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Transfert industriel : bien plus qu'un déménagement !

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Transfert industriel : bien plus qu'un déménagement !

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Un pari financier ?

Déménager son entreprise est l'occasion rare d'impulser un nouvel élan. Toutefois, cela peut représenter un risque financier qu'il convient d'évaluer en mesurant les coûts et les gains générés (loyer, charges de fonctionnement, impôts locaux, travaux, transfert...). " Changer de locaux nécessite souvent de réaliser des travaux d'aménagement comme d'ajouter ou d'ôter des cloisons ou, plus coûteux, de changer le transformateur électrique par exemple, voire de devoir mettre en conformité ses installations avec les dernières normes en vigueur ", illustre Alexandre Duparc.

Le coût d'un transfert varie selon l'activité de l'entreprise, la typologie de ses équipements et selon sa durée. " Il n'y a aucun standard ; le coût est fonction du cahier des charges communiqué par le client, de la superficie des installations à transférer, de la technicité demandée ou encore de la distance et des contraintes de planning ", estime Franck Beauvais, directeur commercial groupe chez Bovis. Un transfert en une seule opération peut être économiquement plus intéressant, à condition que les pertes liées à l'arrêt de production ne viennent pas entacher le coût final.

Le mieux est de le planifier pendant la fermeture annuelle de son site ou, à défaut, pendant la période d'activité la plus creuse. Un transfert en plusieurs phases peut être un moyen d'assurer une continuité d'activité. Cela peut consister à n'entamer le second transfert qu'une fois le niveau de qualité antérieur de la première ligne de production retrouvé, par exemple. Dans ce cas, " il faut réfléchir à un croisement des flux qui ne compromet pas la sécurité des opérateurs en poste ni le bon déroulé des opérations, tout comme il faut veiller à protéger les sites ; les conséquences d'un éventuel incident étant démultipliées dans le cadre d'un transfert industriel ", recommande Laurent Lacour. Autre solution : s'inscrire dans une surproduction les mois qui précèdent le déménagement pour disposer de stocks suffisants. Ou recourir à la sous-traitance pour ne pas risquer de perdre des marchés.

Une sélection multicritère

Sur le marché, les transféristes sont plutôt nombreux ; certains allant jusqu'à proposer des transferts d'usines "clés en main". Pour leur sélection, assurez-vous de leur expérience dans votre domaine d'activité, de leur sens de l'écoute, de leur capacité financière et de leur taille. " Attention aux prestataires qui confondent transfert industriel et manutention ", met en garde Franck Beauvais. Sachez que les gros chantiers sont fréquemment réalisés en cotraitance. Dans ce cas, faites-vous préciser le montage prévu. De même, les ressources humaines et matérielles allouées aux opérations doivent être dimensionnées à vos besoins. " Si vous avez des machines de taille modeste, le matériel de manutention réquisitionné est assez standard. Par contre, s'il s'agit de déplacer une ligne de production, il est parfois nécessaire de recourir à un convoi exceptionnel ", informe Aimé Pascal.

Les certifications (ISO 90001, ISO 14001, OHSAS 18001...) sont aussi un gage de sérieux à prendre en compte. Les garanties offertes en cas de dommages, manquements ou vols pendant un transfert sont un critère à ne pas non plus négliger. Enfin, le prix reste bien évidemment un critère de choix. " Méfiez-vous de l'offre la moins-disante, son propriétaire pouvant avoir omis des éléments ou négligé une phase de préparation ", avertit Franck Beauvais.

Lire la suite en page 3 : (Témoignage) - " L'équipe projet-achats a coconstruit le cahier des charges avec les transféristes "

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Fanny Perrin d' Arloz

Camille George,<br/>rédactrice en chef Camille George,
rédactrice en chef

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