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Transition écologique : quel impact pour l'économie ?

Publié par Eve Mennesson le | Mis à jour le
Transition écologique : quel impact pour l'économie ?

A l'occasion de la 26ème édition du colloque Coface Risque Pays, l'assureur-crédit s'est questionné sur les impacts économiques de la transition écologique. Entre publications extra-financières, nouveaux modes de production et coûts échoués, la prise en compte environnementale ne sera pas sans conséquence sur les entreprises.

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La transition environnementale est au coeur de toutes les préoccupations. Même de celle de Coface qui, à l'occasion de la 26e édition de son colloque Coface Risque Pays, a organisé une conférence ayant pour thème « Comment la transition vers un développement plus durable affectera-t-elle l'économie ? ».

Plus le choix

Première intervention, celle de Mireille Chiroleu-Assouline, professeur d'économie à la Paris School of Economics et à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui constate que si de plus en plus d'entreprises se déclarent responsables, c'est avant tout le résultat d'un certain nombre d'obligations. Au premier rang desquelles les publications RSE, comme la déclaration de performance extra financière.

Au-delà des obligations légales, ce sont les candidats qui incitent les entreprises à se convertir. C'est ce qu'observe Denis Ferrand, directeur général de Rexecode : « Une des premières contraintes auxquelles font face les entreprises aujourd'hui est le recrutement. Or, les candidats au recrutement veulent une cohérence entre les actes et les annonces », rapporte-t-il. Ainsi, entre la pression légale et celle de la société : les entreprises n'ont plus le choix d'opérer leur transition écologique.

Innovation et décarbonation

Par quoi cela passe-t-il ? Tout d'abord par davantage d'innovation. Geoffrey Bouquot, directeur de la recherche-développement et de la stratégie chez Valeo, parle d'un partenariat noué avec Renault pour développer un moteur dépourvu de terres rares. Mireille Chiroleu-Assouline cite l'investissement d'Arcelor-Mittal dans une unité de production décarbonée. « Cela fait suite à la fin des quotas gratuits pour le ciment et l'acier qui vont être soumis à la tarification carbone. On voit aussi apparaître des projets de ciment vert ».

Valérie Quiniou, directrice exécutive de la prospective et de la recherche à l'ADEME, a quant à elle incité les entreprises à se lancer dans une démarche concrète de décarbonation. L'organisme accompagne d'ailleurs les entreprises en leur apportant une méthodologie.

75 et 90 milliards d'euros d'investissements par an

Ces différents projets de transition écologique ont un coût. « A Rexecode, on a fait une évaluation des besoins d'investissements qui vont se poser et on estime qu'il va falloir entre 75 et 90 milliards d'euros d'investissements par an d'ici 2030 pour l'atteinte de l'objectif de zéro émission nette en 2050. Ce qui représente 2,8 à 4 points de PIB », indique Denis Ferrand, ajoutant que c'est cependant une somme inférieure au coût de la non décarbonation.

Le directeur général de Rexecode parle aussi de la question des coûts échoués, c'est-à-dire les investissements dans des immobilisations qui ne vont pas pouvoir être amortis sur l'ensemble de la durée de vie du fait de l'évolution de la réglementation, par exemple.

Anticiper

« Nous gérons la problématique des coûts échoués par énormément de projections pour savoir où nous allons. Le rôle d'un industriel est aussi de voir le plus loin possible », estime Geoffrey Bouquot. Il dit parler avec les régulateurs pour anticiper les futures réglementations mais aussi tenter de s'adapter très vite, pour lui la meilleure façon de se transformer.

Pour Mireille Chiroleu-Assouline, les actifs échoués sont en effet un défaut d'anticipation, qu'il ne s'agit absolument pas de compenser par des aides financières. « Les banques et les acteurs financiers vont être poussés à financer la décarbonation si cette dernière est rentable. Et cette rentabilité n'existera que si les autres projets ne le sont plus », estime-t-elle. Elle n'est donc pas pour aider financièrement des projets qui ne vont pas dans le sens de la transition environnementale mais au contraire pour mettre en place une tarification carbone plus étendue et plus drastique.

Denis Ferrand invite cependant à éviter les coups d'accélérateur réglementaires qui pourraient, au lieu de transformer les entreprises, les bloquer car les mettre en situation de défaut de trésorerie.

La question de l'énergie

L'anticipation est également de mise en termes de consommation d'énergie. Chez Valeo, l'achat d'énergie verte a été anticipée. « Aujourd'hui, nous sommes dans une politique de couverture d'achat d'énergie et nous sommes garantis d'avoir à peu près 80% de notre énergie verte à horizon 2030 », rapporte Geoffrey Bouquot.

Cette question de l'énergie est en effet centrale. Valérie Quiniou incite à aller vers davantage de sobriété au sein de notre société tandis que Mireille Chiroleu-Assouline voit dans l'innovation un moyen de dépasser cette problématique : « Pour moi, la solution d'avenir est dans le stockage et le partage de l'électricité. Il fait voir les freins comme des simulations ». Geoffrey Bouquot croit quant à lui au micro-grid et à la recherche collaborative dans l'utilisation de l'électricité. Ou comment l'innovation collaborative va permettre de sauver le monde.

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