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Travailler à des scénarios de relance, un enjeu majeur pour les Daf

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Travailler à des scénarios de relance, un enjeu majeur pour les Daf
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La bonne gestion de la communication financière autour des comptes 2020 et la présentation d'informations actualisées et prévisionnelles revêtent une importance-clé pour éclairer les établissements financiers sur l'état de santé des entreprises et leur capacité à rebondir.

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Il est difficile d'établir un agenda de reprise, tant les incertitudes sont nombreuses pour la période à venir. Néanmoins, les entreprises doivent faire des choix rapidement, notamment en ce qui concerne l'arbitrage entre le remboursement total ou partiel des PGE ou le remboursement sur plusieurs années avec comme conséquences d'un côté un allègement de la dette et une réduction de la trésorerie disponible et de l'autre un cash flow maintenu avec un alourdissement du niveau d'endettement.

L'enjeu, selon Yannick Ollivier, président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC), se trouve aussi dans la capacité des directeurs administratifs et financiers à fournir le bon niveau d'informations dans ce processus de reprise d'activité. " Les parties prenantes, et notamment les partenaires financiers, expriment un besoin fort et partagé de confiance, et celui d'une capacité à évaluer la santé financière réelle des entreprises, leur permettant de distinguer celles qui disposent d'une capacité de rebond de celles qui doivent être orientées vers les bons dispositifs ", constate-t-il.

Une mission qui peut s'apparenter à une gageure tant les entreprises manquent de visibilité. " Fournir une information de qualité reste complexe. Les bilans 2020 présentent des résultats dégradés, la lecture des comptes est donc peu représentative. Il va falloir très rapidement fournir un maximum d'informations actualisées et prospectives sur la situation de l'entreprise pour rassurer les partenaires bancaires, explique Yannick Ollivier. L'impact de la Covid-19 doit être expliqué et contextualisé pour ne pas qu'il y ait de conséquences négatives via les notations des groupes et les arbitrages des banques. " Les directions financières doivent ainsi fournir à leurs parties prenantes des informations sur la montée en puissance du chiffre d'affaires, l'évolution du BFR, du carnet de commandes. " Plus vite les partenaires sauront comment la reprise va se faire, mieux ils accompagneront les entreprises progressivement et sur la durée ", ajoute Yannick Ollivier.

Des financements ciblés

Cette information financière de qualité va par ailleurs être essentielle pour accéder aux financements qui s'inscrivent dans le plan de relance, et ainsi permettre aux groupes d'aller chercher de la croissance, de pousser de l'investissement, de financer des projets associés à de l'économie verte, du digital. " Les comptes présentés doivent être les plus exhaustifs possible afin de ne pas constituer un obstacle à l'obtention de financements complémentaires. C'est ce qui va permettre aux partenaires d'identifier les enjeux, de se projeter et d'extraire facilement les éléments conjoncturels liés à la Covid ", explique Yannick Ollivier.

Le dernier challenge pour les ETI est de protéger leur trésorerie disponible pour renforcer la confiance des partenaires en payant à échéance leurs fournisseurs clés. " Dans une dynamique de reprise, les entreprises vont devoir commander en masse. Les fournisseurs doivent avoir confiance. Si ces derniers bloquent les encours ou si les PME et les ETI n'ont plus accès aux crédits inter-entreprises, ça va être pénalisant ".

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