Recherche
Magazine Daf magazine
S'abonner à la newsletter S'abonner au magazine
En ce moment En ce moment

Se reconvertir après 40 ans, bonne ou mauvaise idée ?

Publié par Audrey Fréel le | Mis à jour le
Finger pressing a new career start button. Concept of occupational or profession
© Olivier Le Moal
Finger pressing a new career start button. Concept of occupational or profession

Et si la quarantaine marquait le début d'une nouvelle vie professionnelle ? C'est en tout cas le choix de certains cadres évoluant dans la finance. Pour ce genre de profil, certaines voies de reconversion sont particulièrement adaptées.

Je m'abonne
  • Imprimer

La vie professionnelle n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Si la nouvelle génération de travailleurs semble plus encline à se reconvertir, qu'en est-il des personnes de plus de 40 ans ? "Les phases de doute professionnel et de changement sont à leur paroxysme lors du mitan, cette période qui survient entre 40 et 60 ans", observe Emeric Lebreton, docteur en psychologie et fondateur d'Orientaction, entreprise spécialisée dans le bilan de compétence et l'accompagnement des évolutions professionnelles. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette remise en question. "En général, les personnes commencent à trouver une situation professionnelle stable vers 30 ans. Elles fondent, en parallèle, une famille et contractent des crédits. Cette situation leur impose une certaine stabilité professionnelle", constate Emeric Lebreton. Durant cette période, l'heure est plutôt à la construction de la carrière et n'est pas forcément propice à des changements professionnels radicaux.

Se recentrer sur ses envies profondes

Arrivée à la quarantaine, les personnes ont atteint un premier niveau de maturité professionnelle et sont souvent amenées à prendre plus de responsabilités. Ce qui demande de consacrer davantage de temps et d'énergie à son travail. Or certains individus aspirent plutôt à un meilleur équilibre vie privée/vie professionnelle. "En outre, les crédits commencent à être remboursés, les personnes gagnent mieux leur vie, il y a donc moins de pression financière", poursuit Emeric Lebreton. Ce qui peut pousser à s'interroger sur sa carrière et à chercher plus de sens dans son travail. Cela est notamment vrai pour les métiers de la finance. Orientaction accompagne régulièrement des cadres de ce secteur (directeurs financiers, comptables, contrôleurs de gestion, etc.). "Ce sont souvent des personnes qui réussissaient bien à l'école et qui ont fait des études exigeantes, sans forcément se poser de question sur leurs envies profondes. Elles n'ont pas eu de soucis à trouver un emploi qui est, par ailleurs, assez bien rémunéré et valorisé dans l'entreprise. Cela leur offre peu de raisons de changer", relate le docteur en psychologie. Une anecdote l'a en particulier marqué. "Il y a quelques années, j'ai accompagné le directeur financier d'une mutuelle. Après une année sabbatique, il a choisi de monter une pièce de théâtre. Il s'agissait d'un changement assez radical", raconte-t-il.

Quelles possibilités pour les métiers de la finance ?

Si les possibilités de reconversion sont multiples, certaines voies semblent particulièrement adaptées aux profils venant de la finance. "Ils disposent d'une base solide pour devenir entrepreneur car ils maîtrisent un certain nombre de compétences en termes de comptabilité, gestion, juridique, etc. L'évolution naturelle est d'aller vers la direction générale", pointe Emeric Lebreton. Il peut s'agir d'une création, d'une franchise ou d'une reprise d'entreprise. "La dernière option est assez intéressante pour les personnes venant de la finance car elles ont toute l'expertise pour construire un dossier de rachat. La base de connaissances est assez majeure lorsque l'on souhaite reprendre la gestion d'une entreprise existante", estime le fondateur d'Orientaction. Autres possibilités : s'orienter vers des activités de conseil, de formation ou de management de transition, à travers des dispositifs de portage salarial ou d'entreprise individuelle. La personne dispose ainsi de plus de flexibilité, tout en gardant un pied dans son domaine de prédilection.

Quid des plus de 50 ans ?

Au-delà de 50 ans, le désir de reconversion semble moins ardent. Selon une étude menée par l'Ifop pour le compte d'Orientaction et menée en avril 2022, les 50-64 ans sont moins enclins à entreprendre un changement professionnel. Ils représentent, en outre, la catégorie qui se sent le mieux dans le statut de salarié. La retraite s'approchant et les difficultés d'employabilité chez les seniors en France peuvent expliquer ces résultats. Pour autant les possibilités de reconversion restent possibles après 50 ans, pour les personnes évoluant dans la finance. "En général, nous orientons ce genre de profils vers du management de transition ou des activités de conseil et formation", indique Emeric Lebreton.

Je m'abonne

NEWSLETTER | Abonnez-vous pour recevoir nos meilleurs articles

La rédaction vous recommande

Retour haut de page