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[Billet de Daf] Back to basics : prendre le temps

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[Billet de Daf] Back to basics : prendre le temps
© Franck Parisot

Pour être à l'écoute, anticiper, faire preuve de transversalité, le Daf doit être capable de prendre du recul. S'octroyer le temps de faire une pause devient un luxe nécessaire à la prise de hauteur et à la réflexion.

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En février dernier, lorsque j'ai participé, en tant qu'ancienne lauréate, à la matinée de rencontre des nominés pour le Trophée des Daf, l'une des questions posées aux candidats était : "Quelles sont aujourd'hui, selon vous, les capacités indispensables aux Daf ?" Dans leurs réponses, beaucoup ont parlé alors de la capacité d'adaptation, aux différentes sociétés, aux équipes, aux règles, aux régulations, aux actionnaires ... "Être en mouvement", avoir de l'écoute, du recul et de la transversalité pour donner du sens (aux collaborateurs, aux managers, voire au marché des capitaux) revenaient également. Mais comment pouvons-nous nous entraîner à la prise de recul, à l'adaptabilité et à donner du sens, à commencer par nous-mêmes ?

"Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin."

La réponse se trouve aussi dans les échanges de cette matinée : "Prendre du temps". Prendre le temps de réfléchir, d'anticiper, d'échanger pour travailler ses options avant qu'elles ne vous soient imposées. Prendre le temps d'aller à des conférences vous permettant de voir ce qui "se fait dehors", d'avoir des idées, de rencontrer des personnes au-delà de vos réseaux habituels. Donner du temps à une activité associative, pourquoi pas en lien avec votre métier, pour travailler votre visibilité et votre réseau. Prendre le temps de refaire le monde avec vos collègues des autres fonctions d'entreprise. Finalement, prendre le temps de confier des projets à vos collaborateurs en les accompagnant. Car, comme le dit le vieux proverbe africain, "tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin".

Pour moi, il s'agit bien de le "prendre" ce temps, et non pas de le "trouver". Si nous voulons pouvoir prendre un temps de réflexion, de pause, de recul, ce n'est pas en attendant de trouver 15 minutes dans une journée déjà overbookée. Il faut s'accorder sciemment des pauses : pour laisser aller ses pensées, pour vider le trop-plein, peut-être pour méditer ou pour faire émerger les idées qui ont besoin de créativité. Et la créativité a besoin d'espace, cet espace qu'est le temps. En ce moment, j'ai l'immense luxe d'avoir repris des études, qui plus est dans une discipline qui, à mon avis, est en train d'exploser : la dimension humaine du changement. Je me suis ainsi donné le temps de découvrir, de me remettre en question, d'acquérir de nouvelles compétences et de sortir de ma zone de confort "technique". J'ai aussi repris récemment la lecture d'un livre pour enfants, Momo de Michael Ende, que mon fils devait étudier à l'école. Momo est une petite fille qui a tout le temps du monde pour écouter, faire réfléchir, et faire éclore la fantaisie et la créativité des autres. Elle défie ainsi les hommes gris, ces voleurs et tueurs du temps. D'abord, du temps des adultes, puis de celui des enfants. Je vous souhaite de prendre le temps de (re)lire cette fable, elle finira par vous convaincre que Momo a raison ...

Réseauteuse passionnée, Susanne Liepmann est présidente de FiPlus, le méta-réseau des financiers d'entreprise. D'origine allemande, elle évolue au sein de groupes internationaux. Avant de reprendre ses études pour faire l'Executive Master in Change d'INSEAD, elle était Daf groupe d'Ethypharm, une ETI sous LBO.

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Susanne Liepmann, présidente de FiPlus

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