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Le rôle des banques dans la stratégie RSE des entreprises

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Le rôle des banques dans la stratégie RSE des entreprises

Si la notion de sustainability (ou développement durable) concerne aujourd'hui de manière indifférenciée tous les secteurs d'activité, certains auront un rôle à jouer en la matière beaucoup plus important, à l'instar de l'énergie ou encore des services financiers.

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Le premier secteur couvre à lui seul 75 % des efforts à fournir pour limiter le réchauffement climatique, tandis que le second a la capacité de dégager des capitaux de manière massive pour aider à y parvenir. Et c'est fondamental, car les experts estiment qu'il faudra investir de l'ordre de cinq milliers de milliards de dollars par an jusqu'en 2050 pour réaliser l'objectif. Au-delà de leur apport économique et des obligations qui leur incombent, les institutions financières ont une responsabilité supplémentaire : le devoir moral d'infléchir le comportement des entreprises qu'elles financent, assurent ou dans lesquelles elles investissent. Pour réaliser leurs objectifs internes et externes, elles se doivent de mettre en place des processus et outils de pilotage de la performance de la sustainability.

Des enjeux internes et externes forts pour les institutions financières

La sustainability est un sujet qui concerne tout autant, si ce n'est plus, les entreprises du secteur banque, assurance et gestion d'actifs. Au même titre que les autres, elles doivent piloter un plan de transition tel que défini par leur trajectoire net-zero. Mais elles encourent une responsabilité supplémentaire, celle de faire pression sur leur clientèle commerciale, pouvant aller à remettre en cause les termes de leur relation, si celle-ci ne respectait pas ses engagements - par exemple, réduire significativement l'exploitation des énergies fossiles. Cela pourra se traduire par l'application de conditions moins favorables, voire la cessation de toute collaboration. Par ce type d'action, elles pourront infléchir les comportements de leurs clients et faire accélérer le changement. D'autant plus qu'elles doivent faire face à des exigences de plus en plus fortes des régulateurs (directive CSRD) leur demandant d'intégrer des indicateurs de sustainability performance dans leurs reportings et d'intégrer le risque climatique dans leur gestion des risques. De fait, sur la base d'une nomenclature par secteur économique, les institutions financières vont devoir utiliser une grille de taxonomie pour catégoriser leurs investissements afin d'identifier leur caractère durable, les aider à rendre leur portefeuille plus vert et à se prémunir du greenwashing.

Enfin, s'agissant de leur propre trajectoire "net-zero", les institutions financières intègrent les prérogatives du protocole Green House Gas (GHG) fondé sur 3 "scopes" : le scope 1 couvre les émissions directes de gaz à effet de serre, le scope 2 englobe les émissions indirectes liées à l'achat d'énergie et le scope 3 porte sur toutes les autres émissions indirectes.

Le pilotage de la trajectoire net-zero revêt des enjeux importants à la fois en termes de processus et d'outils. Sur le plan des processus, il convient tout d'abord de collecter des données qui ne sont pas à la disposition immédiate de l'entreprise, de définir des métriques pour les différents types d'émissions de chacun des scopes, et de s'assurer d'un traitement standardisé entre filiales d'un même groupe. D'autre part, la définition des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à une certaine échéance, mesurés par des reportings selon une certaine fréquence, va requérir la mise en place d'un processus de pilotage permettant la gestion de scénarios sur la base d'initiatives de réduction, d'analyses d'impacts et de benchmarks sectoriels.

Ces exigences de reporting et de pilotage comportent enfin une dimension technologique car c'est de tout un ensemble de fonctionnalités de collecte et de validation de données, de calcul, de reporting, d'analyse et de simulations dont les institutions financières vont avoir besoin pour gérer leurs trajectoires.

Pilotage de la sustainability : la forme inextricablement liée au fond

Tous ces enjeux ne démontrent-ils pas l'intérêt de s'armer d'outils puissants pour travailler cette trajectoire de la manière la plus satisfaisante possible ? Plus encore, l'idée d'être pertinent pour la société et l'environnement est devenue un sujet primordial pouvant justifier d'investir dans une plateforme numérique dédiée, qui va concourir au pilotage de la sustainability à l'échelle de l'organisation toute entière. Elle va en effet permettre de répondre à la fois aux objectifs internes et externes : respecter ses engagements en matière de trajectoire net zéro mais aussi accélérer celle des autres acteurs économiques que les institutions financières assurent, financent, ou dans lesquels elles investissent.

D'autre part, avec la pression des régulateurs, c'est l'opportunité pour les directions financières de rechercher des effets de synergies de processus et d'outils entre les reporting financiers réglementaires et les nouveaux reportings non-financiers. La prise en compte des exigences environnementales dans les reportings réglementaires est inéluctable, à l'image du stress test climatique qui fait désormais partie intégrante des stress tests des banques.

Enfin, il est important que les reportings mis en place pour apprécier la performance d'entreprise en termes de sustainability s'adaptent en permanence au rythme du réchauffement climatique comme à l'évolution des réglementations. Aussi, prendre en compte le niveau d'agilité, de flexibilité et la vitesse d'exécution des outils s'avère indispensable. L'entreprise pourra ainsi piloter la trajectoire net zéro à la fréquence souhaitée et communiquer régulièrement sur ses résultats, sachant que ce devoir va s'intensifier. Se munir d'un outil puissant n'est donc pas vain et représente même un avantage concurrentiel certain.

Face aux enjeux et à un contexte très mouvant, les institutions financières ont le devoir de prendre à bras le corps le sujet de la sustainability. Cela implique la mise en place d'une forte gouvernance des processus et d'outils puissants qui vont leur permettre de piloter au mieux leur trajectoire net zéro et infléchir celle de l'ensemble des acteurs économiques.

Pour aller plus loin

Henri Wajsblat, est expert Banque-Assurance chez Anaplan

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