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L'affacturage, pour faire face à la deuxième vague

Publié par Eve Mennesson le | Mis à jour le

La deuxième vague de l'épidémie est là et celle de la crise économique ne devrait pas tarder non plus : il va en effet être temps de payer les charges décalées, de commencer à rembourser le PGE, etc. Dans ce contexte, l'affacturage peut être une solution intéressante pour entretenir sa trésorerie.

Au premier semestre 2020, les sociétés d'affacturage ont connu un recul historique, de -10,2% (chiffre de l'Association française des sociétés financières - ASF). Il s'agit de la plus forte contraction de l'activité d'affacturage depuis trente ans ! C'est surtout au printemps que l'activité s'est effondrée (-23%), après un premier trimestre 2020 au ralenti (+3,8%).

Pour Sarah Roussel, directrice générale de BNP Paribas Factor, ce recul est un témoignage du lien fort qui existe entre l'affacturage et l'activité des entreprises : "L'affacturage finance l'économie réelle. Comme les entreprises ont ralenti leur activité, cela s'est ressenti vis à vis de nos opérations", analyse-t-elle.

Pour Philippe Mutin, directeur général délégué de Factofrance et vice-président de ma commission affacturage de l'ASF, cette baisse de l'activité des sociétés d'affacturage est aussi due aux mesures gouvernementales, et notamment au PGE, qui ont été massivement utilisées par les entreprises. "Les entreprises françaises ont eu beaucoup de cash et n'avaient donc pas besoin de trésorerie supplémentaire. Nous avons continué à recevoir les entreprises qui préféraient l'affacturage au PGE pour des questions de souplesse mais aussi pour ne pas avoir à inscrire de dette au bilan", rapporte-t-il.


Affacturage, outil anti-crise ?

Ce net recul de leur activité n'inquiète pas pour autant les acteurs de l'affacturage : ils savent que les entreprises vont de nouveau se tourner vers l'affacturage. "A chaque crise, l'affacturage est massivement utilisé. En effet, cela offre aux entreprises des lignes de trésorerie de l'ordre de deux mois de chiffre d'affaire. Et comme le fonctionnement est revolving, elles n'ont pas d'effort de remboursement à fournir", décrit Philippe Mutin, qui insiste aussi sur la souplesse de l'affacturage, essentiel dans ce contexte volatil.

L'affacturage peut en effet aider les entreprises lorsque le report des charges ne va plus être effectif et qu'il faudra commencer à rembourser le PGE. "Contrairement au PGE, l'affacturage n'est pas temporaire mais pérenne. Il vient en complément du PGE pour apporter un bol d'air de trésorerie aux entreprises, en s'adaptant à leurs cycles de vie", indique Sarah Roussel.


Aussi pour les PME

Les entreprises auraient donc intérêt à se tourner vers l'affacturage pour éviter de faire partie de la vague de défaillances d'entreprises, attendue pour début 2021. D'autant plus que les sociétés d'affacturage font des efforts pour rendre l'outil simple et accessible à tous. "L'affacturage est un outil 100% digital : les factures ne sont pas envoyées en version papier mais déposées en ligne via un site web ou une application", explique Sarah Roussel.

Factofrance mise d'ailleurs sur le digital pour séduire les dernières entreprises à ne pas avoir recours à l'affacturage, à savoir les PME : en octobre, la société a lancé Digifact qui permet un financement au jour le jour à travers un parcours digitalisé. Chez BNP Paribas Factor, les PME aussi ont pu bénéficier de la gratuité du forfait avant l'été. "Cette opération a beaucoup séduit, on voit qu'il y a un réel appétit pour cette solution", note Sarah Roussel.

Les deux sociétés d'affacturage espère aussi que la dernier produit disponible, développé en partenariat avec les pouvoirs publics, va permettre d'ouvrir l'affacturage à un plus grand nombre : le financement des bons de commande. En effet, grâce à une garantie de l'Etat qui permet de limiter le risque pris, les sociétés d'affacturage peuvent désormais financer les factures des entreprises plus en amont, dès l'émission des bons de commande. "Ce produit a vocation à aider les entreprises à reprendre leur activité le plus vite et le plus pleinement possible en leur donnant la trésorerie nécessaire pour honorer leurs commandes : achat de matière première, embauche, etc", précise Sarah Roussel. "Cela offre la possibilité aux entreprises d'aller chercher de la croissance sans pour autant creuser leur BFR", complète Philippe Mutin. Son seul inconvénient : il n'est disponible que jusqu'au 31 décembre 2020 !


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