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Le Daf, support du développement international

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Le Daf, support du développement international

Vis-à-vis du développement international de son entreprise, le Daf doit plus que jamais jouer son rôle de fonction support et trouver les bonnes informations, les bons partenaires, les bonnes solutions financières, fiscales et juridiques afin que l'implémentation se fasse dans les meilleures conditions.

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Quel est le rôle du Daf dans l'accompagnement du développement international de son entreprise ? Si les responsabilités qui lui sont attribuées diffèrent évidemment d'un entreprise à l'autre - et ce notamment en raison de son périmètre, plus ou moins large - il est des sujets qui sont incontournables et sur lesquels il doit s'engager pour faire de l'internationalisation de son entreprise un succès.

Trouver les bons partenaires

« Le Daf doit pleinement jouer son rôle de fonction support du business », déclare Emmanuel Samson, Daf d'Odaseva, plateforme de données d'entreprise pour Salesforce. Pour lui, le rôle du Daf dans l'internationalisation de son entreprise ne se situe non pas au niveau du choix stratégique de l'implémentation mais dans l'accompagnement de cette implémentation en s'assurant qu'elle se fait dans les meilleures conditions possibles. Ainsi, Emmanuel Samson s'occupe d'ouvrir une banque, de trouver le bon partenaire au niveau assurance, paie, comptabilité, etc... « Quand on s'implante dans un nouveau pays, on n'implante pas une direction financière mais on se fait accompagner de gens externes : cela demande de trouver le bon partenaire dans un pays que l'on ne connaît pas », raconte Emmanuel Samson.

Nicolas Zanelli, Daf du joailler Messika, s'attèle lui aussi à trouver des partenaires, notamment pour la fiscalité et la comptabilité RH. « Je ne veux pas avoir à mener une veille fiscale et sociale. En revanche, la comptabilité est prise en charge en France au sein d'un CSP ; les normes comptables sont souvent les mêmes d'un pays à l'autre », précise-t-il. Pour Marylène Bonny-Grandil, avocate associée chez TGS, se faire accompagner sur les sujets juridiques et fiscaux via un correspondant sur place permet d'anticiper en amont les problèmes qui peuvent se poser sur le territoire d'implantation.

Anticiper : c'est la réelle mission du Daf dans l'internationalisation de l'entreprise. Anticiper les risques, notamment. Il doit donc s'informer en amont de ce qui l'attend dans le pays hôte. Une information que Kevin Lagranderie, responsable administratif et financier d'Activ'Inside, trouve difficile à obtenir. Son conseil : s'entourer de partenaires de confiance afin d'avoir accès à de l'information fiable.

Mobiliser son réseau

Comment trouver ces partenaires, si essentiels au développement international ? Nicolas Zanelli les identifie grâce à son conseil, Mazars, qui lui fournit des contacts internationaux. Emmanuel Samson conseille de mobiliser son réseau : « Nous passons par exemple par un de nos investisseurs qui met en relation les Daf des différentes entreprises de son portefeuille ». Cet appel au réseau offre un autre avantage : échanger sur les problématiques que l'on peut rencontrer dans telle ou telle région du monde. « Lorsque j'ai des projets à l'international, je me rapproche de l'association des Français à l'étranger FrenchFounders : je trouve toujours au moins quelqu'un déjà établi dans le pays où je veux m'installer qui me fait part des écueils et points de vigilance », rapporte Nicolas Zanelli.

Le Daf est également attendu sur des sujets plus techniques, comme celui des devises. « Les Daf vont jouer un rôle crucial dans l'anticipation du risque d'une nouvelle crise financière due à l'augmentation des taux : ils doivent être capable de proposer différents scénarios mais aussi de se couvrir en mettant en place des couvertures de change », estime Isabelle Saladin, présidente d'I&S Adviser. Nicolas Zanelli reconnaît que le sujet des devises est essentiel : « Il faut trouver une parade à la fluctuation des devises. Ce peut être via de la facturation en euro mais, quoi qu'il en soit, il est important de travailler la couverture de change », recommande-t-il. Lui a opté pour une couverture de taux sur du long terme (24 mois) afin de lisser au maximum.

Toutes ces précautions peuvent prendre du temps à se mettre en place. Emmanuel Samson conseille de ne pas se laisser submerger par la pression que peut mettre le business, qui souhaite aller le plus vite possible. « Il faut donner des échéances au business - même s'il n'est pas toujours possible d'avoir de la visibilité -, les ralentir sans pour autant s'arrêter », avance-t-il, recommandant de travailler avec les autres directions support que sont le juridique et les RH. Il préconise aussi d'avoir recours à des astuces, comme la mise en place de solutions de portage salariale pour pouvoir embaucher même si le service paie n'est pas encore en place. Ou encore recourir au télétravail. « Ne pas avoir peur, dans un premier temps, de prendre des gens qui ne travaillent pas dans les locaux de l'entreprise mais depuis chez eux ou depuis des solutions flexibles de bureaux. Les locaux ne sont pas une priorité quand on ouvre une filiale », indique-t-il. Dans une situation de développement international, le bon Daf est donc celui qui prend toutes les précautions nécessaires à une implémentation sans risque mais tout en restant ouvert à des propositions de partenaires qui lui permettront d'aller le plus vite possible.

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