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[Chronique de la relance] Préparez dès maintenant votre clôture !

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[Chronique de la relance] Préparez dès maintenant votre clôture !

La clôture de 2020 va constater une partie de la crise COVID sur la santé financière de nombreuses entreprises. Voici quelques points sur lesquels il convient de rester vigilant.

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Nous avons abordé la semaine passée l'impact sur les comptes consolidés. Mais vous allez sans doute avoir à prendre des options pour votre clôture sur d'autres sujets. En voici quelques-uns pour cette semaine.

Évaluez dès maintenant vos provisions de stock et validez leur pertinence

Prenons par exemple les stocks. Vous devez déprécier leur valeur si elle ne correspond pas à la valeur comptabilisée. Généralement, vous allez utiliser une rotation qui met en regard des détentions de biens et leurs consommations historiques. Mais si votre volume de vente a diminué en 2020, vos consommations de marchandises seront elles aussi moindre. A même niveau de stock, la méthode des rotations historiques entrainera une hausse des provisions pour dépréciations de stock et par la suite une dégradation de votre résultat.

Rappelons-nous que la bonne question est la suivante : est-ce là une image fidèle de votre entreprise ? Peut-être avez-vous avantage, afin de refléter la situation, à procéder autrement. Par exemple en prenant les consommations futures tout en documentant bien vos hypothèses de CA et de besoins pour l'année prochaine.

Évaluez également vos provisions clients et validez leur pertinence

Nous pouvons aussi prendre le poste client. Bien souvent vous fonctionnez avec des critères historiques : Si un client n'a pas payé depuis 3 mois, vous savez qu'il y a une probabilité de XX% qu'il ne vous paie pas. Vous provisionnez le montant correspondant en appliquant ce calcul à chaque client et à chaque retard de paiement. Mais cette année, nous avons deux phénomènes qui viennent possiblement perturber la pertinence de cette méthode.

D'une part, vos clients ont sans doute eu tendance à vous régler différemment qu'à l'habitude. Généralement ils paient plus tard. Votre encours âgé est alors plus important qu'à l'accoutumée et votre provision sera d'autant plus conséquente.

D'autre part, les sinistres vont probablement être plus nombreux l'année prochaine. Vous savez dès maintenant qu'une partie de vos créances seront délicates à recouvrir à cause du risque de la contrepartie : Certains de vos clients vont avoir des difficultés financières, certains vont vous demander à renégocier une partie de leur dette, d'autres ne vont plus pouvoir faire face à leurs échéances et vont " déposer le bilan ". Vous risquez de minimiser ce risque et par conséquent de surévaluer le résultat de votre entreprise.

Comment organiser votre crédit management et votre politique de recouvrement.

Nous voyons que les provisions sur les actifs, immobilisations, stocks ou créances sont délicates à estimer cette année alors que leur impact sur les comptes des entreprises va être potentiellement important. Il ne va pas facile de donner une image fidèle de votre société. Parce que la gestion du risque évolue.

Je pense que c'est l'occasion repenser, si cela n'a déjà été fait, votre cartographie des risques.

Poursuivons par exemple sur le risque de vos tiers. Il est sans doute temps de renforcer votre appréciation et votre gestion du risque client. Des larges options s'ouvrent à vous :

Vous pouvez décider d'effectuer le rating de vos clients en leur demandant leurs comptes. Mais tout comme les vôtres, ils ne seront peut-être pas pertinents avant début 2021 et sont une base moins pertinente que d''habitude pour évaluer des tendances futures. Cette première étape concerne la prise de commande ou des clients prospects. Peut-être vous n'appliquerez ce processus qu'à vos clients majeurs.

Une autre étape est Celle du paiement : Comment s'assurer que la facture due n'est pas perdue, qu'elle sera payée à date. Que faire en cas de retard de règlement ? Quand décider de rendre cette relation commerciale en relation juridique ?

Vous pouvez décider de sous-traiter toute ou partie de cette activité auprès d'un assureur crédit. Il couvrira alors vos clients d'un risque de non règlement et il peut aussi effectuer pour votre compte le recouvrement.

Perdre un fournisseur peut être plus grave que perdre un gros client

Vous pensez à vos risques sur vos clients. Mais qu'en est-il de vos fournisseurs. Il est parfois plus dommageable à une société de perdre son plus gros fournisseur que son plus gros client. Dans ma vie professionnelle j'ai été DAF d'une société de commercialisation et de réparation de copieurs. Quasiment toutes les ventes étaient financées par une seule banque française de premier plan. Tout se passait bien. Mais cet établissement a consolidé ses risques entre la branche financement, leasing , court terme ... La société dont j'assurais la DAF c'est retrouvée très risquée à leur yeux. Du jour au lendemain les encours ont été gelés. Plus de ventes fiancées. Plus de ventes possibles. La perte de ce fournisseur stratégique était plus grave que la perte du plus gros client qui représentait pourtant 8% du CA. Heureusement les méthodes d'évaluation des risques m'avaient amené à travailler avec un nouveau partenaire qui a pu prendre le relais rapidement. Cette gestion des risques a limité l'impact de la perte de ce fournisseur stratégique.

L'anticipation des risques est un acte essentiel de gestion.

Nous avons abordé cette semaine les provisions sur actif et les risques sur les clients et les fournisseurs. La semaine prochaine nous parlerons d'une autre conséquence de la clôture : L'endettement.

L'auteur : Yves Peccaud est fondateur de Culture Cash, cabinet de conseil spécialisé dans la performance financière et la gestion de crise. Il est diplômé d'HEC et enseigne la stratégie et la finance à Dauphine, Centrale Supelec et BPI. Il conseille des dirigeants pour résoudre les difficultés de leur entreprise et financer la relance. Il s'appuie sur une solide expérience de DAF et de dirigeant de sociétés en redressement judiciaire. Il a créé une méthode pour retrouver rapidement la trésorerie par le déploiement d'une Culture Cash®


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Yves Peccaud, fondateur de Culture Cash, enseignant stratégie finance

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