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Chaires d'entreprises : elles ne sont pas réservées aux grands groupes

Publié par Maëlle Becuwe le

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Des avantages fiscaux

Mais pour profiter de tous ces avantages, construire ou s'intégrer à une chaire d'entreprise demande une contribution non négligeable de votre part. "Cela suppose des ressources financières et humaines que les PME n'ont pas, souligne Jean-Pierre Gérault. Vous devez donc vous associer à d'autres acteurs, petites ou grandes entreprises, pour y accéder". En effet, il faut compter, pour ce type de partenariat, entre 200k€ à plusieurs et 500k€ par an, en fonction de l'ambition du projet.

Et, en plus d'être important, cet investissement représente un engagement sur le long terme car les contrats s'étendent en général sur des durées de trois à cinq ans. Lorsqu'une entreprise en bonne santé se décide à investir dans une chaire, elle a donc l'obligation d'assurer son financement même en cas d'année difficile ou d'aléas de trésorerie. Mais surtout, elle ne doit pas compter sur un retour sur investissement à court terme.

"Le concept même de la chaire est qu'il n'y a pas de contrepartie, pas de brevet, rappelle Laura Fioni. Il s'agit exclusivement de recherche fondamentale et ce n'est que plus tard, avec du recul, que l'entreprise y trouve des bénéfices pour ses applications." C'est sous cette condition que les chaires entrent dans le cadre du mécénat.

Pas de contreparties négociables dans le contrat, donc, mais un régime fiscal avantageux à la clé. "En tant que mécène, l'entreprise profite d'une réduction d'impôt de 60 % de la somme versée au titre du partenariat, dans la limite de 0,5% de son chiffre d'affaires", précise Vincent Lemaire, président du comité Mécénat de l'Ordre des experts-comptables. Un ultime intérêt pour vous encourager à sauter le pas, et à ne pas laisser aux grands groupes l'exclusivité de ces partenariats.

Le témoignage de Franck Mosser, directeur général de MGDIS

La logique à court terme n'est pas rentable, il faut de la persévérance

"Il y a de la ressource à l'université, de l'intelligence qu'on ne doit pas ignorer dans sa démarche d'innovation". Tel est le credo des dirigeants de MGDIS, éditeur breton de solutions de pilotage de l'action publique. Proches de l'Université de Bretagne Sud depuis de nombreuses années, ils ont, en 2012, créé, avec sept autres acteurs publics et privé, la chaire Connaissance et action territoriale. Le but : développer des méthodologies et des modèles de corrélation des données afin d'éclairer et d'améliorer les décisions publiques. "Il s'agit de mécénat. Nous finançons les recherches sans, a priori, rien attendre en retour", précise Franck Mosser, le directeur général. Toutefois, l'entreprise en tire bien évidemment des avantages. En termes d'image, en communicant sur son action auprès de ses clients, partenaires et collaborateurs et en devenant, ainsi, une entreprise impliquée dans son territoire. Mais aussi en insufflant une nouvelle dynamique dans la culture d'entreprise, dans l'état d'esprit de ses équipes, tournées vers l'innovation. Des bénéfices qui, malgré un investissement de 50 k€ par an qui n'a pas encore rencontré de retour économique direct, l'ont poussé à renouveler sa démarche pour les trois années à venir. Avec, à la clé, des produits concurrentiels en préparation qui devraient sortir d'ici 18 mois. "Soit quatre ans et demi après la création de la chaire, ce qui peut paraître long, reconnaît le dirigeant. Mais le faire dans une logique financière à court terme n'est pas rentable, et c'est de l'argent gaspillé. Il faut de la persévérance."

Fiche repères: Editeur de logiciel/Vannes(Morbihan)/Jean-Marc Bienvenu, 61 ans et Franck Mosser, 51 ans/SA à conseil d'administration/Création en 1983/105 salariés/CA2014 7,2M€

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Maëlle Becuwe

Maëlle Becuwe

Journaliste

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