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Management: la génération Y (et bientôt Z) transforme les directions financières

Publié par Eve Mennesson le

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Des accélérateurs de transformation pressés d'évoluer

"Les collaborateurs de la génération Y sont confrontés dès le départ et plus que nous à un monde déstructuré, pense Philippe Denery. Cela accélère les transformations, avec plus d'agilité et de réactivité." C'est "l'esprit start-up", qui prend de l'ampleur sous l'impulsion de cette nouvelle génération, augmenté par l'accessibilité du travail à distance grâce aux nouvelles technologies. De nombreux grands groupes, taxés d'inertes par les jeunes de la génération Y, créent donc des cellules "d'agilité" pour les aider à épanouir leur esprit entrepreneurial et leur créativité.

D'autant plus que les 21-33 ans ont beaucoup à apporter. Ne serait-ce qu'au niveau du digital, pour lequel ils ont une appétence naturelle et qu'ils font plus facilement adopter par les entreprises. "Mais l'enjeu, pour une direction financière, est de remettre une bonne dose de structure et de rigueur dans cet environnement-là", tempère Philippe Denery. Les entreprises, de manière générale, et les directions financières, plus spécifiquement, doivent laisser de la liberté à ces jeunes collaborateurs tout en les cadrant. Un peu comme le préconise la parentalité bienveillante, une manière d'éduquer ses enfants dont beaucoup de jeunes des générations Y et Z ont bénéficié.

Autre caractéristique prégnante des collaborateurs de la génération Y: l'envie d'évoluer, et rapidement. En bref, ils sont pressés. La faute au tumulte technologique dans lequel ils ont grandi, où tout est disponible, tout de suite? Quoi qu'il en soit, ils n'imaginent pas ne pas évoluer. L'enquête d'Universum révèle que la stagnation à un même emploi est une inquiétude soulignée par les jeunes diplômés avec expérience professionnelle de la tranche d'âge 21-33 ans: 53% d'entre eux ont répondu qu'ils avaient "peur" ou "très peur" de stagner sans perspectives d'évolution dans leur emploi. Un sentiment partagé par 47% des membres de la génération X (34-52 ans) interrogés.

"Les jeunes de la génération Y veulent tout très vite, ils sont très ambitieux", estime Fabien Dawidowicz, qui rapporte que le jeune contrôleur de gestion qu'il vient d'embaucher aspirait au poste de Daf au bout de seulement un mois. "Je leur dis de prendre le temps d'évoluer", déclare le Daf de John Paul, un brin agacé. Quoi qu'il en soit, le management de carrière étant important pour eux, les managers doivent prendre cette dimension au sérieux et imaginer pour eux, en accord avec les salariés en question et les ressources humaines, un véritable parcours professionnel qui les rassurera. Les formations, également, sont sollicitées. À condition qu'elles correspondent aux aspirations des collaborateurs.

"Les jeunes de la génération Y veulent tout très vite, ils sont très ambitieux" Fabien Dawidowicz, Daf de John Paul

Un rééquilibrage vie pro / vie perso difficile à accompagner

Fabien Dawidowicz souligne d'ailleurs que malgré son envie d'évoluer en brûlant les étapes, cette génération Y a mis un coup de pied dans la fourmilière sur l'équilibre vie professionnelle / vie privée: la vie personnelle est pour eux tout aussi importante que leur carrière. "Ma génération voyait son travail comme la possibilité d'avoir à manger et un toit. Ils abordent tout cela de manière plus légère", considère Fabien Dawidowicz. Et ils n'hésitent pas à quitter une entreprise qui ne leur plaît pas, qui leur demande de sacrifier leur vie privée... Même s'ils ne savent pas de quoi demain sera fait.

Ils aspirent de toute façon à créer leur propre entreprise, une sorte de graal, selon l'étude Universum: les étudiants interrogés sont plus d'un sur quatre à aspirer à l'entrepreneuriat. C'est d'ailleurs en partie à la génération Y que l'on doit la vague des start-uppers de l'économie collaborative et de l'ubérisation.

En outre, les grandes entreprises privées intéressent moins les jeunes, ainsi que le secteur public. Seuls 10 à 12% des trois générations (X, Y et Z) pensent à travailler pour une grosse organisation privée et 4 à 6% pour une entreprise publique. Ils voient toujours en ces organisations une source de sécurité financière, mais aussi une certaine inertie. Une génération qui incite donc les entreprises à plus de flexibilité. Et, selon Sabine Bechelani, la génération qui suit sera encore plus indépendante: "Les collégiens d'aujourd'hui aspirent tous à devenir chef d'entreprise", note-t-elle. Les entreprises et directions financières de demain devront savoir répondre à cette soif d'autonomie.

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