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Les entreprises disposent de solutions pour réaliser leurs ambitions en matière d’investissement

Publié par Thierry Fautré le - mis à jour à

L’industrie manufacturière est une composante importante de l’économie nationale, sa force résidant dans son haut degré de spécialisation et de sophistication. Pour défendre leur position, les entreprises françaises doivent affirmer leur volonté d’investir dans des technologies novatrices, génératrices de gains de productivité, d’une manière qui soit pérenne sur le plan financier.

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L’activité du secteur manufacturier français, si elle est loin d’être au beau fixe, se rapproche néanmoins de la croissance, l’indice PMI affichant 48,8 points en mars après 47,6 en février[1]. Au niveau européen, ce dernier passe de 51 à 52 points[2], marquant ainsi un développement de l’activité et reflétant la confiance, certes relative mais toutefois affichée, des acheteurs européens. Interrogés en janvier 2015, les chefs d’entreprise de l’industrie manufacturière française estiment ainsi que leur investissement a augmenté de 2% en 2014 et revoient leur prévision à la hausse en 2015 avec 3%[3].

Certes l'activité industrielle tourne au ralenti, mais il existe bel et bien des facteurs de développement positifs, notamment dans l’industrie manufacturière. Son poids dans l’économie française se monte à plus de 800 milliards d’euros par an et se traduit par une forte compétitivité au sein de secteurs à forte valeur ajoutée. Le secteur automobile est ainsi le plus gros contributeur à la balance commerciale extérieure de la France. Dans le secteur de l’aéronautique, les entreprises françaises ont acquis au fil du temps un haut niveau de savoir-faire à la fois reconnu et apprécié, et le pays est l’un des principaux acteurs européens du secteur aérospatial.

Alors que la reprise économique commence à se faire sentir, la croissance du PIB étant estimée à 0,4% et 0,3% aux 1er et 2e trimestres 2015[4], les entreprises manufacturières françaises doivent tirer parti de leur avantage concurrentiel, mais aussi des dernières évolutions technologiques pour conserver leur position de leaders sur la scène internationale et être à même de saisir les opportunités qui se profilent à l’horizon. Par exemple, limiter les impacts du transport aérien sur l’environnement ou promouvoir les énergies alternatives au sein de l’industrie automobile.

L’exploitation de ces nouvelles possibilités n’est toutefois possible que dans la mesure où les entreprises manufacturières ont accès à des technologies de pointe, telles que des équipements à haute efficacité énergétique. Cela est d’autant plus vrai au vu de la hausse des prix des énergies, les prix moyens de l’électricité dans le secteur industriel ayant augmenté de 4,6% en février[5]. Cette hausse se traduit dans les faits par une perte de compétitivité des entreprises, notamment les entreprises électro-intensives des secteurs de la sidérurgie, de la chimie ou du papier-carton qui représentent à elles seules la moitié de la consommation d’électricité du secteur manufacturier, leur facture énergétique pouvant peser jusqu’à 20% de leurs chiffres d’affaires[6].

Il est donc nécessaire que les entreprises manufacturières se dotent d’équipements de dernière génération si elles veulent rester sur le devant de la scène. Cependant, le resserrement du crédit généralisé, conséquence directe de la crise financière, se traduit par un accès aux financements plus limité, notamment pour l’acquisition d’équipements productifs et la modernisation des parcs existants. 75% des fabricants de machines et d’équipements industriels[7] interrogés dans le cadre de la dernière étude de la division Financial Services de Siemens (SFS) constatent ainsi un « resserrement » du budget de leurs clients en biens d’équipements au cours des deux dernières années[8].

Cela est particulièrement vrai pour les PME comme l’illustre le dernier baromètre de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME). 69% des dirigeants de PME interrogés font état d’au moins une mesure de durcissement de la part de leurs banques, alors que 38% expriment des besoins en financements pour leurs investissements, notamment pour le remplacement de leurs matériels (54%)[9]. Une enquête de la Banque de France confirme cette tendance en mettant en évidence un chiffre inquiétant : seul un quart des PME ferait une demande de nouveaux crédits. Cette atonie est notamment observable dans les investissements réalisés par les PME qui consistent majoritairement dans le renouvellement partiel des capacités de production existantes. Ces investissements ne seraient de fait pas suffisamment productifs pour améliorer la rentabilité des entreprises à moyen terme[10], opinion partagée par le président du Groupe des Fédérations Industrielles (GFI) qui s’est exprimé sur ce sujet à l’occasion du Mondial de l’automobile. Il est en effet indispensable selon lui de faire redémarrer l’investissement industriel en France, et ce dans les plus brefs délais, pour profiter des intentions d'investir des industriels, alors que l'obsolescence de l'outil industriel français s'est accélérée, notamment par rapport à l’Allemagne[11]. L'indice de compétitivité français s'inscrit ainsi à 124, contre 121 pour l'Allemagne, les entreprises industrielles françaises ayant perdu tout avantage compétitif par rapport à leurs voisines d’Outre-Rhin qu'elles devançaient pourtant en 2004[12]

Le secteur manufacturier est un secteur à forte intensité de capital se caractérisant par des besoins en investissement et en fonds de roulement importants. La production étant fortement liée à l’utilisation d’équipements et de machines hautement spécialisés, l’investissement est vital car il conditionne non seulement le degré de compétitivité, mais aussi le contrôle des coûts et la productivité des entreprises manufacturières. Ces dernières, notamment les petits et moyens acteurs du secteur, ont toutefois besoin de solutions de financement efficaces, distinctes de leurs lignes de crédit traditionnelles, pour les aider à financer l’acquisition ou le renouvellement de leurs équipements.

Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que les solutions de financement alternatives, telles que la location et le crédit-bail, gagnent en popularité. Selon une récente étude de la Banque Centrale Européenne, 17,5% des PME opérant dans le secteur manufacturier ont ainsi eu recours au financement locatif au cours des six derniers mois[13]. Une tendance que confirme la dernière enquête de SFS, 76% des entreprises manufacturières interrogées ayant constaté une hausse de la demande de leurs clients pour des solutions de financement alternatives au cours des deux dernières années. En effet, ces dernières permettent aux entreprises d’acquérir des équipements industriels de dernière génération sans avoir à immobiliser leurs précieux capitaux. En permettant de répartir sur plusieurs exercices les dépenses liées au nouvel investissement, la location et le crédit-bail n’impactent pas lourdement la trésorerie de l’entreprise en démarrage du projet, celle-ci pouvant dès lors conserver ses ressources et ses lignes de crédits bancaires pour couvrir ses charges d’exploitation courantes.

Ces techniques de financement s’avèrent particulièrement adaptées lorsqu’il s’agit de financer l’acquisition d’équipements à haute efficacité énergétique. En effet, une fois opérationnelles ces technologies dites « vertes » permettent de réaliser des économies d’énergie substantielles qui amortissent bien souvent tout ou partie du montant des remboursements mensuels, rendant de ce fait l’investissement indolore pour l’entreprise. Cela est d’autant plus intéressant pour les entreprises manufacturières qu’elles leur permettent non seulement de réduire leur facture énergétique, mais aussi d’augmenter leur capacité de production et leurs marges bénéficiaires.

93% des entreprises interrogées dans le cadre de l’étude SFS sont ainsi convaincues que l’intérêt de leurs clients pour des solutions de financement alternatives est appelé à croître au cours des deux prochaines années. La proportion des ventes européennes d’équipements industriels réalisées en financement devrait quant à elle augmenter de 5,1% sur la même période, reflétant la nécessité d’investir à mesure que la confiance dans l’économie retourne à la normale.

L’industrie manufacturière est une composante importante de l’économie nationale,  sa part dans le PIB s’élevant à environ 10%. Force est d’admettre qu’en matière de prix nos entreprises ne peuvent espérer rivaliser avec les pays à faible coût de main d’œuvre, mais leur force réside dans leur haut degré de spécialisation et de sophistication. Pour défendre leur position, les entreprises françaises doivent affirmer leur volonté d’investir dans des technologies novatrices, génératrices de gains de productivité, d’une manière qui soit pérenne sur le plan financier. 

 

[1] Le Revenu, France : le recul du secteur manufacturier ralentit en mars (PMI à 48,8 points), 1er avril 2015.

[2] Ibid.

[3] INSEE, Selon les chefs d’entreprise, l’investissement dans l’industrie manufacturière progresserait de 3% en 2015, janvier 2015.

[4] Banque de France, Les Indicateurs de conjoncture hebdomadaire, 3 avril 2015.

[5] INSEE, En février 2015, rebond des prix de production de l’industrie (+0,8%), février 2015.

[6] Direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services, Les entreprises életro-intensives, concentrées dans quelques secteurs, sont stratégiques pour l’économie, avril 2013.

[7] Enquête menée auprès des 40 principaux fabricants mondiaux d’équipements et de machines industriels.

[8] Division Financial Services de Siemens (SFS), Financing the Future, novembre 2014. http://finance.siemens.com/financialservices/fra/presse/publication/pages/whitepaper_2014_financing-the-future.aspx

[9] Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises, 23ème édition du baromètre sur le financement et l’accès au crédit des PME, 27 janvier 2015.

[10] Les Echos.fr, Situation des PME et perspectives de croissance en France, 9 mai 2014.

[11] L’Express.fr, L’industrie appelle le gouvernement à « déclencher » les investissements productifs, 14 octobre 2014.

[12] Le Figaro.fr, « La France perd en compétitivité depuis dix ans », 5 mai 2014.

[13] Banque Centrale Européenne, The Survey on the Access to Finance of Small and Medium-Sized Enterprises (SAFE), 12 november 2014. 

Thierry Fautré

Thierry Fautré

Président de la division Financial Services de Siemens France (SFS)

Successivement Directeur Général Adjoint de GE Capital Commercial Finance, puis de Crédit Agricole Leasing, Thierry Fautré est aujourd'hui en [...]...

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