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Flotte auto : la location longue durée vise les PME et ETI

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Flotte auto : la location longue durée vise les PME et ETI

Les loueurs longue durée cherchent à accompagner les PME et ETI pour simplifier la gestion de leur parc mais aussi faire évoluer leur car policy dans un contexte marqué par l'augmentation probable de la taxe sur les véhicules de société, à partir de l'année prochaine.

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Combien coûtera à l'entreprise l'utilisation de son parc de véhicules en 2019 ? Cette question n'a pas encore trouvé de réponse dans un contexte plus chahuté que jamais. Principale explication de ce désordre : l'entrée en vigueur du nouveau protocole d'homologation des véhicules, dit WLTP (Worldwide harmonized light vehicles test procedures), qui s'applique à tous les véhicules neufs depuis septembre 2018. Concrètement, ce test se veut plus réaliste que le précédent (NEDC) mais il risque de déboucher sur des valeurs supérieures de consommation et d'émissions polluantes des véhicules. Des augmentations de 20 à 30 % des valeurs de CO2 paraissent envisageables, à modèles équivalents. Ce qui ne manquera pas de faire automatiquement grimper le montant de la TVS, corrélé au niveau de CO2. Dans quelle mesure ? La situation manque de visibilité car les constructeurs automobiles sont en train de reconfigurer leurs gammes pour transformer leurs modèles les plus impactés et ainsi abaisser leurs émissions par tous les moyens (taille des jantes, transmission...). Certains proposent déjà une offre corrélée WLTP alors que d'autres y travaillent encore.

Deuxième inconnue : le barème de taxation de la TVS applicable à partir de 2019. Rien ne filtre pour l'instant dans les couloirs de Bercy mais il y a fort à parier que la prochaine loi de finances n'allégera pas cette taxe pour compenser l'impact du WLTP. Rappelons que les échelons et les montants associés ont été revus dans le sens d'une augmentation, à l'occasion du vote du budget 2018, afin d'inciter les entreprises à choisir des véhicules moins polluants.

L'enjeu du mix énergétique

Dans ce contexte, les spécialistes de la location longue durée (LLD) conseillent les entreprises sur l'évolution de leur flotte. " Nous accompagnons nos clients pour comprendre l'usage qu'ils font de chacun de leurs véhicules grâce à notre solution de télématique, Arval Active Link, avant de retravailler avec eux leur car policy et de déterminer les meilleures motorisations ", évoque Ferréol Mayoly, directeur général d'Arval France.

Amorcée depuis quelques années, la tendance est au panachage entre les différentes énergies, notamment avec la progression des motorisations essence, du moins sur le marché des voitures particulières. " Nous avons aujourd'hui 95 % de véhicules diesel mais nous pourrions atteindre 75 % d'ici un à deux ans ", anticipe Gérard de Chalonge, directeur commercial et marketing d'Atlhon. Dans le coeur de la cible : les véhicules de fonction qui bénéficient des motorisations les plus puissantes tout en roulant assez peu. " On assiste à une redistribution des cartes entre les types de voitures et les marques ", observe Gérard de Chalonge. Athlon propose d'ailleurs une offre de LLD modulable, Flex2Use, qui permet de choisir un véhicule plus petit dans la car policy de l'entreprise, avec la possibilité d'en réserver un plus grand au moment des vacances.

L'essor des hybrides

Reconsidérer le mix énergétique pour les voitures de fonction, implique une réflexion sur le choix de modèles hybrides qui ont le vent en poupe. " Ces motorisations représentent 5 % de notre parc mais 12 % de nos commandes ", confirme Guillaume Maureau, directeur général adjoint d'ALD Automotive. Les hybrides rechargeables (plug-in) permettent d'abaisser encore plus les émissions de CO2. Illustration dans la gamme Volvo qui est déjà corrélée WLTP et compatible avec les futures exigences de la norme Euro 6 D-Temp, qui sera obligatoire au premier septembre 2019. Le SUV premium XC 60, en finition business, émet 139 grammes de CO2 dans sa version diesel la plus sobre, revendiquant 190 chevaux. Le passage à la motorisation hybride rechargeable permet de descendre à 50 grammes avec une puissance combinée accrue (320+87 chevaux).

Dernier arrivé sur le marché des loueurs multi-marques, au printemps 2017, One Lease met en avant une offre ouverte sur les motorisations hybrides, puisée notamment chez les constructeurs coréens. " Les clients sont prêts à payer un loyer un peu plus cher en échange d'une baisse des consommations. À condition que nous puissions les accompagner avec des valeurs résiduelles cohérentes ", explique Olivier Maître-Jean, président de la structure. Ainsi, pour un Kia Niro hybride rechargeable, proposé à 36 550 euros, prix catalogue, ce loueur assume une VR comprise entre 15 000 et 16 000 euros, ce qui permet un loyer et un TCO attractifs.

Cependant, pas question de se précipiter vers telle ou telle motorisation sans analyser l'usage des véhicules. Dans le cas de l'hybride rechargeable, le prix de vente, plus élevé, ne se justifie économiquement que pour une utilisation en zone urbaine voire périurbaine mais sur des trajets de 50 à 100 kilomètres maximum. Au-delà, l'hybride revient plus cher qu'une motorisation thermique traditionnelle. Quant au comportement du conducteur, quelle que soit la motorisation choisie, il reste déterminant pour maîtriser le TCO. Une consommation plus gourmande d'un litre/100 km se traduit par une charge d'une trentaine d'euros par mois, soit près de 10 % du loyer.

Tester selon les usages

D'où l'importance de procéder par étapes en testant une ou plusieurs motorisations alternatives avant de passer des commandes plus étoffées. " C'est une bonne année pour retravailler sa car policy et introduire quelques véhicules électriques si le contexte de l'entreprise le permet, met en avant Jean-Loup Savigny, directeur commercial et marketing de Leaseplan. Nous préconisons des durées de contrat de 24 mois pour avoir des VR plus hautes. " Ce constructeur développe, depuis l'été 2018, une offre tout-inclus comprenant l'installation de la borne et une carte (avec le prestataire Allego) donnant accès à des réseaux de charge en Europe. Le loueur fait également évoluer son offre " Click & Drive " qui permet de choisir un véhicule en stock et d'être livré en une dizaine de jours : le catalogue composé de diesel s'ouvre peu à peu aux motorisations essence et Leaseplan prévoit d'y intégrer des véhicules électriques.

Chez Arval, une nouvelle offre de véhicules électriques mise également sur une triple intégration " véhicules, services, infrastructure de recharge ". Elle prévoit l'installation d'une borne au domicile du conducteur avec la possibilité de comptabiliser les kilowattheures absorbés par la batterie du véhicule afin qu'ils soient facturés à son entreprise.

De son côté, ALD Automotive propose l'offre ALD Switch. Elle laisse aux entreprises la possibilité de disposer d'une alternative au tout-électrique. " Cette offre fonctionne très bien car elle permet de disposer d'un véhicule thermique partout en Europe pour une durée de soixante jours par an ", indique Guillaume Maureau.

En revanche, certaines offres des loueurs ne sont pas optimales. Ainsi, la location moyenne durée, qui pourrait apparaître comme une solution d'attente avant d'avoir une visibilité sur la nouvelle offre WLTP des constructeurs, est à déconseiller. Son coût supérieur à la LLD ne se justifie pas pour une période d'attente de quelques mois. Si le contrat d'un véhicule vient à échéance rapidement, mieux vaut négocier une prolongation avec le loueur. Autre possibilité : commander un modèle équivalent immédiatement disponible grâce au stock de voitures homologuées NEDC que les constructeurs automobiles ont constitué en prévision du passage au WLTP.

3 questions à Stéphane Déclaron, Daf de l'union d'associations La rose des ventes

Pourquoi avoir basculé l'intégralité de votre flotte en LLD?

Auparavant, nous avions une dizaine de véhicules de fonction affectés aux membres du comex, qui roulaient environ 30 000 km/an, et 90 véhicules de service mutualisés, parcourant entre 15 000 et 20 000 km. Certains étaient en LLD, d'autres en achat ou en crédit bail via Crédipar, négociés avec un concessionnaire Peugeot. En interne, notre responsable des achats devait gérer le parc et une autre personne, les sinistres. Lorsque nous nous sommes regroupés avec l'association ACR, notre flotte est passée à 150 véhicules et nous avons lancé un appel d'offres pour de la LLD. Notre objectif était d'avoir une vision globale, un fournisseur et un niveau de service uniques en nous déchargeant de la gestion quotidienne. Nous voulions travailler avec un loueur multimarque pour ne pas négocier avec des concessionnaires différents.

Qu'est-ce qui vous a convaincu de l'offre de One Lease?

Le loueur a fait évoluer notre car policy : les responsables du comex n'ont plus un modèle identique mais un choix dans la limite d'un budget et de règles. Quant aux véhicules de services, nous avons introduit des Clio Essence pour ceux qui parcours plus de 15 000 km par an. Les durées de contrat ont été optimisées par rapport au roulage en passant de 24 à 30 mois. Par ailleurs, nous avons pris l'option de remplacement des pneumatiques et l'assurance. One Lease assure également la gestion des sinistres.

Aujourd'hui quels avantages retirez-vous de ce nouveau mode de détention?

Ce qui change le plus c'est le service de proximité : le loueur livre et récupère les véhicules sur site. Il nous a également accompagné pour renégocier nos cartes carburant. Désormais notre parc n'est plus suivi sur tableur mais dans un extranet paramétré selon nos règles d'imputation de factures. Ce qui nous permet d'établir un compte de résultat distinct pour chacune des missions qui nous sont confiées. Enfin, sur un coût du parc estimé à 109 000€, l'économie réalisée représente 50 000€.

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Jean-Philippe Arrouet

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