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Financements désintermédiés : convaincre ses dirigeants

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Reprofiler la dette pour générer un "autofinancement"

Un financement désintermédié favorise l'anticipation du refinancement partiel d'une dette bancaire in fine arrivant à maturité. Une solution mixte dette bancaire/financement désintermédié octroie un profil d'amortissement adapté (in fine pour la partie désintermédiée), tout en pondérant le coût des deux instruments.

L'économie de remboursement annuel d'une telle structure par rapport à une structure 100 % bancaire dégage des marges de manoeuvre allouables au financement du développement, ce qui facilite également le respect d'éventuels covenants. Même si le montant global de dette n'a pas été modifié, l'entreprise peut, ce faisant, desserrer la pression du remboursement annuel et dégager un "autofinancement" qui la rend moins tributaire des demandes annuelles d'enveloppe de financements d'investissement auprès des banques.

Croissance externe ou relution des actionnaires

Dans certains cas, les banques peuvent ne pas souhaiter couvrir l'intégralité du besoin de financement d'une acquisition jugée transformante pour l'entreprise, ou qui induirait un niveau de dette considéré comme déraisonnable. Certains fonds de dette spécialisés en dette "corporate" interviennent conjointement avec les banques sur la base d'un quantum de dette plus élevé.

La dette mezzanine - certes plus chère - se prête particulièrement bien à ce cas de figure, car elle donne accès à des quantums plus élevés mais au prix d'un partage de la création de valeur via des bons de souscription d'actions. La réalisation d'une acquisition sera également l'occasion de retravailler le profil de la dette actuelle avec ses prêteurs pour se donner le maximum de confort.

Gestion dynamique de l'exposition des partenaires financiers

La diversification de sa base de partenaires est également de mise dans la construction des relations financières. Les divers partenaires subissent des évolutions réglementaires, opèrent des changements de stratégie, adaptent leur politique de gestion des risques, influant sur leur capacité à intervenir. L'un des moyens de s'en affranchir est de ne pas "mettre ses oeufs dans le même panier" et de diversifier son accès à la liquidité en explorant les alternatives à la seule dette bancaire, y compris les financements sur actifs. L'approche peut même être suggérée par les banques elles-mêmes, celles-ci souhaitant, parfois, maîtriser leur exposition sur une contrepartie et obtenir un mandat non consommateur de fonds propres. L'intervention d'un nouvel acteur aura la vertu de conforter et rassurer les banques. Elles seront donc plus enclines à favoriser d'éventuels aménagements et assouplissements. L'emprunteur/émetteur disposera, alors, d'un accès à d'autres sources de liquidités avec lesquelles il se familiarisera pour de prochaines opérations stratégiques.

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Olivier Catonnet, Associé EY et Matthieu Banal, senior manager EY

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