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Une carence en formation

L'étude AFDCC/Hays rapporte que 51% des credit managers sont issus de formations universitaires et 21% d'écoles de commerce. Des études généralement à composante financière mais qui ne comportent pas forcément de volet dédié au credit management. Pendant longtemps, seule l'AFDCC a proposé une formation qualifiante dédiée au credit management. Petit à petit, des universités se sont intéressées à cette fonction, comme Montpellier Business School qui propose depuis une quinzaine d'années une spécialité très complète en credit management. L'IAE de Rennes vient de lancer, à la rentrée 2017, un master 2 en credit management.

Des exemples de formations malheureusement trop rares: en devenant de plus en plus stratégique, la fonction de credit management mérite des formations dignes de ce nom. "Les perspectives du métier méritent une réflexion, notamment sur l'adaptation des nouveaux outils au métier, sur la réglementation... C'est également une profession qui a besoin d'une plus grande dominante commerciale, pas au sens prospection mais relation client", souligne Ludovic Bessière. Davantage de formations regroupant l'ensemble de ces thèmes seraient donc les bienvenues pour préparer les credit managers aux enjeux qui seront les leurs dans le futur.

Les salaires

Comme pour toute fonction, le salaire du credit manager varie en fonction de l'expérience. Ainsi, un credit manager junior gagnera entre 35000 et 50000 euros bruts annuels tandis que la rémunération d'un credit manager plus expérimenté peut atteindre 70000 euros bruts annuels. Quelques disparités sont également constatées en fonction du chiffre d'affaires de la société (selon l'étude AFDCC/Hays, 41300 euros bruts annuels en moyenne pour les credit managers de sociétés dont le chiffre d'affaires est inférieur à 15 millions d'euros contre 63 600 euros bruts annuels en moyenne pour les credit managers de sociétés dont le chiffre d'affaires est supérieur à 800 millions d'euros) et de la zone géographique de l'entreprise (57000 euros bruts annuels pour Paris et sa région contre 45000 pour le Sud-Ouest).

Une part de cette rémunération est variable pour les trois quarts des credit manager, notamment à travers des primes sur objectifs individuels (79%) et sur objectifs communs (52%). Le fait que plus de la moitié des credit managers interrogés par l'AFDCC et HAYS soient incentivés sur des objectifs communs montre que le credit manager n'est vraiment plus un acteur oeuvrant dans son coin mais qu'il occupe bien une fonction transverse.

Doucement mais sûrement, de nouvelles formes de credit manager apparaissent

Sandrine Daujat, credit manager à temps partagé

Comme Sandrine Daujat, credit manager à temps partagé. Une façon d'offrir aux PME qui n'ont pas les moyens d'embaucher un credit manager à temps plein les mêmes services dont bénéficie un grand groupe. Sandrine Daujat a d'ailleurs longtemps travaillé dans un grand groupe avant de se lancer comme credit manager indépendante. Et elle intervient aujourd'hui essentiellement auprès de PME. "Je vulgarise les méthodes des grands groupes pour les mettre aux services de plus petites structures qui n'ont pas les mêmes moyens techniques et humains", décrit-elle. Si les entreprises la contactent bien souvent pour des missions de recouvrement, elle arrive petit à petit à les amener vers d'autres sujets. "Une fois les relances effectuées pour récupérer les créances, je détecte de nombreuses imperfections : contractualisation, facturation, suivi des litiges, etc. Mais les PME ne savent pas toujours ce qu'est le credit management et je dois faire de la pédagogie", rapporte Sandrine Daujat.

Son objectif est de moins être dans le curatif et de mettre en place des process de qualité afin de réduire les litiges et donc les besoins en recouvrement. Elle doit pour cela convaincre les directeurs généraux des structures dans lesquelles elle intervient. "Je fais mes preuves avec des actions très pragmatiques et, une fois en confiance, ils sont plus ouverts pour lancer des projets plus structurants", explique Sandrine Daujat. Il lui arrive par exemple de réaliser des audits sur la gestion du poste client afin d'éliminer les récurrences. Elle forme également le personnel au credit management et met en place des indicateurs utiles et faciles à suivre. "Mais rien ne peut se faire sans confiance", insiste-t-elle.

Ève Mennesson

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