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Financements : les arguments pour accéder aux liquidités

Publié par Eve Mennesson le | Mis à jour le
Financements : les arguments pour accéder aux liquidités

Face à un environnement macroéconomique dégradé, les prêteurs peuvent se montrer frileux. A l'occasion de sa 12e enquête annuelle sur le financement des entreprises, la société de conseil en financements/trésorerie Redbridge livre des conseils pour accéder aux liquidités malgré tout.

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Quels arguments faire valoir à ses prêteurs qui sont, face à l'environnement très mouvementé actuel, de plus en plus frileux ? A travers sa 12e enquête annuelle sur le financement des entreprises non financières du SBF 120, la société de conseil en financements/trésorerie Redbridge recommande de faire valoir sa bonne santé financière, au-delà des signaux macroéconomiques alarmants.

Amélioration des agrégats financiers en 2021

En effet, si l'on regarde les chiffres de 2021, les entreprises du SBF 120 ont connu une forte amélioration de leurs agrégats financiers : croissance du chiffre d'affaires de 16%, progression de l'EBITDA de 24%, réduction de la dette brute de 7%, etc. Notons aussi que la liquidité des entreprises (lignes confirmées non tirées + trésorerie) s'est renforcée en 2021, couvrant plus de 100% des échéances à 5 ans. « Le niveau de la trésorerie reste historiquement élevée, ajoute Matthieu Guillot, managing director, conseil en financement de Redbridge. Et même s'il y a eu beaucoup de changements depuis juin 2020, les entreprises bénéficient aujourd'hui d'une bonne base financière ».

Cela est d'autant plus vrai que le rebond de l'activité des entreprises semble s'être poursuivi au premier semestre 2022 : à partir d'une analyse des résultats semestriels de 86 entreprises non financières du SBF 120 qui les ont publié avant le 20 septembre 2022, la société Redbridge observe une progression du chiffre d'affaire de 5,4%, de l'EBITDA de 3,6%, de la capacité d'autofinancement de 4,2%, des fonds propres de 0,9%, etc. « Seule la trésorerie baisse de 5,3%, complète David Laugier, CEO de Redbridge. Sinon, tous les indicateurs sont au vert ». Une baisse que l'on peut, de plus, associer à la reprise des investissements depuis 2021 qui s'est poursuivie au premier semestre 2022.

Difficile accès aux financements

Malgré cette bonne santé financière des entreprises, les directions financières font face à de nouveaux enjeux : hausse des taux, resserrement monétaire, ralentissement de l'économie mondiale... « Il y a un réel décalage entre les prévisions macro-économiques et ce que nous vérifions au quotidien : nous voyons des entreprises en bonne santé qui ont des carnets de commande plein et qui sont confrontées à des problèmes de supply », rapporte Muriel Nahmias, managing director, conseil en financement de Redbridge.

Ce décalage n'est pas sans conséquence sur les financements : le marché obligataire est à l'arrêt avec un recul de 7% des émissions Corporate IG au premier semestre 2022 et même un recul de 80% sur les émissisons High Yield sur les 9 premiers mois de l'année (Muriel Nahmias parle de « crach obligataire »), les Neu CP deviennent compliqués (émission sur des maturités très courtes de l'ordre de 2 mois maximum et écartement significatif des spreads)... Finalement, le marché bancaire reste assez liquide même si son accès se complique (niveaux de souscription en recul, concentration qui réduit les options de financement et les marges de négociation, etc), que la hausse des taux obligataires contamine les taux longs bancaires et qu'il ya une tendance à l'augmentation des marges de crédit.

« Nous notons également un positionnement hétérogène des banques rendant complexe l'obtention de conditions communes : il semblerait que certaines n'ont pas encore tournée la page du Covid et nous voyons émerger parallèlement des questions sur l'inflation, le coût de l'énergie », indique Muriel Nahmias

Arguments pour accéder aux liquidités

A cela s'ajoute des problématiques ESG qui ont déjà un impact sur les relations bancaires et le financement des entreprises. « Les banques ont renforcé leurs équipes sur ces problématiques ESG et renforcent leurs ratings ESG », constate Matthieu Guillot. Il s'agit donc pour les entreprises de commencer à proposer des KPIs ESG pour répondre à ces demandes de plus en plus pressantes des banques."L'ESG est aujourd'hui clé pour s'assurer un accès aux liquidités", relève Muriel Nahmias, citant l'exemple de Natixis qui réduit le RWA de 50% pour les entreprises les plus vertes et l'augmente de 25% pour celles les plus polluantes

L'ESG est donc un argument clé pour accéder aux liquidités. Mais il n'ets pas le seul. David Laugier recommande avant tout de demander sa note de rating à ses établissements bancaires, pour pouvoir ensuite négocier son crédit. Cela est d'autant plus important que certaines banques n'ont pas mis à jour leur rating depuis la fin de la crise du Covid : il s'agit donc de les challenger sur les notations internes afin de les faire remonter. « Il s'agit surtout de bien comprendre ces notations pour les maîtriser et trouver des arguments des arguments à avancer », pense Matthieu Guillot.

Muriel Nahmias conseille de s'atteler à ce sujet à l'occasion d'opérations structurantes : le Daf doit être en mesure d'expliquer l'activité du groupe, ce qui se passe sur le terrain. « Les banques sont parfois formatées par secteur. Il faut les amener à réfléchir de manière plus micro en étant davantage proactif », insiste-t-elle. Les Daf doivent davantage développer cette "communication crédit" pour accéder à des liquidités aux meilleures conditions possibles.

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