Face à l'IA, les directions financières en attente d'un gain de productivité probant
Publié par La rédaction le - mis à jour à
En 2025, l'intelligence artificielle (IA) s'impose comme un catalyseur de performance au sein des directions financières. Selon l'enquête mondiale menée par Workiva auprès de 2 300 professionnels (dont 21 % issus des métiers de la finance et de la comptabilité), l'enjeu est double pour les Daf, entre anticipation des risques liés à une adoption de l'IA désordonnée et capitalisation sur son ROI. Détails.
Alors que l'adoption de l'IA s'accélère et génère des retours sur investissement significatifs, un nouveau rapport publié par Workiva « Practitioner Survey 2025 » met en lumière des lacunes préoccupantes en matière de qualité des données, de gouvernance de l'IA et de formation adaptée aux métiers, dans les entreprises du monde entier. Le rapport présente les résultats d'une enquête indépendante menée auprès de 2 300 professionnels de la finance, de la durabilité, de l'audit et de la gestion des risques, tous impliqués dans la production de reportings d'entreprise.
L'IA, un accélérateur de performance financière... sous conditions
Les résultats de l'étude soulignent que 74 % des professionnels impliqués dans le reporting déclarent utiliser l'IA dans leur travail quotidien (en France comme à l'échelle globale). Une majorité écrasante s'accorde également à dire que l'IA génère un retour sur investissement positif (88 % au global, 85 % en France), permet un gain de temps (96 % au global, 93 % en France) et améliore la productivité (94 % au global, 91 % en France) de leur entreprise.
Cependant, les opérationnels ne se sentent pas confiants dans la capacité de leur entreprise à utiliser l'IA efficacement. En effet, plus de 60 % des répondants, en France comme à l'international, indiquent que leur organisation ne dispose ni de données de qualité suffisante, ni de politiques de gouvernance de l'IA, ni de formations ciblées selon les fonctions.
Malgré ces avancées, seulement 35 % des organisations disposent de données de haute qualité pour alimenter leurs outils d'IA. Pire, 65 % manquent de politiques de gouvernance et de sécurité dédiées. Cette carence expose les directions financières à des risques majeurs comme des données inexactes ou mal structurées pouvant fausser les prévisions financières ou les analyses de risques, voire aller jusqu'à une non-conformité réglementaire qui augmenterait les risques de sanctions, notamment dans des secteurs fortement régulés (banque, assurance). Autre point d'attention, la cybersécurité pour 45 % des répondants qui expriment des craintes liées à la sécurité des données et aux risques juridiques.
La RSE, un terrain propice
L'enquête révèle que les professionnels de la durabilité et de l'ESG sont plus avancés que leurs homologues de la finance dans l'adoption de l'IA. 64 % l'utilisent pour consommer rapidement de grands volumes de données (vs 52 % en finance), 61 % pour automatiser des tâches manuelles (collecte de données ESG, benchmarking). Pour les DAF, l'utilisation d'outils IA peut servir de pont entre finance et RSE en automatisant la collecte et l'analyse des données ESG (réduction des coûts de reporting) et en améliorant la traçabilité des indicateurs non financiers, essentiels pour les investisseurs et régulateurs.
Gouvernance et formation : les défis majeurs pour les DAF
L'enquête révèle également les limites et défis pour les décideurs financiers. Alors que 44 % des dirigeants considèrent la disruption technologique comme la première menace interne (vs 38 % des opérationnels), 49 % des répondants doutent de la fiabilité des outputs de l'IA. Les équipes financières sont deux fois moins confiantes dans l'IA lorsque leur organisation manque de données de qualité, politiques de gouvernance claires, formations adaptées.
Les priorités pour les DAF résident dans la centralisation des données financières (et non financières), l'automatisation des contrôles qualité (croiser les données comptables et les indicateurs ESG par exemple). Autres points déterminants, renforcer la gouvernance en cartographiant les risques liés à l'IA (biais algorithmiques, cybermenaces), intégrer l'IA dans les audits internes pour garantir la conformité, et former et accompagner les équipes.
Méthodologie
Le rapport publié par Workiva « Practitioner Survey 2025 » a été réaisé auprès de 2 300 professionnels dans 15 pays (21 % en finance/comptabilité), entre avril et mai 2025, issus d'entreprises de plus de 250 M$ de CA, tous statuts (cotées, privées).