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Le matelas de cash des entreprises les sauvera-t-elles de l'inflation?

Publié par Marie-Amélie Fenoll le | Mis à jour le
Le matelas de cash des entreprises les sauvera-t-elles de l'inflation?

Si les entreprises françaises affichent plutôt une bonne santé financière après la pandémie, leur matelas de cash tend à fondre comme neige au soleil. Face à l'inflation, leurs besoins en fonds de roulement augmente et elles font désormais face à l'endettement.

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Quel est l'impact de l'inflation sur les liquidités et les dettes des entreprises ? Jusqu'avant l'été, en dépit du contexte économique (inflation, guerre en Ukraine, ...), la santé financière des entreprises cotées a été jugée plutôt bonne avec "un niveau de cash exceptionnel", souligne Maxime Lemerle, responsable des études défaillances chez Allianz Trade, filiale du groupe Allianz, spécialisée dans l'assurance-crédit, et qui vient de publier une étude* sur le sujet. Un niveau de cash qui s'explique en partie par des profits engendrés par les entreprises après la pandémie de Covid 19.

"Au-delà de la performance globale de ces entreprises, nous avons voulu voir si tout cela n'était pas qu'un leurre et si les premiers signaux d'une dégradation financière de ces sociétés cotées n'étaient pas présents", explique Maxime Lemerle. Dans le détail, cette étude ne tient pas compte des nouvelles perspectives arrivées après l'été avec des révisions des analystes. "La situation des USA doit nous alerter car l'inflation y est arrivée plus tôt qu'en Europe et les entreprises exportatrices pâtissent également de la hausse du dollar » , selon Maxime Lemerle.

Du cash oui, mais jusqu'à quand ?

Si les entreprises ont engendré un matelas de cash, selon l'étude, les réserves de liquidités encore élevées ont tendance à s'amenuiser. Bien qu'elles aient dépassé les niveaux de 2019 de 30 % en Europe et de 50 % aux États-Unis au deuxième trimestre 2022, les réserves de liquidités diminuent car la plupart des entreprises, tant aux États-Unis qu'en Europe, ont brûlé des liquidités au cours de l'année écoulée. "Les entreprises consomment plus de cash qu'elles n'en génèrent et chaque pic de croissance demande désormais beaucoup de cash", justifie Maxime Lemerle.

Une partie de l'accélération de la consommation de trésorerie est liée à l'augmentation des besoins en fonds de roulement causée par l'impact des goulots d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement sur les stocks et, plus encore, la hausse des prix des intrants.

Augmentation du BFR

Autre élément clé de l'étude : le besoin en fonds de roulement des entreprises augmente en raison de l'inflation. Ainsi, il a augmenté de plus de 10 jours pour atteindre 64 jours en Europe et de plus 10 jours pour atteindre 53 jours en France. Dans le même temps, la hausse des taux d'intérêt entraîne également une augmentation des charges d'intérêt, en particulier en Europe (+20% en tenant compte de la variation de la dette à long terme).

La hausse de l'endettement bancaire, celle des taux d'intérêt engendre la question cruciale du refinancement des entreprises. il y a un durcissement de l'accès au crédit. "C'est une période de retournement pour les entreprises. Elles doivent resserrer les cordons et oeuvrer pour le maintien de leurs marges", souligne Maxime Lemerle.

De plus, à mesure que les taux d'intérêt augmentent, les dépenses d'intérêts s'intensifient également. Cependant, en tenant compte des variations de la dette à long terme, le tableau est très différent : l'étude souligne que si la hausse des charges d'intérêts en Europe est principalement due au BFR, aux États-Unis, elle est principalement due à une augmentation de la dette à plus long terme.

Pour Maxime Lemerle, "Les Daf doivent avoir un niveau d'analyse très précis et établir une cartographie des risques de leurs portefeuilles clients". Un défi d'autant plus grand pour les entreprises dans le secteur de l'énergie, du textile ou du retail.

Alors quelle vision à plus ou moins long terme ? "Il est difficile d'anticiper en raison de la diversité des situations politiques et financières mais aussi sectorielles. Mais retenons que la pandémie a démontré que les entreprises ont su faire preuve d'une très forte réactivité pour passer le cap", conclut l'expert d'Allianz Trade.

*Etude "Double trouble ? Inflation means less cash and more debt for companies" parue en septembre 2022 d'Allianz Trade.

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