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DossierSécuriser sa chaîne fournisseurs

Publié par Bénédicte Gouttebroze le

1 - Les fournisseurs, un poste trop souvent négligé

Rupture dans la livraison ou non-conformité, la sécurisation de la chaîne d'approvisionnement est cruciale pour éviter un tel écueil. Pourtant, ce poste est bien souvent relégué au second plan, alors qu'il conditionne le respect des engagements de l'entreprise et la confiance de ses clients.


Au deuxième trimestre 2013, le nombre de défaillances d'entreprises s'élevait à 15008(1), soit une hausse de 9,4 % du nombre de procédures sur un an, selon une étude du cabinet d'information sur les en­­tre­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­prises Altares. Un chiffre proche du record de 15 265 défaillances recensées au deuxième trimestre 2009. Le risque de voir un fournisseur­ important déposer le bilan recouvre donc aujourd'hui une réalité bien concrète dans un contexte économique particulièrement difficile. Toutefois, ne considérer que cet aspect de la sécuri­sation de la chaîne serait une erreur.

En fonction de la position stratégique qu'il occupe dans le processus de production, la défaillance, au sens d'un dépôt de bilan d'un fournisseur, peut entraîner une rupture dans la livraison d'un produit ou d'un service, et mettre l'entreprise en péril. D'où la nécessité de maintenir une veille de la santé financière des fournisseurs stratégiques, en utilisant les mêmes techniques que sur le poste client.

Des risques sous-estimés

Un travail où la direction financière dispose d'outils et de compétences indispensables, notamment en matière d'analyse bilancielle. " La veille des fournisseurs fait partie des sujets sur lesquels le directeur financier doit se positionner, insiste David Brault, fondateur d'Objectif Cash. Les entreprises sont souvent concentrées sur le risque client. Pourtant, le dépôt de bilan d'un fournisseur peut entraîner l'entreprise dans sa chute. "

Le risque lié à la supply chain ne se limite pas à la défaillance. Non-conformité d'une prestation ou d'un produit, délais de livraison plus longs que prévu... Tout cela peut affecter le fonctionnement de l'entreprise. Les risques que court l'entreprise peuvent également concerner son image, avec la problématique de la non-conformité des fournisseurs aux standards environnementaux ou sociaux.

Être risk manager et acheteur

Or, la plupart des Daf n'accordent que peu de temps à la sécurisation de la chaîne d'approvisionnement : " Le risque fournisseurs est considéré comme une priorité financière moins élevée dans la gamme des risques par rapport au risque client, qui est précis et palpable. Une entreprise, qui subit un impayé important, peut se retrouver immédiatement en difficulté, ce qui explique cet état de fait ", juge Alexis Prevesianos, directeur grands groupes et institutions et membre du comité de direction d'Euler Hermes France.

Mais les mentalités commencent à évoluer. Dans certaines ETI disposant d'une direction financière et d'une direction des achats, ces deux services travaillent ainsi de concert de manière à quantifier et prévenir le risque fournisseur. " L'expertise est complémentaire. Le Daf apporte son expertise en matière d'analyse financière et du risque ainsi que sur la notion de comportement de paiement. Il est normal qu'il fasse profiter la direction des achats de ses compétences ", estime Dominique Chabert, responsable du pôle marketing offres de Coface Services.

" Le risque fournisseur ne peut pas être analysé sous un prisme unique ", confirme Olivier Constant, directeur d'Afnor Solutions d'Achat. Mais c'est surtout dans le cadre d'une PME sans direction des achats qu'il sera indispensable, pour le Daf, de s'investir réellement sur ce sujet.

(1) Retrouvez ici l'étude publiée par Altares sur les défaillances d'entreprises.

Camille George,<br/>rédactrice en chef Camille George,
rédactrice en chef

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