Droits de douane américains : les entreprises françaises réagissent aux 15 %
Publié par Christina DIEGO le - mis à jour à
Dans un communiqué conjoint publié le jeudi 21 août, les autorités américaines et européennes ont dévoilé les détails de l'accord commercial finalisé fin juillet dernier. Des droits de douane de 15 % sont donc appliqués sur la majorité des produits exportés depuis l'Union européenne. Si les secteurs pharmaceutique et aéronautique en sont expressément exclus, les vins et spiritueux, en revanche, y restent soumis. La Poste et l'entreprise Seb ont depuis réagit. Détails.
Dans le cadre de l'accord négocié entre l'UE et les États-Unis fin juillet, un taux de droits de douane plancher de 15 % est désormais en vigueur sur la majorité des importations européennes aux États-Unis. Ce jeudi 21 août, les Etats-Unis et l'Union européenne ont présenté les détails de leur accord sur les droits de douane en publiant un communiqué conjoint.
Le secteur des vins et spiritueux soumis au 15 %
Contrairement à leurs espérances, les filières viticole et des spiritueux se voient finalement soumises à une taxation de 15 %, sans exemption. Une décision qualifiée d'« immense déception » par Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), relate Les Échos. « La partie n'est pas jouée, précise-t-il. Sans nous faire d'illusions, nous restons mobilisés, car les échanges se poursuivent. »
La Commission européenne a d'ailleurs confirmé que les discussions étaient toujours en cours « pour étendre la liste des produits exemptés », tandis que le commissaire au Commerce, Maros Sefcovic, a tenu à rappeler que « ces négociations ne sont pas définitivement closes ». « Ce n'est pas la fin de l'histoire, ce n'est que le début », a-t-il ajouté.
Selon l'AFP, les exportations européennes vers les États-Unis étaient de facto déjà soumises à un taux global avoisinant les 15 %, combinant la surtaxe de 10 % instaurée par Washington au printemps et les droits de douane déjà existants, estimés à 4,8 %. Parallèlement, Ursula von der Leyen a rappelé que les deux parties étaient convenues d'abolir mutuellement l'ensemble des droits de douane pesant sur une série de produits jugés stratégiques, marquant ainsi une avancée ciblée dans le cadre de cet accord commercial.
15 % pour les secteurs pharmaceutique et automobile
Pour le secteur pharmaceutique, l'Europe, qui fournit les deux tiers des importations des États-Unis, voit désormais ses exportations soumises aux mêmes droits de douane de 15 % que les autres produits européens, alors qu'elles en étaient jusqu'ici exemptées. Pourtant, l'industrie pharmaceutique accueille cette mesure avec un certain soulagement. Les premières réactions, jeudi dernier, se voulaient optimistes : une taxe de 15 % reste modérée, surtout en comparaison des droits punitifs de 150 % à 250 % brandis par Donald Trump. Ces derniers pourraient s'appliquer, d'ici un an et demi, aux laboratoires ne localisant pas une partie de leur production sur le sol américain.
La Poste contre-attaque
Dans ce contexte, un droit de douane minimal de 15 % s'applique désormais à la quasi-totalité des importations vers les États-Unis, y compris pour les petits colis d'une valeur inférieure ou égale à 800 dollars, jusqu'alors dispensés de toute taxation. Face à cette mesure, le groupe La Poste a annoncé, ce vendredi 22 août à l'AFP, la suspension de ses expéditions de colis vers les États-Unis à compter du 25 août. Le groupe a cependant indiqué qu'une exception serait accordée aux envois de cadeaux entre particuliers, d'une valeur de moins de 100 euros.
Le groupe Seb face à un flot d'annonces
Outre ces annonces, une liste de 400 produits contenant de l'acier ou de l'aluminium et taxés du jour au lendemain à 50 % a été publiée par l'administration américaine et est passée quasiment inaperçue, comme les chaises de bureau, les bulldozers, les déodorants avec un emballage métallique. Des informations mises à jour quotidiennement sur le site des douanes américaines, puis publiées au journal officiel et appliquées immédiatement, rappelle l'AFP. C'est le constat du groupe français d'électroménagers SEB, qui voient certains de ces produits taxés à 50 %, explique France Inter. Un vrai casse-tête pour l'entreprise, car cela varie de la composition du produit, un même article peut contenir des centaines de matières différentes, et du pays dans lequel ils sont fabriqués.
Autre secteur qui devrait connaître des soubresauts, l'ameublement. En effet, le président américain Donald Trump a annoncé vendredi 22 août, sur son réseau social Truth, une procédure d'investigation qui impliquerait la mise en place de nouveaux droits de douane, sur le secteur de l'ameublement cette fois-ci. « Je suis heureux d'annoncer que nous allons lancer une importante enquête concernant les droits de douane sur les meubles entrants aux Etats-Unis. Dans les cinquante prochains jours, l'enquête sera réalisée et ces meubles taxés à un taux qui reste encore à déterminer », a précisé Donald Trump sur Truth Social.