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Rosaly veut simplifier l'avance sur salaire

Publié par STEPHANIE GALLO TRIOULEYRE le - mis à jour à
Rosaly veut simplifier l'avance sur salaire

La fintech française Rosaly développe une solution digitale, clé en main, pour les acomptes de salaire. Un sujet épineux, parfois source de conflit entre employeurs et salariés.

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La législation française est claire (article L3241-1 du Code du Travail) : tout salarié en CDD ou CDI peut demander un acompte sur salaire, sans justifier d'une explication auprès de son employeur. Celui-ci ne peut refuser dès lors qu'il s'agit d'une première demande dans le mois en cours.

Pourtant, en France, ce droit est assez peu utilisé. "Il existe plusieurs barrières, autant du côté du salarié que de l'employeur", explicite Arbia Smiti, serial entrepreneuse et CEO de la jeune fintech Rosaly, créée en 2019. Elle a mis sur le marché, début 2021, une solution digitale d'avance sur salaire. "Côté salariés : il y a évidemment la barrière psychologique. En France, il peut être délicat d'aller demander un acompte. Les process sont également souvent complexes et longs. En cas d'imprévu, les salariés préfèrent donc se tourner plutôt vers un prêt à la consommation ou utiliser leur découvert bancaire". Côté employeurs, des freins sont également bien présents : les demandes se traitent au cas par cas, avec des vérifications, des interventions et des virements manuels. Sans compter, évidemment, la problématique de la trésorerie. Si la moitié des salariés d'une entreprise venaient à demander un acompte en milieu de mois par exemple, certaines ne pourraient pas y faire face car les sommes n'auraient pas été provisionnées (puisque aléatoires). "Après ma première start-up (une market place pour créateurs), je souhaitais me relancer dans l'aventure entrepreneuriale mais avec un impact social cette fois. Les Français paient chaque année 26 milliards d'euros d'agios et d'intérêts. En facilitant l'acompte sur salaire, nous offrons une voie alternative à la gestion des imprévus. Des solutions analogues ont vu le jour en Europe ces derniers temps, avec un succès réel, mais nous sommes les premiers en France".

Intermédiation de l'avance sur salaire

Rosaly a ainsi développé une solution digitale, déclinée en web-app et application permettant aux salariés d'une entreprise de demander une avance sur salaire, facilement, et en ligne. Autant de fois qu'ils le souhaitent par mois dans la limite de leur temps travaillé et des plafonds fixés par les employeurs. La demande est validée automatiquement et l'argent versé, sans intervention des services de l'entreprise. "Tout est automatisé, aucune opération manuelle de l'entreprise n'est nécessaire. Nous avons intégré la grande majorité des logiciels de paie utilisés en France", poursuit Arbia Smiti, insistant sur la sécurité très renforcée des process.

Autre point important : l'argent de ces acomptes n'est pas débité du compte de l'entreprise, c'est Rosaly qui assure l'avance. En échange de quoi, un abonnement de 3 euros/mois/salarié est facturé à l'entreprise, quel que soit le montant des acomptes versés. La démarche se veut finalement presque transparente pour l'employeur (hormis le coût de l'abonnement) : il verse le solde des salaires en fin de mois à ses salariés et rembourse Rosaly de ce qu'elle a avancé. Sans intérêts. "Je tenais à l'absence de taux d'intérêt, je ne souhaite pas que Rosaly se rémunère à l'utilisation des acomptes. Notre ambition est d'apporter un bien-être financier, via les acomptes, mais aussi et surtout grâce à une éducation à la gestion financière".

Education à la gestion financière

Après une première étape lancée en début d'année, avec son offre d'acompte sur salaire, Rosaly passera la seconde en septembre prochain avec une assistance personnalisée à chaque salarié bénéficiaire du service."Pour ceux qui le souhaitent, nous pourrons calculer les restes à vivre, leur envoyer des alertes lorsque leurs dépenses risquent de les faire passer dans le rouge, les mettre en relation avec des assistantes sociales, etc."

Autant d'arguments et de services que l'employeur peut utiliser pour fidéliser ses salariés et valoriser sa marque employeur. "Finalement, dans les offres de recrutement, on met en avant par exemple les tickets restaurants ou les chèques vacances. L'acompte sur salaire peut devenir un atout supplémentaire pour attirer et conserver des talents". De plus, un salarié qui n'a pas à s'inquiéter de la manière dont il va devoir payer en urgence son nouveau lave-linge par exemple, est aussi un salarié plus heureux et, donc, un salarié plus productif.

Rosaly s'appuie pour l'instant sur une dizaine de salariés. Elle compte s'attaquer au marché européen (Italie et Espagne en priorité) dès l'année prochaine. La Fintech (labellisée B-Corp) a levé, en avril dernier, 1,5 million d'euros auprès de business angels. Parmi lesquels, les fondateurs de Bankin', Playplug ou encore Process Out.


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