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L'importance du management de la data pour un meilleur pilotage

Publié par Florian Langlois le | Mis à jour le

La data devient un élément essentiel au bon pilotage de la performance de l'entreprise. Si la Daf est habituée à gérer ces données, elle se doit d'être au premier rang pour acculturer l'ensemble de l'entreprise. Elle sera aussi en charge de s'assurer de la sécurité et de l'harmonisation de la data, à des coûts les plus faibles possibles.

La direction financière est de plus en plus un business partner ou un co-pilotage au sein de son entreprise. L'une de ses raisons d'être est désormais le pilotage de la performance financière, opérationnelle et stratégique de l'entreprise. « Ce pilotage se fait désormais sur la base d'indicateurs, définis selon l'activité de l'entreprise et les objectifs qu'elle se fixe. Ces informations doivent être fiables, homogènes et cohérentes, pour devenir des outils d'aide à la décision, » éclaire Hanh Guzelian, CFO de Linxens.

« La data révolutionne les possibilités d'analyse, de prédictibilité de business et de simulation, » acquiesce Alexis Sztejnhorn, partner dans le cabinet de conseil PMP Strategy. Le directeur financier est donc un acteur central dans ce management de la data. « On a coutume de dire que le directeur financier est le garant des chiffres, il est aussi maintenant le garant des datas, en lien avec la DSI. Il aura pour rôle de travailler sur la structuration de la data, la manière dont elle est mise en qualité afin d'être exploitée, » reprend Alexis Sztejnhorn.

Familiariser toute l'entreprise à ces données

Se lancer dans cette transformation pour intégrer la data dans le pilotage, c'est un choix qu'a fait Linxens, qui s'est lancé dans un chantier chronophage. « On se dit que ce n'est pas complexe, qu'il suffit juste de mettre des outils en place. C'est en réalité beaucoup plus compliqué que ça, et j'ai moi-même sans doute sous-estimé cette difficulté, témoigne Hanh Guzelian. Cette transformation implique des changements évidemment technologiques mais aussi organisationnels et culturels et c'est probablement ce dernier volet qui a été le moins bien anticipé. »

Il s'agit là de donner accès à ces données à toute l'entreprise et donc à des métiers qui ne sont pas forcément familiers avec cette technologie. Pour ce faire, Alexis Sztejnhorn conseille la communication et la responsabilisation. « Il faut démystifier cet enjeu et tâcher d'être le plus pédagogue possible. La data, ce n'est pas que des champs techniques, ce sont avant tout des objets métiers qui sont nécessaires au bon fonctionnement de l'entreprise. Ces données doivent parler au métier. Dans ce but, il est important d'avoir des personnes qui incarnent et qui sécurisent l'évolution et la structuration des données. On pourrait les appeler des datas owner. Ces personnes doivent être responsables de la manière dont les datas sont nommées et évolues. Le dialogue est aussi très important, afin que chacune des parties prenantes, Daf, DSI et métiers, puissent comprendre les problématiques des autres. »

C'est ce raisonnement qu'a eu Hanh Guzelian chez Linxens en créant une équipe projet qui travaille sur ce sujet. « Il s'agit d'une équipe multidisciplinaire avec un représentant de chaque métier de l'entreprise (finance, supply chain, achats, vente et marketing ...). Notre souhait est de créer une data unique, il faut donc bien que chaque métier puisse donner son point de vue sur la façon de l'obtenir, la façon de la gérer, la façon de l'analyser et de l'exploiter. »

Une donnée harmonisée et sécurisée

Une fois cette donnée récoltée, l'idée est de l'harmoniser pour toute l'entreprise. « A ce moment-là, nous transformons et enrichissons ces datas. C'est la partie la plus importante mais aussi la plus exigeante techniquement. Il y a un vrai travail d'ingénierie de la donnée pour optimiser les flux. Nous avons aussi choisi un outil de BI qui permet de produire des rapports beaucoup plus attractifs à l'oeil et plus faciles à consulter. L'objectif étant de toujours disposer d'outils d'analyse pouvant être utilisés pour le rétrospectif et le projectif, » rapporte la CFO de Linxens.

La gestion de la conformité et de la sécurité des données fait aussi partie intégrante du data management. « Lorsqu'on parle de sécurité, il y a bien évidemment la sécurité des données à l'extérieur, mais aussi la sécurité interne avec la séparation des accès au sein de l'entreprise. Il est important de définir pour chaque périmètre les droits d'accès à chaque type d'utilisateurs, sachant qu'on peut avoir des utilisateurs très différents, » développe Hanh Guzelian.

Maitriser les coûts

L'un des autres rôles des directions financières sera aussi de gérer les coûts liés à ces nouvelles technologies. « Le fait d'avoir des systèmes toujours plus poussés et des modèles toujours plus perfectionnés de Cloud a un coût financier certain. Cela signifie qu'il y a aussi de nouveaux modèles économiques de facturation des coûts IT et l'autre enjeu majeur pour le Daf est de maitriser les coûts associés au traitement des datas, » développe Alexis Sztejnhorn.

Avec les bienfaits de cette data et les nouvelles technologies qui y sont raccrochées, attention tout de même à ne pas vouloir accumuluer trop de data. « Aujourd'hui, les possibilités d'avoir de la data sont grandes, et il est assez tentant d'accumuler de la data. On dit souvent que la data est l'or ou le pétrole de demain, mais on ne sait pas encore très bien raffiner ce pétrole. C'est là où il peut y avoir une surabondance de data non utilisée. Il faut bien se dire que la data est utile si elle permet de prendre des décisions, et accessoirement des décisions qui ont un impact, » poursuit le consultant.

Le prochain challenge pour les entreprises sera ensuite d'intégrer l'extra-financier à ces données, ce qui risque d'être, une nouvelle fois, un défi de taille. « Les entreprises arrivent progressivement à maitriser leurs datas financières, mais tout ce qui est lié au carbone reste encore flou, » conclut Alexis Sztejnhorn.

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