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DossierSécuriser sa chaîne fournisseurs

Publié par Bénédicte Gouttebroze le

3 - [En pratique] Comment s'informer sur ses fournisseurs ?

Défaillance, non-conformité du produit livré, dégradation de l'image... Les risques fournisseurs sont multiples. Pour y parer, la Daf doit disposer de données stratégiques sur les acteurs de sa chaîne d'approvisionnement. Lesquelles et comment les obtenir ?

Si les outils permettant la prévoyance des risques liés aux fournisseurs ont longtemps été réservés aux grands groupes, les entre­prises de plus petite taille bénéficient aujourd'hui d'un élargissement et d'une démocratisation de l'offre en la matière. Les acteurs du marché de l'information d'entreprise sont des partenaires de premier choix pour aider la Daf à mettre en place une stratégie efficace de gestion du risque. Ils proposent l'accès aux données nécessaires à une analyse de la situation financière des fournisseurs, mais aussi des scores, ratios et systèmes de notation facilitant l'aide à la décision.

Récupérer les données bilancielles, un premier pas

Le premier risque concerne le risque de défaillance du fournisseur. Pour le prévenir, la Daf étudiera son bilan via d'éventuelles synergies avec le poste client. En effet, les entreprises ont accès à des bases de données afin de vérifier la solvabilité financière de leurs donneurs d'ordre : " Une fois qu'ils ont accédé à notre service, nos clients peuvent utiliser les informations proposées à toutes fins utiles : gestion du poste client, sécurisation des fournisseurs stratégiques..., remarque Christian Guibert, responsable marketing chez Creditsafe. Nous nous adressons d'abord à des Daf de TPE et PME où le service achat n'est pas forcément assez structuré pour gérer ce risque. " Compilant diverses sources (Insee, Infogreffe, Inpi, Bodacc...), les rapports de Creditsafe informent ainsi sur la situation commerciale, financière, structurelle et juridique du fournisseur. Creditsafe fournit, par ailleurs, un score sur 100 basé sur les données comptables, évaluant ainsi le risque de défaillance à six mois.

Certains acteurs proposent des offres modulables, comme Coface Services : son offre Ellipro, lancée en juillet 2012, référence 8,5 millions d'entreprises et bénéficie chaque trimestre d'une mise à jour. Concrètement, Ellipro offre différents modules d'infor­mations en fonction des demandes du client dont un portant spécifiquement sur la solvabilité : " Il reprend tous les incidents récupérés par nos équipes : prorogations, retards de paiements, contentieux... ", détaille Dominique Chabert, responsable du pôle marketing offres de Coface Services.

La vraie spécificité d'une bonne gestion du poste fournisseur ne réside pas tant dans l'analyse des comportements de paiement que dans celle des bilans de la société, " de sa bonne santé ainsi que de celle de son secteur d'activité, ou bien des informations liées à l'actualité ", alerte Christian Guibert.

Risque opérationnel, risque environnemental...

Restent le risque opérationnel, à savoir la capacité du fournisseur à tenir les délais de livraison, mais aussi le risque lié à l'image, recouvrant des questions sociétales et environnementales, ou encore le risque contractuel et légal. La base de données de Bureau van Dijk (qui analyse le risque de défaillance à 18 mois) offre une série de scores pour chaque entreprise, incluant les risques stratégiques, opérationnels et environnementaux, le tout présenté sous forme de tableau de bord opérationnel. " Notre outil permet de savoir quel fournisseur sera plus à même de livrer en temps et en heure les produits commandés, ou de sélectionner les sociétés qui polluent le moins pour préserver son image ", décrit Thomas Perathoner, responsable de la relation client chez Bureau van Dijk.

Une approche partagée par Afnor Solutions Achats : " Le risque financier n'est pas tout. Il faut savoir envisager l'organisation du fournisseur et la façon dont il pratique son métier. A-t-il mis en place des systèmes de management, de gestion du personnel ? Exerce-t-il une veille réglementaire ? ", fait valoir Olivier Constant, directeur d'Afnor Solutions Achat.

Pour le risque de non-conformité du produit ou du service livré, le Daf peut s'appuyer sur une évaluation technique de ses fournisseurs potentiels ou existants. Bureau Veritas propose de telles solutions, avec une préévaluation du fournisseur, suivie d'un plan de surveillance et de suivi des écarts et des non-conformités. Au vu des besoins de l'entreprise, ces audits peuvent être réalisés à plusieurs moments-clés de la relation avec le prestataire : en phase de ­"sourcing" afin de préqualifier les fournisseurs, avant la passation de commande pour s'assurer de la capabilité à livrer une prestation conforme dans les délais, ou après la passation de la commande pour vérifier l'organisation projet mise en place par le fournisseur, ses procédures spécifiques et leurs applications.

Connaissances clients et fournisseurs : quelques acteurs du marché
Les prestataires ci-après mentionnés fournissent des informations financières brutes et retraitées. Pour certains, des informations complémentaires qualitatives peuvent être fournies sur demande.
- Bureau Van Dijk: Positionné sur les informations économiques et financières relatives au risk management, à la gestion des achats et des fournisseurs.
- Altares: Revendique 200 millions d'acteurs répertoriés, une évaluation de la stabilité des partenaires et une anticipation de risques de défaillance.
- Coface Services: Outre le très efficace score @rating et la surveillance des partenaires, des informations complémentaires peuvent être obtenues sur demande spécifique.
- LCL Professionnels: Services exclusivement accessibles sur Internet, allant du renseignement financier et légal à la surveillance en temps réel des fournisseurs.
- Credit Safe: Revendique une analyse des données financières et structurelles des entreprises.
- Infogreffe: Information des greffes des tribunaux de commerce.
- Et aussi Cegifac, Societe.com...


Quelles certifications pour sécuriser la chaîne fournisseur ?
- La norme ISO 9001
définit une série de critères de management, et comporte des exigences dans la relation du fournisseur avec ses clients concernant sa capacité à fournir un service ou un produit et à maîtriser sa production. Son paragraphe 7.4.1 "Processus d'achat" évalue et sanctionne les fournisseurs en fonction de leur aptitude à fournir un produit conforme aux exigences de l'organisme.
- La norme ISO 27001
garantit la protection et la transmission des données, et s'assure que les éléments (plans ou moules de production par exemple) présents chez le fournisseur ne courent pas de risque de fuite.
- La norme ISO 14001
couvre le risque environnemental avec des exigences en termes de développement durable.

Certaines normes sont spécifiques à un secteur d'activité telle la norme NF ISO 5682-1 propre au secteur agroalimentaire (protection des cultures), ou la norme ISO 22716 qui fixe les bonnes pratiques de fabrication relatives aux cosmétiques.

Camille George,<br/>rédactrice en chef Camille George,
rédactrice en chef

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