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Focus sur quatre chantiers du DAF en ETI : Extra-financier, cotisations patronales, transition économique et fiscalité

Publié par le - mis à jour à

Lors du passage de PME à ETI, dont les spécificités sont méconnues, des fondamentaux demeurent. Mais le DAF doit investir d’autres missions. Explications par Sébastien Genest, Associé chez Leyton, qui accompagne depuis 15 ans des DAF d’ETI, souvent précédemment en poste en PME.

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Le quiz mené par Leyton* auprès des DAF révèle une certaine méconnaissance des spécificités des ETI françaises, notamment sur leur ancrage local. Pourquoi selon vous ?


Sébastien Genest : En effet, seuls 25 % des répondants à ce quiz savent que la plupart des ETI se situent en dehors des grandes métropoles régionales. C’est une perception naturelle : intuitivement il semble plus facile de croître en métropole, le présupposé tant que cela favorise l’attractivité des talents et l’accessibilité notamment. Mais, dans les faits, près des 70 % des ETI sont hors métropole et cela pour des raisons de coûts. Le foncier est plus intéressant, le prix des locaux aussi. S’implanter hors métropole permet aussi d’accéder à des aides et subventions très diverses. Dans un tel cadre, les capacités d’investissements sont donc plus fortes, ce qui accroît la possibilité pour une PME de devenir une ETI et pour une ETI de poursuivre son développement.
Cette distorsion entre perception et réalité de l’implantation des ETI s’est atténuée avec la crise sanitaire : nous avons tous conscience que les grandes métropoles sont négligées par les travailleurs et leurs familles, ce qui va amplifier le nombre d’ETI hors métropole. Autre paramètre : le secteur industriel repart en France et les industries sont très rarement en métropole car elles ont besoin de disposer de très grandes surfaces d’implantation.


À quoi doit s’attendre un DAF de PME qui rejoint une ETI ou dont la PME devient une ETI ?

S.G. Évidemment, comme en PME, le cash, l’amélioration de la marge et le financement de la croissance restent des enjeux forts. S’y ajoute la transition économique. Les conséquences de la guerre en Ukraine et de la situation sanitaire de la Chine augmentent les coûts d’énergie et de matières premières, ce qui réduit la marge. En ETI, le financement de la transition économique s’avère plus complexe et plus urgent encore qu’en PME.

Autre modification : la fiscalité. De nouvelles taxes apparaissent, comme la C3S liée au chiffre d’affaires, mais aussi d’autres liées au patrimoine immobilier des ETI. La fiscalité environnementale est aussi plus conséquente. Parallèlement, le statut d’ETI signe la fin de l’accès à certains dispositifs dont le crédit impôt innovation ou le statut de Jeune Entreprise Innovante. Le DAF doit mener un travail de fond sur l’optimisation de la fiscalité. Pour y parvenir, il doit pouvoir compter sur un directeur fiscal ou externaliser cette optimisation. Autre élément : une ETI est souvent internationale d’où des problématiques réglementaires et culturelles.

Tous ces paramètres font qu’un DAF en ETI doit s’appuyer sur des expertises internes ou externes et développer un vrai talent managérial et une forte capacité d’orchestration.

Le premier obstacle du développement d’une ETI est son manque d’attractivité RH : Comment le DAF peut-il aider ?

Il doit être partie prenante du projet d’entreprise, contribuer à la quête de sens et à l’engagement. Raison d’être, missions, transition écologique : autant de chantiers qu’un DAF doit s’investir et qui ont un impact sur l’attractivité d’une entreprise. Surtout, cette fonction doit s’emparer de la performance extra-financière. Ce besoin est très fort en ETI et c’est une dimension qui contribue directement et indirectement à son attractivité. L’une des pistes est la mise en place d’un système d’intéressement connecté à la performance financière et extra-financière ; certaines structures optent même pour une connexion totale à la performance extra-financière.

Un dernier conseil pour les DAF d’ETI ?

Les cotisations patronales, qui représentent 40 % de la masse salariale, peuvent être optimisées. Cela se sait peu car ces cotisations sont vues comme une contrainte réglementaire sur lesquelles il n’y a pas de marge de manœuvre. C’est faux. Et, en ETI, optimiser ne serait-ce qu’1 % du montant des cotisations patronales peut générer une économie qui se chiffre en centaines de milliers d’euros voire en millions.


*Quiz les DAF et la réalité des ETI en France – Leyton x Daf-mag.fr mars 2022