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[Etude] Baromètre des risques 2021 d'Allianz : trois risques liés à la Covid-19, en tête du classement

Publié par le | Mis à jour le
[Etude] Baromètre des risques 2021 d'Allianz : trois risques liés à la Covid-19, en tête du classement
© DURIS Guillaume - stock.adobe.com

Selon le Baromètre des risques 2021 de Allianz, la pandémie montre que les interruptions d'activité extrêmes, à l'échelle mondiale, peuvent passer de l'hypothèse à la réalité, causant des pertes d'exploitation et des perturbations dans la production, l'exploitation et l'approvisionnement.

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- L'interruption d'activité, la pandémie et les incidents cyber sont les trois principaux risques d'entreprise, tous étroitement liés, en 2021

- La pandémie saute de la 17e à la 2e place, apparaissant comme la principale cause d'interruption d'activité avant les incidents cyber. Les entreprises tentent de réduire les risques sur les chaînes d'approvisionnement et de renforcer leur plan de continuité de l'activité en cas d'événements "extrêmes".

- Les évolutions de marchés (4e), les évolutions macroéconomiques (8e) et la violence politique (10e) représentent des risques en augmentation. Les conséquences économiques de la pandémie pourraient alimenter les conflits en 2021, entraînant des perturbations sur les chaînes d'approvisionnement et des interruptions d'activité.

Un trio de risques liés à la Covid-19 prend la tête du 10e Baromètre des risques 2021 d'Allianz*. Il reflète les perturbations entraînées par les confinements dans de nombreux pays, face à la pandémie. Les interruptions d'activité (n 1 avec 41% de réponses) et la pandémie (n 2 avec 40%) sont les deux premiers risques d'entreprise pour cette année, suivis de près par les incidents cyber (n 3 avec 40%).

"Le Baromètre des risques 2021 est clairement dominé par ce trio de risques liés à la Covid-19, souligne Joachim Müller, CEO d'AGCS. Les interruptions d'activité, la pandémie et les incidents cyber sont étroitement liés, ce qui montre l'accroissement des vulnérabilités dans notre monde fortement globalisé et interconnecté. La pandémie de Covid-19 nous rappelle que la gestion du risque et de la continuité de l'activité doit encore évoluer, afin d'aider les entreprises à se préparer et à survivre aux événements extrêmes. Si la pandémie continue de toucher de plein fouet tous les pays du monde, nous devons aussi nous préparer à des scénarios de catastrophes "extrêmes" plus fréquents, tels qu'une panne de Cloud ou une cyber attaque à l'échelle mondiale, des catastrophes naturelles dues au changement climatique, voire l'apparition d'une autre maladie."

La crise de la Covid-19 continue de représenter une menace immédiate pour les personnes et les entreprises. C'est pourquoi elle devance aujourd'hui d'autres risques et remonte de 15 places pour se classer en deuxième position. Pendant les dix années d'existence du Baromètre des risques d'Allianz, le risque sanitaire n'avait jamais dépassé la 16e position et avait donc été nettement sous-estimé. En 2021, il se classe numéro un dans 16 pays et parmi les trois premiers risques sur tous les continents, ainsi que dans 35 des 38 pays permettant une analyse des dix principaux risques. Le Japon, la Corée du Sud et le Ghana sont les trois seules exceptions.

D'autres risques en hausse dans le Baromètre sont aussi, en grande partie, des conséquences de la pandémie, tels que les évolutions de marchés (n 4 avec 19%), les évolutions macroéconomiques (n 8 avec 13%), et les risques politiques (n 10 avec 11%). Les risques en baisse sont tous clairement écartés par les préoccupations liées à la pandémie : les évolutions législatives et réglementaires (n 5 avec 19%), les catastrophes naturelles (n 6 avec 17%), les incendies et explosions (n 7 avec 16%) et le changement climatique (n 9 avec 13%).

La pandémie, cause de perturbations actuelles et à venir

Avant la Covid-19, les interruptions d'activité avaient déjà occupé la 1e place du Baromètre à sept reprises. Aujourd'hui, elles reprennent la tête du classement, après avoir été supplantées par les incidents cyber en 2020. La pandémie montre que les interruptions d'activité extrêmes, à l'échelle mondiale, peuvent passer de l'hypothèse à la réalité, causant des pertes d'exploitation et des perturbations dans la production, l'exploitation et l'approvisionnement. 59% des sondés citent la pandémie comme la principale cause d'interruption d'activité en 2021, suivie des incidents cyber (46%), des catastrophes naturelles et des incendies et explosions (environ 30% chacun).

La pandémie s'ajoute à la liste croissante des scénarios d'interruption d'activité provoquant des dommages immatériels, comme les incidents cyber et les pannes d'électricité. "Les effets de la pandémie, telle la croissance du numérique, du télétravail, et de la dépendance des entreprises et des sociétés à la technologie, devraient accroître les risques d'interruption d'activité dans les années à venir, estime Philip Beblo, expert de l'équipe mondiale de souscription des assurances dommages chez AGCS. Les risques matériels traditionnels ne disparaîtront pas pour autant et doivent toujours être pris en compte dans la gestion du risque. Les catastrophes naturelles, les événements météorologiques extrêmes et les incendies restent les principales causes d'interruption d'activité pour de nombreuses entreprises. Nous continuons d'observer une tendance à l'augmentation de ces sinistres au fil du temps."

Face à l'augmentation de la vulnérabilité aux interruptions d'activité, de nombreuses entreprises souhaitent renforcer la résilience de leurs activités et réduire le risque sur leurs chaînes d'approvisionnement. Selon les personnes interrogées dans le Baromètre, les principales mesures adoptées consistent à améliorer le plan de continuité de l'activité (62%), à engager des fournisseurs remplaçants ou supplémentaires (45%), à investir dans des chaînes d'approvisionnement numériques (32%) et à renforcer la sélection et le contrôle des fournisseurs (31%). Selon les experts d'AGCS, de nombreuses entreprises ont constaté que leurs plans avaient été vite dépassés par l'ampleur de la pandémie. Le plan de continuité de l'activité doit être plus global, transversal et dynamique, suivre et évaluer les scénarios de sinistres émergents ou extrêmes. Il doit aussi être régulièrement mis à jour, testé et intégré dans la stratégie de l'entreprise.

Intensification des risques cyber

Même s'ils ne sont plus qu'à la 3e place du classement, les incidents cyber restent un risque majeur et plus souvent cité qu'en 2020. Ils figurent toujours parmi les trois principaux risques dans de nombreux pays, dont l'Afrique du Sud, l'Allemagne, le Brésil, l'Espagne, les États-Unis, la France, l'Inde, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni. La croissance du numérique et du télétravail, entraînée par la pandémie, accentue également les vulnérabilités informatiques. Déjà fréquentes, les attaques par ransomware causent des dommages de plus en plus importants, ciblant davantage les grandes entreprises avec des méthodes sophistiquées et des tentatives d'extorsion considérables, comme l'indique le récent rapport d'AGCS sur les tendances en matière de risques cyber.

"La Covid-19 a montré que les cyber-délinquants pouvaient s'adapter très rapidement et que le développement du numérique, accéléré par la pandémie, multipliait les opportunités d'intrusion avec en permanence de nouveaux scénarios de sinistres cyber, explique Catharina Richter, responsable mondiale du Centre de compétences cyber d'Allianz chez AGCS. Les hackers innovent en utilisant des scanners de vulnérabilités pour identifier les failles de sécurité, en attaquant les routeurs moins protégés ou même en créant des deepfakes (contenus médias truqués à l'aide de l'intelligence artificielle). Parallèlement, le durcissement de la réglementation sur la protection des données et de la vie privée se poursuit, et les amendes pour violation de données augmentent."

Risques en hausse ... et en baisse

Les évolutions de marchés se hissent à la 4e place du Baromètre des risques de cette année. La Covid-19 devrait ouvrir une période d'innovation et de perturbation sur les marchés, accélérant l'adoption de nouvelles technologies, les changements de la réglementation et la disparition de secteurs traditionnels et d'acteurs historiques, au profit de nouveaux concurrents. Les évolutions macroéconomiques montent à la 8e place et les risques politiques et la violence (n 10) reviennent dans le top 10 pour la première fois depuis 2018, preuve que les troubles civils, les manifestations et les émeutes constituent, pour les entreprises, un risque aussi important que le terrorisme. Le nombre, l'ampleur et la durée de nombreux événements récents, comme le mouvement Black Lives Matter , les manifestations anti-confinement et les troubles liés aux élections présidentielles américaines sont exceptionnels. Avec les conséquences socioéconomiques de la crise de la Covid-19, les troubles politiques et sociaux pourraient s'accroître dans de nombreux pays en 2021 et dans les prochaines années, notamment en Europe et en Amérique.

Les évolutions législatives et réglementaires descendent de la 3e à la 5e place en un an. "Il est possible que la pandémie ait freiné l'activité réglementaire, mais elle ne l'a pas paralysée ni même arrêtée estime Ludovic Subran, chef économiste chez Allianz. Bien au contraire, 2021 promet d'être très chargée sur le plan législatif et réglementaire, notamment dans les domaines de la protection des données et du développement durable." Par ailleurs, les catastrophes naturelles reculent de la 6e à la 4e place : 3e année consécutive sans événement de grande ampleur, comme l'ouragan Harvey en 2017, 2020 a néanmoins enregistré des pertes et des dommages considérables, consécutifs à une série d'événements de faible ampleur, tels que les incendies de forêts ou les tornades.

Le changement climatique baisse également, passant à la 9e place. La lutte contre le changement climatique n'en reste pas moins une priorité, puisque 2020 a été, ex æquo avec 2016, l'année la plus chaude jamais enregistrée. "Maintenant que la campagne de vaccination contre la Covid-19 est lancée, le changement climatique doit revenir à l'ordre du jour des conseils d'administration en 2021, souligne Michael Bruch, directeur mondial ESG chez AGCS. De nombreuses sociétés doivent adapter leur activité à un monde à faible émission de carbone et les gestionnaires de risques doivent être au coeur de cette transition."

Pour plus d'information sur les conclusions du Baromètre des risques 2021 d'Allianz, vous pouvez consulter les documents suivants :

*L'enquête annuelle sur les risques d'entreprise dans le monde, réalisée par Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS), analyse les opinions de 2 769 experts dans 92 pays, incluant des directeurs généraux, gestionnaires de risques, courtiers et assureurs.

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