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[Carrière] Daf, avez-vous le profil pour devenir CEO?

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20% des CEO qui sont à la tête des PME et ETI familiales ont exercé, auparavant, la fonction de directeur financier. Ces structures présentent de belles opportunités pour les Daf en quête d'évolution, mais quelles sont les qualités requises pour accéder à la direction générale?

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Daf, et après?

À n'en pas douter, Daf est un beau métier. Mais pour certains profils, cette fonction reste une étape vers des responsabilités de direction générale où tout leur potentiel va pouvoir s'affirmer. Pour ce type de poste, les PME et ETI familiales offrent de belles opportunités. Quel est le profil qui saura convaincre un recruteur, qu'il soit le dirigeant en place, l'actionnaire (souvent familial) ou le conseil spécialisé en ressources humaines?

L'incontournable passage par les grands groupes

L'expérience acquise au sein de grands groupes sera un prérequis au recrutement d'un Daf éligible au poste de DG. Elle garantit que le candidat a intégré des process sophistiqués et standardisés. Un premier passage dans une ETI ou une PME familiale, si possible, permet aussi de s'assurer que la greffe d'un tel profil peut prendre en-dehors des blue chips.

Un stratège apte à transformer l'entreprise...

Une certaine polyvalence, avec de solides connaissances voire une expérience en matière juridique, RH, fiscalité, achats (domaines où le CFO aura entretenu des échanges et relations tout au long de sa carrière), s'avère indispensable. Le CFO est également attendu sur sa compétence en matière d'innovation et de prise d'initiatives : on ne recrute plus ce genre de profils à fort potentiel pour restructurer, mais véritablement pour transformer. Le candidat doit pouvoir présenter des expériences en matière de transformation et des compétences en termes de business model, de stratégie...

... et accompagner sa croissance!

Dans les ETI et PME, l'international n'est plus une option mais un prérequis. Un minimum de 4-5 ans d'expérience à l'étranger ou dans un environnement international est attendu. De même, des compétences en stratégie de fusions-acquisitions ainsi que des connaissances du secteur d'activité de l'entreprise et ses enjeux seront un plus. En effet, les ETI familiales se projettent de plus en plus vers des croissances externes, en France comme à l'étranger.

Du leadership avant toute chose

Idéalement, le Daf cherchant à accéder au poste de DG affichera une expérience à la tête d'une business unit, ainsi qu'une connaissance d'une autre activité que la seule finance. Il aura déjà assumé des responsabilités de direction générale (DGA finance ou DGA), bref, un profil proche du business. Outre la polyvalence, on attendra de lui une réelle capacité à prendre de la hauteur, être visionnaire et en mesure de définir une stratégie, aller de l'avant, avoir de l'audace. En résumé, faire preuve d'agilité dans un environnement volatil...

Et un soupçon de diplomatie!

En attendant de devenir CEO, le CFO doit jouer le parfait binôme avec le dirigeant en place. Il devra ainsi savoir intégrer les valeurs de la société familiale: ses compétences en matière de finances, de KPI ou de stratégie sont importantes, mais les valeurs familiales ou la vision de long terme le sont tout autant. Et souvent, la succession, préparée longtemps en amont, peut s'avérer complexe entre la volonté du fondateur et la réalité de l'exercice du pouvoir. Dans la plupart des cas, la famille dirigeante cherche un leader capable de porter les couleurs du groupe et en mesure de gérer intelligemment les relations investisseurs, mais elle a aussi besoin - au moins dans un premier temps - de quelqu'un qui suive les instructions. Ce n'est donc pas la moindre des qualités requises que la diplomatie et la capacité à "ronger son frein" face à un actionnariat familial qui risque de lui transmettre le pouvoir progressivement...

Les grandes écoles, un ticket d'entrée exigé

Avec le temps, on constate également chez les recruteurs une demande de plus en plus insistante sur la qualité du cursus scolaire des recrues aux postes de management. Les études de premier plan (grandes écoles de commerce, doublées souvent d'une expertise comptable, voire d'un MBA et d'une "formation en audit" au sein d'un grand cabinet) ont la priorité.

Pour classiques qu'ils soient, ces éléments ne sont pas à prendre à la légère : ils sont souvent cités parmi les premiers critères de sélection (probablement en France plus qu'ailleurs) dans les recrutements de CFO-CEO des grosses PME et ETI. La qualité de ces profils est supposée garantir la capacité de la recrue à développer ses qualités au-delà du seul domaine financier et à devenir un véritable dirigeant d'entreprise.

L'auteur: Danielle Nassif, Principal au cabinet Kienbaum

Principal en charge des fonctions financières au sein du bureau parisien de Kienbaum (cabinet international en ressources humaines), Danielle Nassif (EDHEC) a commencé sa carrière comme analyste crédit dans le Groupe Crédit Agricole à Paris et Beyrouth. Elle s'oriente ensuite vers une carrière dédiée au recrutement en passant notamment par Korn/Ferry International à Paris et Londres puis Heidrick & Struggles Paris avant de rejoindre Kienbaum en 2012. Elle travaille notamment pour les directions financières de grands groupes et PME, de grandes banques internationales, des institutions financières, des sociétés de gestion d'actifs et des chambres de compensation.

>> À lire aussi, notre dossier "Il y a une vie après la Daf"

Danielle Nassif

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