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Concilier développement durable et croissance : quel rôle pour le Daf?

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Concilier développement durable et croissance : quel rôle pour le Daf?

Aujourd'hui est-il possible de faire croître une entreprise sans avoir d'impact sur l'environnement ? Si les critères ESG et la finance durable ont le vent en poupe, quel est le rôle du Daf face aux nouveaux défis environnementaux? Réponses avec les CFO des groupes Kering et Michelin à l'occasion de Financium 2021.

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Comment concilier développement durable et croissance ? Et quel est le rôle du Daf dans ces injonctions qui semblent à première vue contradictoire? "Face à ces contradictions (croissance et développement durable), le Daf doit faire preuve de beaucoup d'humilité. Car même si on parle beaucoup des critères ESG et de RSE en ce moment, on n'a pas encore trouvé les bonnes recettes. On apprend en marchant", souligne Jean-Marc Duplaix, CFO de Kering à l'occasion de Financium édition 2021.

Mais le Daf a un vrai rôle à jouer. "C'est un point de contact pour les différentes fonctions comme l'innovation et le digital, le développement durable, .... Il est à la fois le point de jonction entre ces métiers et celui qui décide du financement des projets", poursuit le CFO du groupe de luxe. Ainsi, chez Kering, "depuis peu, la Daf, la direction du développement durable et la direction juridique ont des roadshows communs face à des gérants et des responsables des fonds ESG ".

L'EP&L : un outil pour calculer le coût financier des impacts environnementaux

Le groupe de luxe a développé un outil permettant de mesurer et quantifier les impacts environnementaux de ses activités : baptisé l'EP&L (pour Environmental Profit & Loss, ou Compte de Résultat Environnemental). L'EP&L mesure, tout au long de la chaîne d'approvisionnement, les émissions de CO², la consommation d'eau, la pollution de l'air et de l'eau, l'utilisation des sols et la production de déchets, rendant ainsi visibles, quantifiables et comparables les impacts des activités du Groupe sur l'environnement. Ces impacts sont ensuite convertis en valeur monétaire afin de quantifier l'utilisation des ressources naturelles.

"Cette mesure d'impact doit être faite sur l'ensemble de la chaîne de valeur fournisseurs car 90% de l'impact environnemental est réalisé par le fournisseur. Ainsi, on l'élargit à l'élevage de bovins pour le cuir et au traitement de l'or pour la joaillerie. Enfin, on le compare au chiffre d'affaires et on fixe des roadmaps pour en baisser l'intensité avec une ambition de le baisser de 40% d'ici 2025 ", détaille le CFO de Kering. Cet outil mesure les progrès et déclenche des plans d'actions en finançant des projets. "En 2023, le développement durable avec l'outil d'EP&L devrait être présent dans les résultats financiers". Kering appartient également au "Fashion Pact", coalition mondiale d'entreprises de la mode et du textile, de fournisseurs et distributeurs, engagés pour l'environnement qui fut crée en 2019.

Externalités et prix de la tonne du C02 chez Michelin

Contrairement à Kering, "chez Michelin, le développement durable n'est pas valorisé financièrement. C'est un problème", d'après le CFO du groupe. Cependant, le groupe industriel est engagé depuis longtemps dans une démarche de développement durable. "Notre choix est d'avoir une croissance qui doit devenir durable. Ainsi, nous avons centré notre modèle d'affaires sur les 3P : People, Planet, Profit", explique Yves Chapot, CFO de Michelin. Dans cette optique, le groupe travaille depuis 1992 sur la résistance au roulement des pneus. "Un plein sur 5 est dû à cette résistance au roulement du pneu et il produit 20% des émissions de gaz à effet de serre. En 30 ans on l'a réduit de 50%. Si "90% des émissions de CO2 sont liés à l'usage du produit (le pneumatique). Il est difficile de le mesurer car cela dépend du type de véhicule (électrique, diesel...). Donc le groupe se concentre sur la réduction de la résistance sur roulement et dans les 10 ans à venir cet objectif de travail sera déployé sur la partie automobile mais aussi poids lourds et bus," poursuit le CFO du groupe.

Parmi les actions entreprises, Michelin a fixé un prix interne du carbone à 100€ la tonne de CO2. "Nos équipes l'intègre quand il y a des diminutions de C02 par exemple dans les calculs financiers", explique le CFO. Le groupe est aussi dans une démarche pour valoriser certaines externalités négatives comme l'émission de CO2, la consommation d'eau et la consommation de COV (composés organiques volatils). Cette démarche est en cours de déploiement dans l'exercice de la stratégie. "On parle beaucoup des externalités négatives mais il y a aussi les externalités positives comme la production d'hévéa du Brésil (ou arbre à caoutchouc) qui absorbe beaucoup de carbone", souligne Yves Chapot.

Upcycling et seconde main dans le luxe

La réflexion sur le développement durable et la RSE amène aussi à l'innovation. Dans un groupe de luxe comme Kering, une réflexion est en cours sur l'upcycling et la seconde main. "Dans le marché du luxe, il y a beaucoup de contrefaçons, aussi nous réfléchissons à la mise en place d'une certification des produits pour aider nos clients à revendre en seconde main", explique le CFO. Un partenariat avec Vestiaire Collective a aussi été signé pour la revente de seconde main. Enfin, pour de l'upcycling, le groupe réfléchit à comment démonter et recycler ses produits. De plus, grâce à l'IA, le groupe peut désormais calculer ses invendus dans les points de ventes et ainsi gérer au mieux ses stocks.

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