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Hausse de trésorerie : que vont faire les entreprises françaises de toutes ces liquidités ?

Publié par Eve Mennesson le | Mis à jour le
Hausse de trésorerie : que vont faire les entreprises françaises de toutes ces liquidités ?
© manipulateur - Fotolia

D'après les experts Euler Hermes, les réserves de liquidités des entreprises françaises ont augmenté de 184 milliards d'euros en 2020. La question est désormais de savoir si cette trésorerie va servir à investir, pour voir l'économie française redémarrer en 2021.

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Les aides de l'État pour traverser la crise ont permis aux entreprises françaises d'étoffer leur trésorerie : d'après Euler Hermes, les réserves de liquidités auraient cru de 184 milliards d'euros en 2020. Mais qu'est-ce que cette somme va permettre de financer ? Les investissements vont-ils eux aussi repartir à la hausse ?

Croissances externes

D'après Ana Boata, directrice des recherches macro-économiques chez Euler Hermes, cette augmentation de la liquidité va permettre, à court terme, de payer certaines charges et impôts qui ont été décalés. "Nous estimons qu'en France, 66 milliards d'euros devront être remboursés en 2021", rapporte Ana Boata. Par ailleurs, les entreprises sont un peu en retard sur la refonte de leur stock.

Mais malgré ces dépenses, un excédent de trésorerie sera bel et bien présent en 2021. Pour Ana Boata, il sera en premier utilisé pour financer des opérations de croissance externe. "Certaines entreprises ont fortement augmenté leur ratio d'endettement, ce qui va dans certains cas se solder par un besoin d'absorption", analyse Ana Boata. Des opportunités vont donc se présenter.

Autre utilisation de cet excédent de trésorerie : la modernisation de l'appareil productif. Ana Boata pense que certaines entreprises vont ainsi investir dans de nouvelles machines pour augmenter l'automatisation.

Quelles mesures gouvernementales ?

La question est désormais de savoir si le gouvernement va mettre en place des mesures pour favoriser ces investissements : Ana Boata donne l'exemple du Royaume-Uni qui prévoit un sur-armortissement des investissements sur les deux prochaines années.

Ces mesures gouvernementales pour favoriser l'investissement des entreprises et initier la reprise seront d'autant plus importantes que, malgré leur trésorerie importante, les entreprises peuvent s'enfoncer dans un certain attentisme, par manque de visibilité.

Ana Boata propose une autre piste, là encore observée Outre-Manche : faire évoluer les PGE pour financer la reprise. "Les banques peuvent se montrer frileuses vis à vis de certains secteurs fortement touchés par la crise. Des prêts garantis par l'Etat permettraient de lever ces craintes", pense Ana Boata.

De fortes disparités

L'excédent de trésorerie observé est en effet très inégalement réparti : Euler Hermes estime qu'il est fortement présent dans le secteur manufacturier et, dans une moindre mesure, dans la construction. Mais dans les secteurs à l'arrêt, comme l'hôtellerie-restauration et les loisirs, les finances ne sont pas à la fête et il va falloir trouver des solutions pour compenser les pertes de chiffre d'affaires. "Une hausse temporaire des prix est à craindre, d'autant plus que l'épargne des Français est importante", note Ana Boata.

La directrice des recherches macro-économiques chez Euler Hermes conseille également au gouvernement de ne pas stopper les mesures de soutien trop tôt. "Sinon la reprise sera de très courte durée", tranche-t-elle. L'année 2021 sera en effet une année de transition, avec un début de sortie de crise, mais certainement très timide.


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