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Engouement grandissant pour les financements participatifs rémunérés

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Engouement grandissant pour les financements participatifs rémunérés

D'une part, les changements structurels ont redessiné le secteur du financement traditionnel (banques et fonds d'investissement). D'autre part, une nouvelle classe d'investisseurs a émergé avec l'avènement de l'internet participatif basé sur le web 2.0. Cela a permis de mettre en relation une nouvelle catégorie d'investisseurs avec des porteurs de projets en recherche de financements.

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Le terme crowdfunding, ou financement participatif, regroupe une pluralité de modes de financement, incluant le don, qu'il soit avec ou sans contrepartie. Les plateformes de crowdfunding permettent aux porteurs de projet d'avoir accès à un financement sans avoir recours aux acteurs traditionnels du secteur. Elles facilitent la rencontre entre l'offre et la demande et abolit les limites géographiques. En 2021, 1,88 milliard d'euros ont été levés sur ces plateformes, soit une hausse de 84 % par rapport à 2020. Ce marché en forte croissance a vu apparaître ces dernières années en France des plateformes de crowdfunding rémunérées. On distingue alors le financement participatif par souscription d'actions (crowdequity ou equity crowdfunding) et celui sous la forme de prêt (crowdlending).

Le financement participatif en actions

Le crowdequity est accessible via des plateformes qui proposent aux petits porteurs d'investir dans le capital d'entreprises qui ne correspondent généralement pas aux critères des fonds de private equity. Afin de protéger les internautes, les projets mis en avant par la plateforme sont étudiés par un consultant en investissement participatif avant l'appel de levée de fonds.

Pour les dirigeants des PME, le crowdequity permet de diversifier les modes de financement. Il s'agit d'une alternative particulièrement intéressante pour des projets socialement responsables qui trouvent davantage de soutien auprès des petits porteurs que de la sphère financière traditionnelle.

De fait, le crowdequity sert souvent à financer des start-up qui ne souhaitent pas ou ne parviennent pas à lever des fonds auprès des banques ou business angels. En 2021, le crowdequity représente 103,5 millions d'euros de collecte, soit une croissance de 75 % par rapport à 2020, dont 50,9 millions d'euros concernent les énergies renouvelables et 28,5 millions d'euros le secteur des technologies et du numérique.

Le financement participatif par dette

Le crowdlending est un autre mode de financement participatif rémunéré qui permet de soutenir les projets d'une entreprise moyennant rémunération via les intérêts. Il se présente sous plusieurs formes : contrats de prêts, de mini-bons ou d'émissions obligataires. Le crowdlending est autorisé en France depuis le 1er octobre 2014.

Ces plateformes permettent également aux entrepreneurs d'emprunter sans apporter de garanties en contrepartie. En 2021, 1,58 milliard d'euros ont été levés via des plateformes de crowdlending, en croissance de 118 % par rapport à 2020. La majorité des fonds ainsi levés concerne des projets immobiliers (1,14 milliard d'euros, soit 72 %). La rapidité de mise en place, la simplicité du procédé et la possibilité de financer tout type de projet n'ont de cesse de séduire les entreprises.

Le cas Visiomed

La société Visiomed, medtech française, s'est laissée séduire par ce nouveau mode de financement. Le 12 juillet dernier, Visiomed Group annonçait le lancement de la première émission obligataire participative réalisée par une société cotée sur Euronext Growth Paris. La plateforme Equisafe Invest a permis à la société de lever 3,6 M€, bien au-delà de l'objectif annoncé de 2,5 M€. Au total, 3 640 592 obligations, d'une valeur nominale unitaire de 1,00 €, ont été émises et souscrites par 486 investisseurs. Elles ont une maturité de 2 ans, sont remboursables in fine au pair et portent un taux d'intérêt annuel de 10,5 % payable à chaque anniversaire.

Aspects réglementaires

Bien que de création récente, le crowdequity est encadré par une réglementation stricte. En effet, les sociétés ont l'obligation de fournir certains documents aux investisseurs (comptes, modifications de statuts et convocations des associés en assemblée).

De plus, la réglementation limite le crowdequity aux SA et SAS pour un montant maximum de 1 million d'euros.

Enfin, les plateformes de crowdequity et de crowdlending doivent être agréées Conseiller en Investissement Participatif (CIP) par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF). Cela les oblige donc à être vigilantes quant aux projets qu'elles mettent en avant.

Conclusion

Le crowdfunding rémunéré constitue un nouveau mode de financement par des petits porteurs via internet et qui séduit de plus en plus d'entreprises, y compris celles qui sont cotées en bourse (Visiomed).

Notons toutefois que face à cet engouement, l'association des consommateurs UFC-Que Choisir a tenu à alerter les petits porteurs. Son rapport publié le 23 février 2017 met en garde contre les risques inhérents à ce mode de financement et contre les abus de certains de ses acteurs. L'association dénonce notamment « la promesse de rendements surestimés, la présentation partiale et la sélection hasardeuse des projets à financer, des obligations légales insuffisamment respectées, ainsi qu'une multitude de clauses abusives au sein des conditions générales d'utilisation des plateformes ».

Pour aller plus loin

Marc Karako, Managing Director chez Park Partners

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Tomm Goncalves, Master en Finance de l'IAE Lyon


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