI ont alors été interrogées, dont plus de 600 entreprises industrielles.

Le premier constat est que la crise n'a au final que peu influé sur les trajectoires d'investissement des ETI. En effet, l'étude Stanwell-METI montre que 65% d'entre elles n'ont pas modifié leur trajectoire d'investissement entre 2019 et 2021. Cela s'explique par le fait que 70% des ETI à capitaux français relèvent d'une détention patrimoniale. Elles se projettent alors plus dans la durée. « L'exigence de pérennité prime sur celle de rentabilité, et les convictions stratégiques sur les indicateurs financiers. D'où leur détermination à maintenir le cap par gros temps, » note le METI.

Le deuxième point important qui ressort de cette étude est la capacité d'adaptation très importante des ETI. Elles ont su se montrer agiles et ont réussi à augmenter leurs investissements. 35% d'entre elles ont ainsi plus investis en 2021 qu'en 2019 avec l'objectif s'attaquer à de nouveaux besoins ou de nouvelles cibles et 31% en ont profité pour saisir des opportunités de développement à l'international. Sur cette même période, les ETI françaises ont renforcé leur volonté à effectuer des opérations de croissance externe (+40% en 2021 par rapport à 2019).

Des projets de croissance externe qui sont toujours d'actualité. Ainsi en juillet 2022, 53% des ETI interrogées envisagaient des projets de croissance externe et 60% prévoyaient des projets de croissance organique. Des chiffres toutefois en baisse comparé au mois de mars de la même année où ils étaient respectivement de 54% et 76% selon le baromètre Palatine-METI.

L'inquiétude grandit en 2022

Si les ETI françaises ont particulièrement bien performé pendant la crise du Covid, l'horizon s'assombrit depuis le début de l'année 2022. En effet, plus d'un tiers (37%) des dirigeants d'ETI se disent assez ou très inquiets quant aux perspectives de leur entreprise pour les six prochains mois. Ils sont par ailleurs plus de 25% à estimer que la situation de leur secteur d'activité s'est dégradée depuis juin 2021 (+5% par rapport à l'année précédente).

La santé financière de ces entreprises est également beaucoup plus fragile. La part des ETI qui voient leur trésorerie s'améliorer a par exemple été divisée par deux en trois mois, alors que la part de celles qui voient leur endettement net total se dégrader a progressé de 6 points. De plus, 9% des ETI rencontrent désormais ou risquent de rencontrer des difficultés pour rembourser leur PGE, contre 6% précédemment.

La dernière indication donnée par le baromètre Palatine-METI est l'intensification des difficultés conjoncturelles. De ce fait, la moitié des dirigeants ressentent davantage les effets de la conjoncture par rapport au 1er trimestre. Ce sont les problèmes de recrutement (rapportés par 97% des ETI) et la hausse des prix des matières premières (91%) qui arrivent en tête des difficultés rencontrées. Ces difficultés ont un impact sur l'activité de 90% des ETI, sur la rentabilité de 87% d'entre elles et sur les projets d'investissements de 63% d'entre elles. "Cette nouvelle édition confirme que les difficultés sont inscrites dans la durée et dégradent de plus en plus la situation financière des ETI," analyse Frédéric Coirier, PDG du groupe Poujoulat et co-président du METI.

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