Découvrez bourseinside.fr, le 1er site dédié aux entreprises cotées !

Recherche
Magazine Daf magazine
S'abonner à la newsletter S'abonner au magazine
En ce moment En ce moment

Délais de paiement : la situation s'améliore en 2021

Publié par Audrey Fréel le | Mis à jour le
Délais de paiement : la situation s'améliore en 2021

Altares a dévoilé le 30 mars 2022 l'état des lieux 2021 des délais de paiement des entreprises françaises. Si la situation s'est améliorée l'année dernière, elle n'est toujours pas revenue aux niveaux d'avant la crise sanitaire.

Je m'abonne
  • Imprimer

Après une flambée des retards de paiement à l'été 2020, les entreprises françaises ont progressivement redressé la barre en 2021. Selon Altares, elles ont enregistré 12,5 jours de retard en moyenne l'an dernier, contre 14 jours à l'été 2020. Malgré cette amélioration, elles n'ont toutefois pas renoué avec les niveaux d'avant la crise sanitaire. " En 2019, nous étions aux alentours de 11,5 jours de retards de paiement en moyenne. Et en 2018, les entreprises avaient même réussi à tomber en-dessous des 11 jours de retards ", souligne Thierry Millon, directeur des études d'Altares. Selon Altares, la solidarité entre les entreprises et le travail du comité de crise (mis en place en mars 2020) ont contribué à favoriser des comportements de paiement plus vertueux en 2021. Le vaste plan de soutien aux entreprises de 230 milliards d'euros déployé par l'État a aussi permis de maintenir les activités et les emplois. Résultat : en 2021, la France s'est détachée de la moyenne européenne qui affiche 13,6 jours de retards de paiement (selon l'analyse des données de huit pays proches de la France : Irlande, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Italie, Espagne et Portugal).

Les grands groupes affichent des délais plus longs

Du côté des " mauvais payeurs ", ce sont, sans surprise, les grandes entreprises qui remportent la palme dans l'Hexagone. En 2021, Altares a observé un écart de 5 jours de retard entre les structures de moins de 50 salariés et celles de plus de 1000 salariés. " Les grands groupes affichent traditionnellement des délais de paiement plus longs car leurs process ne permettent, en général, pas la moindre défaillance de données. Lorsque les factures des fournisseurs ne sont pas conformes, cela amène des retards ", explique Thierry Millon. Par ailleurs, lors des phases de forte activité, comme en 2021, ce sont souvent les grandes entreprises qui reçoivent le plus de factures, ce qui accroît le risque d'avoir des factures non conformes et/ou des erreurs d'affectation, et donc des délais de paiement supplémentaires. " Certains grands groupes font néanmoins insuffisamment d'efforts. Il est important que les grandes entreprises fassent preuve de pédagogie auprès de leurs fournisseurs et qu'elles leur proposent, par exemple, des médiateurs afin de ne pas perdre trop de temps ", affirme Thierry Millon. D'un point de vue sectoriel, les délais se sont améliorés dans toutes les branches, à l'exception de la restauration, durement touchée par la crise sanitaire. Les délais de paiement ont dépassé les 20 jours en 2021 dans ce secteur.

Des inquiétudes pour 2022

Si l'année 2021 s'est terminée sur une note plutôt optimiste, le tableau semble s'assombrir pour 2022. " Beaucoup d'acteurs étaient satisfaits de terminer l'année 2021 et avaient des perspectives plutôt bonnes, avec toutefois des incertitudes pour 2022. Aujourd'hui, les incertitudes ont fait place à des inquiétudes ", analyse Thierry Millon. Remboursement des premiers PGE (Prêts Garantis par l'Etat), envolée des prix de l'énergie et des denrées alimentaires, pénuries des matières premières, guerre en Ukraine, perte de confiance de la part des consommateurs... Tous ces facteurs risquent de peser sur les capacités de production, les chiffres d'affaires, les marges et les trésoreries des entreprises et donc, in fine, d'avoir des répercussions sur les délais de paiement. " Cela pourrait notamment fragiliser la reprise des secteurs le plus durement touchés par la crise sanitaire, comme le commerce et la restauration ", estime Thierry Millon.

Je m'abonne

NEWSLETTER | Abonnez-vous pour recevoir nos meilleurs articles

La rédaction vous recommande