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Se fournir en Argentine : oui, mais...

Publié par Eve Mennesson le

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Inflation et infrastructures: les points noirs

Si l'environnement des affaires s'améliore, les infrastructures ne sont, de leur côté, pas suffisamment performantes. En effet, pour réduire le déficit du pays, le gouvernement a coupé les investissements dans l'énergie et les transports, ce qui a engendré de nombreuses manifestations. Le pays est donc encore fortement instable socialement.

L'inflation moyenne en Argentine
sur l'année 2016
était de 40%.

Le gros point noir de l'Argentine reste toutefois l'inflation, dont la moyenne sur l'année 2016 était de 40 %. Cela devrait s'améliorer en 2017, avec des prévisions autour de 20/25 %. Mais cela se fait au détriment du peso argentin, fortement dévalué. Conséquence: la monnaie ne vaut pas grand-chose et est très instable. "Il faut bien garder à l'esprit qu'il y a un risque de taux de change important en Argentine", avertit Patricia Krause. Il existe une monnaie alternative, le blue dollar, qui a été créée afin de pouvoir transformer le peso en devises étrangères et réciproquement (ces opérations étant interdites sous le gouvernement précédent). Parfois utilisée par les entreprises, elle est également très instable. "Travailler en pesos argentins, c'est prendre un risque insensé. Et le blue n'a aucune valeur. Mieux vaut le faire en dollars et en euros", conseille Philippe Boncenne.

Les prix sont également problématiques du côté du secteur agroalimentaire, puisqu'ils dépendent des cours de matières premières agricoles. L'agroalimentaire est pourtant le secteur le plus intéressant pour qui veut se fournir en Argentine. Viande, lait, soja, maïs, blé, vin... les exportations agricoles représentent près de 60% du total des ventes à l'export du pays. Cela devrait continuer, et les entreprises françaises auraient tort de ne pas profiter des richesses naturelles de ce pays. À condition de se couvrir.

Parole de Daf !

Depuis 2010, Sylvie Forero est la directrice administrative et financière du groupe H. Triballat (marque Rians), lequel comptait jusqu'à fin 2013 une filiale en Argentine, cédée depuis à une entreprise locale. Elle délivre ici quelques conseils pratiques tirés de son expérience de ce pays.

Sylvie Forero, Daf du groupe H. Triballat

Tout d'abord, elle conseille de constituer des sociétés intermédiaires pour traiter avec des partenaires argentins, afin d'éviter à tout prix que la maison mère soit impliquée dans un litige avec une entreprise argentine, sous peine de ruiner l'entreprise tout entière. Face au manque d'informations fiables sur les entreprises argentines, Sylvie Forero incite à s'intéresser avant tout à la réputation du partenaire envisagé: "Il faut chercher à comprendre quelles sont ses pratiques, ses process, s'assurer qu'il ne connaît pas de difficultés et bien sûr, qu'il n'est pas en redressement."

Elle pense qu'il peut également être utile d'aller sur place, de se montrer. Malgré ces précautions, il ne faut pas s'attendre à ce que les relations commerciales soient les mêmes qu'avec des partenaires français. Même s'ils sont culturellement proches de nous, ils ne travaillent pas comme nous. "Habitués à vivre dans l'incertitude, les Argentins prennent des décisions du jour au lendemain", constate Sylvie Forero. Cette incertitude est également de mise dans l'Administration, où les choses peuvent prendre beaucoup de temps ou être décidées subitement. "L'Administration non seulement n'est pas fiable, mais elle est également très lourde, se souvient Sylvie Forero. Il y a une forte bureaucratie."

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