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5 - Le risque pays, une donnée-clé de la notation extrafinancière

Le risque pays est une autre donnée-clé importante à prendre en compte pour les analystes.

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La dégradation de la note d'un État peut avoir un effet domino sur la notation des banques et des entreprises du pays. "Actuellement, pour le coût de refinancement d'une entreprise européenne, l'ancrage en catégorie investissement des notations de son État et, à travers celui-ci, de son système bancaire, constitue un enjeu aussi structurant que sa propre notation (logique du "plafond souverain")", estime Nicolas d'Hautefeuille. En toute logique, la contrainte souveraine est particulièrement forte sur les entreprises dont l'activité se cantonne au marché domestique. Outre la santé économique, la gouvernance d'un pays (respect de l'État de droit, etc.) peut également influer sur la note finale. C'est la raison pour laquelle très peu d'entreprises russes sont actuellement "investment grade" (niveau de risque faible).

La taille de l'entreprise, si elle est significative, va généralement influer positivement sur la notation, dans la mesure où elle est souvent corrélée avec une meilleure profitabilité (économies d'échelle). "Une ETI qui génère moins de 100 M€ d'Ebitda aura beaucoup de difficultés, sauf cas spécifique, à obtenir une notation investment grade du fait d'une surpon­dération implicite du critère de la taille dans la méthodologie des agences", précise Nicolas d'Hautefeuille. Un point de vue que tempère Frédéric Gits, responsable du département Europe Moyen-Orient chez Fitch ratings : "Il est des secteurs comme l'aéronautique où, par nature, ce sont les très grandes structures qui auront les très bonnes notes. Mais cela ne veut pas dire qu'une petite entreprise sera nécessairement mal notée. La taille n'est pas un facteur en soi. Mais elle a un impact sur d'autres éléments, comme le degré de diversification de l'entreprise."

Afin d'établir leur notation, les agences combinent des dizaines de critères quantitatifs (profitabilité, ratio d'endettement, diversification, taille de l'entreprise, parts de marché...) et qualitatifs (qualité du management, politique de R & D...). Le processus s'étale sur plusieurs semaines. Il passe par la collecte de toutes les informations relatives à l'entreprise (comptes, rapports annuels...) et plusieurs rencontres avec le top management, la direction financière, voire les directeurs de divisions. " L'idée est de combiner la compréhension de l'entreprise, son marché, sa position, son endettement et son financement, résume Frédéric Gits. Une grande partie de la discussion avec le management consiste à déterminer où va l'entreprise, comment son business évolue et l'impact sur sa structure financière. " Par la suite, chaque note attribuée est revue au minimum une fois par an. Elle peut être mise à jour à tout moment.

Yann Petiteaux

Camille George,<br/>rédactrice en chef Camille George,
rédactrice en chef

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