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Comment piloter les excédents de trésorerie dans un contexte de hausse des taux ?

La hausse des taux a chamboulé de nombreuses entreprises et a notamment pour conséquence de changer leur façon de gérer le cash. Dans cette période d'incertitude, la prudence reste de mise pour les PME et ETI, qui privilégient des placements sécurisés et flexibles.

Publié par Audrey Fréel le - mis à jour à
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Comment piloter les excédents de trésorerie dans un contexte de hausse des taux ?

Dans un contexte incertain, placer ses excédents de trésorerie peut vite devenir un casse-tête pour les directeurs financiers et les trésoriers. « La hausse des taux que nous connaissons actuellement est venue bousculer les modèles », confirme Ferdinand Brunet, directeur financier de la banque Memo Bank. Lorsque les taux étaient durablement bas, les comptes à terme, les comptes sur livret et les dépôts à vue ne rapportaient plus. C'est maintenant de l'histoire ancienne. « Les excédents de trésorerie sont désormais rémunérés par la banque centrale donc les banques sont beaucoup plus enclines à recevoir les dépôts de leurs clients », explique Ferdinand Brunet. En revanche, elles vont avoir tendance à être beaucoup plus frileuses pour prêter de l'argent. Cela a entraîné un changement côté entreprise, qui ont moins recours au crédit, devenu beaucoup plus cher et moins accessible. « Nous ne nous interdisons aucune dépense pour ne pas freiner la croissance de notre activité mais nous limitons le superflu », explique Antoine Bordalis, directeur financier de Comet, une plateforme de freelances. La direction financière est aussi plus rigoureuse dans le suivi des délais de règlement de ses clients. « Nous avons alloué des ressources en interne sur cette partie pour que cela soit mieux suivi », précise le directeur financier.

Une hausse des placements

Par ailleurs, les entreprises semblent plus enclines à placer leurs excédents de cash. Un comportement que Memo Bank observe chez ses clients. « Nous avons accumulé beaucoup de cash sur les comptes courants jusqu'en août de l'an dernier mais passé cette date, les clients ont commencé à vouloir placer leur trésorerie pour obtenir plus de revenus. Ils cherchent à maximiser leur BFR », constate le directeur financier de Memo Bank. Résultat : la plupart des établissements bancaires ont lancé des produits, notamment des comptes à terme, pour capter les excédents de trésorerie des entreprises. « Ces produits étaient peu répandus il y encore un an alors que la grande majorité en propose aujourd'hui », observe Ferdinand Brunet. C'est notamment le cas de Memo Bank. « Nous avons mis en place des comptes à terme, un compte sur livret et un compte rémunéré. Ces solutions plaisent beaucoup à nos clients », détaille le DAF de la banque. La majorité des entreprises clientes de Memo Bank ont un chiffre d'affaires moyen de 10 M€. « Les PME et ETI restent en général prudentes et cherchent des solutions sans risque mais rémunérées », ajoute le directeur financier. A l'instar de Comet, qui privilégie la flexibilité et la sécurité pour placer ses excédents de trésorerie. « Nous optons pour des placements qui permettent de récupérer le cash facilement en cas de besoin, sans risque de perdre sa mise de départ. Ils sont en général moins rémunérés mais ils permettent de mieux anticiper les choses », explique Antoine Bordalis, qui a notamment souscrit à un produit proposé par Memo Bank. Pour piloter au mieux sa trésorerie, le DAF utilise également un agrégateur de comptes bancaires, qui lui permet d'avoir une vision claire de l'ensemble des comptes de l'entreprise.

Une information fiable

Pour gérer le cash dans cette période d'incertitude, les DAF interrogés insistent également sur la nécessité de se tenir régulièrement informés. « Nous cherchons les informations les plus fiables possibles sur les taux, l'environnement macro-économique, les prix de l'énergie, l'inflation, etc. Cela nous permet de voir comment cela peut impacter notre business model », explique Ferdinand Brunet. Un avis partagé par Antoine Bordalis : « il est important d'aller récupérer un certain nombre d'informations essentielles pour pouvoir arbitrer et prendre de bonnes décisions », souligne-t-il.

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