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Il y a une vie après la finance... portraits de Daf reconvertis : Laurence Kermorgant

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Il y a une vie après la finance... portraits de Daf reconvertis : Laurence Kermorgant

A 54 ans, Laurence Kermorgant est, depuis un an, rédactrice web SEO. Une reconversion réussie après toute une carrière dans la finance.

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" Vous m'avez trouvée sur Internet? Alors c'est que j'ai bien fait mon job ! ", sourit Laurence Kermorgant, depuis sa maison du Morbihan où elle a aménagé confortablement son bureau. Depuis un an tout juste, elle est rédactrice web SEO freelance. Un virage à 180 degrés qui a fait basculer la quinquagénaire, en quelques mois, d'une tumultueuse carrière de directrice financière à la rédaction d'articles web pour des sites internet d'entreprises, de start-ups, ou pour le compte d'agences et de plateformes spécialisées.

Une carrière dense

"J'aurais probablement déjà dû changer d'orientation il y a 10 ans mais j'ai poursuivi mon chemin sur un rythme effréné, j'ai enchainé les postes à responsabilité, je me suis enfermée dans une spirale infernale qui me tuait à petit feu", raconte Laurence Kermorgant, avant d'égrener la succession des postes auxquels elle s'est frottée depuis la fin de ses études. D'abord comme analyste crédit en banque, commissaire aux comptes, puis en entreprises à différents niveaux de responsabilité. Pêle-mêle, elle a ainsi enchaîné des missions de responsable puis directrice du contrôle de gestion dans un grand groupe de la volaille, de responsable du contrôle de gestion puis Daf d'une grosse PME de l'agroalimentaire avant de changer complètement de secteur pour intégrer un grand groupe américain métallurgiste comme adjointe au Daf. "J'avais alors 20 personnes sous ma responsabilité. Au bout de quatre ans, j'ai saisi, au sein de ce même groupe, l'opportunité d'un poste de directrice de filiale en Argentine. Cela a été l'aventure professionnelle de ma vie. J'ai été projetée dans une culture sud-américaine dont j'ignorais tout, après avoir appris l'espagnol en deux mois. La corruption ouverte, une administration tentaculaire, le machisme etc...", se souvient l'ex-Daf. Moins de deux ans plus tard, la décision est prise de fermer la filiale, Laurence Kermorgant doit gérer les licenciements "selon le droit argentin", dans une grande solitude morale.

Au retour d'Argentine, elle décide de quitter le groupe et intègre une autre structure. Mais la période est douloureuse, elle tombe malade. "Mon corps me faisait comprendre mes limites. Les médecins m'incitaient au calme et à un travail moins engageant mais je ne les ai pas écoutés et j'ai continué d'enchainer des postes à responsabilités".

Le déclic

Finalement, 2020 aura été l'année de trop pour Laurence Kermorgant, celle qui lui donnera enfin les ailes pour changer de voie. Elle négocie son départ et décide, en moins de 15 jours, de sa nouvelle orientation professionnelle. "J'ai cherché un métier que je pouvais exercer comme freelance, de chez moi. J'aimais beaucoup rédiger, d'où cette idée de la rédaction web SEO. J'ai suivi les formations adéquates, je me suis beaucoup informée et je me suis lancée en créant ma micro-entreprise en avril 2021". Elle convainc rapidement un premier client, puis deux, puis trois. "J'ai fait la connaissance d'un contrôleur de gestion qui s'était lui aussi lancé sur cette orientation et qui travaillait beaucoup sur des articles en lien avec la finance. Il m'a mis le pied à l'étrier. Résultat : aujourd'hui, je suis très sollicitée sur ces sujets". Facturation, automatisation, digitalisation, crédit bancaire, sont ses sujets du quotidien. Non plus comme opérationnel comme autrefois, mais comme rédactrice.

Parmi ses clients : la licorne Spendesk par exemple (solution de gestion des dépenses des collaborateurs) pour qui elle rédige un article par semaine. "Au départ, je ne souhaitais pas travailler dans ce secteur, je ne voulais plus parler finance mais j'ai compris l'ampleur du besoin. Je n'ai plus envie de monter un budget mais je reconnais que j'apprécie d'écrire sur des sujets que je connais".

Grâce à cette spécialisation, elle est plus productive, plus efficace. Elle le sait et le mesure d'ailleurs très précisément, en capitalisant sur ses réflexes de Daf : tableaux de bord, calcul de la rentabilité horaire, etc. Résultat : "je suis déjà, au bout d'un an, à mon prévisionnel de mon année 3...". L'ex-Daf dit ne rien regretter de sa vie d'avant et ne reviendrait pour rien au monde dans le salariat.

Depuis sa maison du Morbihan, elle travaille seule, à son rythme. 45 à 50 heures par semaine tout de même, mais bien moins que le rythme des 80 heures auquel elle était habituée.

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