En ce moment En ce moment

DossierBrexit: I want to break free!

Publié par le

1 - En attendant THE Brexit

Après le référendum du mois de juin, les modalités de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne commencent à se préciser. Dans son discours du 17 janvier 2017, la Première ministre britannique Theresa May a dessiné les contours de cette rupture: c'est le scénario du Brexit "hard" qui se profile.

Acté par le choix populaire, le Brexit ne deviendra réalité au plus tôt qu'en mars 2019. De fait, le début du processus de retrait est annoncé pour fin mars 2017. Une échéance qui pourrait ne pas être tenue en cas d'obligation de ratification par le parlement ­britannique, puisque le 3 novembre dernier, la Haute Cour du Royaume-Uni, arguant de ce que "the most fundamental rule of the UK constitution is that Parliament is sovereign", a jugé que le gouvernement britannique ne pouvait déclencher la notification officielle du retrait de l'Union européenne (article 50 du Traité de Lisbonne) sans un vote du Parlement.

Et quelle que soit la date du déclenchement du process, la plupart des experts tablent sur environ deux ans de négociation avant que de parvenir à un accord. Alors oui, le Brexit dans sa forme concrète peut faire penser au Godot de Beckett. En l'attendant, il faut gérer l'incertitude.

Risque de change: les Daf se préparent!

Et même si le retrait n'est pas encore effectif, l'impact du référendum a été immédiat sur le cours de la livre sterling. Première urgence pour les Daf français travaillant avec le Royaume-Uni.

Patrick Lecapitaine, Daf du groupe Maisonneuve, et Caroline Barbery, group CFO chez Teads, l'affirment de concert: "Avant les résultats du référendum britannique, les banquiers étaient certains que le "Remain" l'emporterait. Paradoxalement, ils n'étaient pas prêts à assumer le risque de la dépréciation de la livre sterling!"

Pour Patrick Lecapitaine, la problématique était de couvrir le risque de change jusqu'au début 2017. "Couvrir le risque à 100% sur cette période a été très compliqué, témoigne Patrick Lecapitaine. Les négociations ont duré jusqu'à 18 heures la veille du référendum où nous avons finalement obtenu la couverture de 70% de nos besoins seulement."

Quant à Caroline Barbery, elle souhaitait obtenir une couverture du bilan de Teads. "Je n'ai pas besoin de couvrir le compte de résultat, les charges étant en livre sterling, elles sont couvertes automatiquement, précise-t-elle. Malheureusement, le coût de la couverture auprès des banques et des salles de marché était rédhibitoire à cette époque-là. Sur les douze prochains mois, les salles de marché anticipent une stabilité de la devise britannique puis une parité avec l'euro, base que nous avons retenue pour nos budgets. Si le pire est derrière nous, j'ai néanmoins opté pour une couverture de change au niveau du bilan."

La rédaction

Camille George,<br/>rédactrice en chef Camille George,
rédactrice en chef

La Lettre de la Rédac

Chaque semaine, l'essentiel de l'actu

La rédaction vous recommande

Sur le même sujet