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"Challenges are obvious, sometimes opportunities less" : l'éclairage de Tony Blair sur les défis qui attendent les entreprises européennes

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'Challenges are obvious, sometimes opportunities less' : l'éclairage de Tony Blair sur les défis qui attendent les entreprises européennes

Invité d'honneur des Business Performance Awards d'Ayming, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair est intervenu pour évoquer les évolutions du contexte économique et politique en Europe, et leur impact sur les gouvernements, mais aussi sur les entreprises. Extraits.

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Quand un ancien Premier ministre de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord apporte son point de vue sur les défis que doivent relever les gouvernements d'aujourd'hui, les parallèles avec le monde de l'entreprise sont nombreux. S'adapter à un monde aux mutations de plus en plus rapides, miser sur l'innovation et la créativité, porter le changement plutôt que de se limiter à l'initier: autant de pistes de réflexion explorées par Tony Blair lors d'une conférence organisée par Ayming dans le cadre des Business Performance Awards, le 28 novembre 2017 à Paris.

La rapidité du changement, paradigme de notre époque

Pour Tony Blair, "la caractéristique principale du monde d'aujourd'hui est la rapidité du changement." Dans ce contexte d'évolution perpétuelle de notre environnement, "les défis sont évidents. Mais les opportunités, parfois, le sont moins", analyse l'ancien Premier ministre. Ainsi, les évolutions technologiques, comme "l'IA, l'automatisation, ou encore le big data, vont changer le monde dans lequel nous vivons." Premier défi à relever pour les gouvernements comme pour les entreprises occidentales.

"En Chine règne un esprit de progrès rapide, tandis qu'en Occident, c'est le sentiment d'insécurité qui prime"

Autre défi qui se confirme pour l'Occident: la concurrence accrue de l'Asie. "En Chine règne un esprit de progrès rapide, tandis qu'en Occident, c'est le sentiment d'insécurité qui prime", souligne Tony Blair. Or, "la taille de la population et la production économique sont de plus en plus corrélées, insiste-t-il, et c'est pourquoi l'Inde et la Chine vont devenir des économies encore plus puissantes." Pour l'ancien Premier ministre, si la France ou la Grande-Bretagne veulent pouvoir se positionner comme des partenaires à égalité avec ces pays dont la population représente 25 fois la leur, il leur sera nécessaire de s'unir entre pays européens. Une recommandation qui fait écho aux préoccupations des entreprises qui doivent appréhender la mondialisation.

Miser sur la créativité

Cependant, cet environnement de changements perpétuels ne doit pas être perçu comme une menace, selon Tony Blair, même s'il implique un certain nombre de risques: "Ce qui me motive aujourd'hui, c'est comment l'Occident peut retrouver leadership et optimisme pour relever les défis et trouver des opportunités." Et pour atteindre ces objectifs, "la vraie question est l'amélioration de la productivité et de la créativité", analyse Tony Blair. Il faut devenir plus imaginatif face à l'impact des nouvelles technologies, notamment. Ce qui implique de revoir en profondeur le monde de l'éducation en Occident: "Aujourd'hui il faut apprendre aux jeunes à être créatifs, innovants et à penser par eux-mêmes."

Une position qui n'est pas sans rappeler les difficultés des entreprises à mener leur transformation numérique et à s'adapter aux nouvelles générations de collaborateurs.

Et le Brexit?

Opposé au Brexit, Tony Blair juge que "c'est une erreur pour la Grande Bretagne et pour l'Europe": "C'est un peu comme accepter de changer de maison, mais sans avoir vu l'autre maison. Je pense qu'il est encore possible d'éviter le Brexit. On a le droit de changer d'avis, et il ne faudra pas quitter l'Europe avant d'en connaître les conséquences et les termes de la nouvelle relation."

>> À lire aussi sur ce sujet, notre dossier "Brexit: I want to break free!"

>> La conduite du changement, à découvrir en .

Mener le changement, une difficulté commune aux gouvernements et aux entreprises

Car que l'on soit à la tête d'un État ou d'une société, "le défi est de persuader les gens que le changement peut être abordé de manière optimiste, sans crainte", insiste Tony Blair. Le Groupe Nexans, un des lauréats de cette deuxième édition des Business Performance Awards, apporte un exemple encourageant en la matière. Spécialisée dans l'industrie du câble, la société a été récompensée pour son projet de transformation économique Shift, sous-titré "commando anti plans sociaux". Lancé en 2014, ce programme lui a permis de renouer avec la croissance dans 10 pays en misant notamment sur l'engagement des collaborateurs au sein de toutes les usines.

Les 4 P à retenir pour mener le changement: prioriser, politique, performance et personnel

Porter le changement, Tony Blair en a fait l'expérience à la tête du gouvernement britannique. Et nombre de décideurs présents dans la salle se sont reconnus dans son récit: "Au moment où l'on suggère un changement, tout le monde perçoit ça comme une idée atroce. Lorsqu'on le met en oeuvre, c'est l'enfer. Et une fois que le changement est fait, les gens voudraient qu'il y en ait encore plus!" Pour porter réellement leurs idées et faire bouger les lignes, Tony Blair recommande aux décideurs de miser sur les 4 P: "Prioriser, sinon on pense tout faire et on finit par ne rien faire. Politique, c'est-à-dire savoir apporter la bonne réponse. Performance: gérer la performance et savoir mettre en oeuvre les projets. Personnel: veiller à s'entourer des bonnes personnes."

Reste que "le plus difficile est de réaliser ce que l'on préconise", avertit l'ancien Premier ministre en évoquant à nouveau son expérience au gouvernement: "Le système absorbe tout ce qu'on va lui demander de faire, digère l'information et passe à autre chose." Et le changement se fait attendre...(en version moins policée et qui a déclenché les rires de l'assistance: "during my first mandate, I had a naive belief : when the Prime minister says something, well, something happens. False!") D'où la nécessité d'identifier un nombre limité de priorités et de les surveiller de près.

Le palmarès des Business Performance Awards d'Ayming

  • Api Restauration, représentée par Damien Debosque, p-dg de l'entreprise, a été primée pour son engagement en matière de développement durable, avec son organisation sans centrale d'achats qui privilégie les producteurs locaux.
  • SNCF développement, représentée par Céline Lambert, Daf de la structure, a été récompensée pour son programme d'accompagnement des salariés qui souhaitent se lancer dans l'entrepreneuriat.
  • Le groupe Nexans, représenté par Christopher Guérin, executive VP Europe & telecom, a reçu un prix pour le projet "Shift, commando anti plan sociaux", visant à mener la transformation économique du groupe en s'appuyant sur l'engagement des collaborateurs.
  • Onet, représentée par Antoine Rocher, DRH de la structure, a été primée pour son engagement en matière de prévention et sécurité au travail.
  • Le groupe BPCE, représenté par Jean-Philippe Dauvergne, directeur emploi et opérations RH du groupe, a été récompensé pour son projet Cockpit RH, dont l'objectif est de mettre le numérique au service des ressources humaines via une modernisation du SIRH groupe.

Pour voir (ou revoir) la remise des prix, c'est ici.

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