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Levée de fonds, IPO, rachat : que choisir pour financer sa croissance ?

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Levée de fonds, IPO, rachat : que choisir pour financer sa croissance ?

Internationalisation, innovation, déploiement commercial, recrutements... Toutes les accélérations et les changements de braquet nécessitent des moyens financiers. S'il existe une palette assez fournie d'outils pour financer, - seul ou avec ses partenaires bancaires -, tout ou partie de ses projets, certaines ambitions nécessitent des capitaux extérieurs afin d'aller plus loin et/ou plus vite.

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Pour grandir les ETI, PME et start-ups de croissance utilisent principalement 3 leviers : lever des fonds, s'introduire en Bourse ou s'adosser à un partenaire plus important. Quelle est la meilleure option ? Pas de vérité universelle car chacune de ces options a ses avantages et ses inconvénients. Pour y voir plus clair, voici donc la feuille de match du financement de la croissance, analysée par des entreprises engagées récemment dans la compétition et qui ont réussi à décrocher non pas la médaille d'or mais l'argent.

> L'introduction en Bourse

L'option semble avoir séduit de très nombreuses entreprises ces derniers mois. Le haut niveau de liquidités disponibles et les bonnes performances du marché boursier ont appâté un nombre inédit d'entreprises. Selon une étude de EY, publiée mi-juillet, 597 introductions en Bourse ont été enregistrées dans le monde au deuxième semestre 2021, pour un montant de plus de 110 milliards d'euros.

A côté des opérations XXL, des PME ont réussi à tirer leur épingle du jeu. C'est le cas, par exemple, de la plateforme lyonnaise de marketing opérationnel Obiz (CA 2020 : 15,4 M€, soit +62%/2019 ; 38 salariés) qui s'est introduite juste avant l'été sur Euronext Growth. Avec succès, assure son dirigeant et fondateur, Brice Chambard. Avec une capitalisation boursière établie à 31,3 M€, Obiz a levé 11,8 M€. Ce qui devrait lui donner le carburant nécessaire pour atteindre ses objectifs : 50 M€ en 2025 avec 80 salariés, grâce à un développement à l'international et à un déploiement en franchise. "La Bourse me semblait un levier plus approprié que la levée de fonds. Avec comme raison numéro 1, le fait que je conserve ma liberté de décision. Bien sûr, je dois rendre des comptes mais je n'ai personne qui m'appelle tous les jours pour me demander mon résultat", explique celui qui n'avait encore jamais fait entrer d'autres investisseurs à son capital. Autre atout majeur identifié par Brice Chambard : la notoriété et la crédibilité dont son entreprise bénéficie désormais. "Nous sommes passés de l'ombre à la lumière...". Et puis, souligne-t-il : la Bourse lui offre de nouveaux arguments pour séduire et fidéliser des talents, via des bonifications d'actions. Il n'oublie pas, non plus, que la Bourse pourrait s'avérer un excellent outil pour de futures croissances externes.

Le dirigeant d'Obiz alerte néanmoins sur les contraintes de communication financière associée à une cotation boursière. "Je n'ai pas de problème particulier à être transparent mais aujourd'hui nous donnons l'accès à nos documents à des concurrents éventuels. Nous devons également être vigilants sur les délits d'initiés, nous allons faire des formations pour éviter des erreurs". Sur ce point, il sera épaulé par Julien Radisson qui vient de rejoindre l'entreprise en tant que directeur financier, poste créé à l'occasion de cette IPO. Celui-ci était jusqu'ici directeur financier adjoint pour April.

Le choix a été le même du côté de BOA Concept, PME de 50 salariés (CA 2020 : 5,4 M€, CA 2019 : 9 M€) spécialisée dans la conception de solutions intralogistiques (robotiques et logicielles). Elle aussi a fait son entrée sur Euronext Growth juste avant l'été. Et elle aussi s'en frotte les mains, avec une valorisation à 15,9 M€. Afin d'aller flirter avec les 30 M€ de CA sous cinq ans, l'entreprise avait besoin de fonds pour avancer plus vite sur ses capacités d'industrialisation et d'innovation. "Deux points nous ont orientés vers la Bourse. D'abord, nous gardons les manettes de la stratégie de l'entreprise. C'est ce que nous souhaitions absolument. Ensuite, nous intervenons sur un secteur d'activité avec de très grosses entreprises : cette introduction les rassure". La Bourse lui permettra par ailleurs de relever des fonds si nécessaire. "Nous avons bien l'intention de nous servir de la bourse comme d'un réel outil de financement" commente Chantal Ledoux, cofondatrice de l'entreprise, en charge plus particulièrement des questions financières

> S'adosser à un acteur de taille plus importante

Autre option lorsqu'on veut grandir plus vite que ce que pourraient nous offrir nos propres moyens : s'adosser à un acteur plus important. C'est le choix retenu par Seekube, créée en 2011 par Paul Cassarino, plateforme de forums virtuels de recrutement (40 salariés, CA : non communiqué, 300 événements organisés en 2020). "En 2019, nous avons constaté une traction marché intéressante, il fallait accélérer. Nous avions deux pistes : la levée de fonds classique ou le rachat par un acteur plus important. Très vite, nous nous sommes orientés vers la seconde", se souvient Paul Cassarino. Il a cédé, en mars dernier, les clés de son entreprise au groupe Hellowork (350 collaborateurs, 50 millions de commandes enregistrées en 2020), éditeur de plusieurs marques de recrutement (RégionsJob, JobiJoba, Diplomeo etc). Pourquoi ce choix ? Principalement pour la mise en oeuvre rapide de synergies avec un acteur déjà bien ancré sur le marché de l'emploi. "Le rachat permet d'ancrer ma société dans le long terme, c'est très différent d'une stratégie de levée de fonds où l'argent levé est dépensé en deux ans. Dans un contexte de crise, je n'avais pas envie de jouer à pile ou face". L'entrepreneur note également la satisfaction d'échanger, dans cette opération, avec d'autres entrepreneurs plutôt qu'avec des interlocuteurs financiers.

Si Paul Cassarino se dit extrêmement satisfait de son choix, il reste lucide sur quelques inconvénients. En premier lieu, celui concernant la gouvernance. Car s'il continue de diriger l'entreprise, il est bien conscient qu'il n'est plus seul à décider de la stratégie. Et puis, côté culture d'entreprise, il devra faire des concessions. "Dans un mariage, forcément, il faut laisser quelques convictions de côté, c'est normal même si le match entre les deux parties est parfait".

> Lever des fonds

Il s'agit probablement de l'option la plus courante, en particulier pour les jeunes pousses. Un succès qui ne semble pas se démentir cette année, malgré la crise Covid. Selon les calculs de Maddyness, les start-ups françaises de moins de 10 ans ont levé en juillet dernier 1,251 milliard d'euros. Soit un milliard de plus qu'en juillet 2019 et en juillet 2020 ! Dans le top 10 : ManoMano, Voodoo, Verkor, ou encore la fintech Spendesk.

La Biotech Keranova en a déjà deux à son actif : une première levée de fonds de 3 M€ opérée en 2016 et une autre de 24 M€ en 2019. Keranova (40 collaborateurs) développe une technologie chirurgicale non invasive pour traiter la cataracte grâce à un robot ultrarapide. Horizon de commercialisation : 2023. Sa directrice générale déléguée, également directrice financière, Denise Hoblingre, planche déjà sur l'après, avec un objectif de levée de fonds de l'ordre de 40 millions d'euros en 2024. "Notre plan A est la levée de fonds traditionnelle, puisque nous savons que nos investisseurs sont prêts à nous suivre. Les avantages sont nombreux, lorsque le mariage est bien assorti comme le nôtre. Nos investisseurs ont bien compris que notre secteur demandait du temps avant la mise sur le marché. Oui, il y a des reportings et une discipline de process à respecter, mais cela nous permet de nous améliorer et d'avancer. Nos investisseurs nous ont choisis mais nous avons aussi choisi nos investisseurs, c'est primordial".

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