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La fiducie, une option intéressante pour permettre la relance

Publié par Eve Mennesson le | Mis à jour le

En cette période d'après crise (croisons les doigts), les entreprises cherchent à se relancer. Ce qui exige souvent de nouveaux financements mais aussi de se désendetter : et si la solution se trouvait du côté de la fiducie ?

Daf, en cette période de relance, avez-vous pensé à la fiducie ? Ce moyen de faciliter l'obtention d'un financement via le transfert provisoire de propriété d'un actif de l'entreprise à un fiduciaire afin de servir de garantie emprunteur peut en effet s'avérer salutaire. C'est vrai d'une manière générale mais particulièrement en ce moment. Et bonne nouvelle : contrairement à ce que l'on pourrait croire, la fiducie n'est pas réservée au grands groupes.

En effet, le groupe BPCE vient de lancer une offre de fiducie sûreté dédiée aux PME, car accessible dès 1,5 millions d'euros. "Cette solution apporte un complément à notre offre de crédit-bail immobilier", explique Bertrand Prodel, directeur commercial Grands comptes et Ingénieries de BPCE Lease.

"Avec la fiducie, l'objectif est de reproduire le schéma économique du crédit-bail mais avec encore plus de souplesse et une réduction des frais limitant l'impact de la plus-value et des frais de mutation des actifs immobiliers puisque seuls les titres de la société détenant les actifs immobiliers sont transférés en fiducie", complète Antoine Arsac, directeur juridique de BPCE Lease. Par ailleurs, la maturité du prêt peut atteindre 15 ans, et offre ainsi un financement sur le temps long ce qui intéresse fortement les entreprises.

Reine des sûretés

Si le groupe BPCE se défend d'avoir lancé ce produit de manière opportuniste, pour répondre aux difficultés des entreprises à trouver des financements en cette période inédite, la fiducie peut pourtant s'avérer un outil intéressant pour aborder la sortie de la crise.

Daniela Kotzeva, directeur général du département Fiducies chez Equitis, juge notamment qu'il s'agit d'un dispositif intéressant en matière de restructuration. "C'est la reine des sûretés pour les prêteurs", pointe-t-elle, expliquant qu'elle est plus résistante, notamment en termes de procédure collective. En effet, le patrimoine fiduciaire est insaisissable, y compris par l'administration fiscale. Un atout de taille !

Avec une telle garantie, les entreprises peuvent donc obtenir beaucoup plus simplement un financement. "La fiducie aide les entreprises endettées dans les négociations avec les prêteurs", observe Daniela Kotzeva. Il faut en revanche s'assurer que le cash flow soit bon.

Montages créatifs

Autre facette de la fiducie qui peut s'avérer intéressante en ce moment : la fiducie gestion. "Cela consiste en un programme de cession d'actifs dans lequel les actifs sont confiés à un fiduciaire qui sera en charge de les céder", décrit Daniel Kotzeva. De quoi monétiser ses actifs et de générer du cash.

A partir de la fiducie gestion, il est possible d'opérer un montage spécifique qui permettra à l'entreprise de se désendetter appelé la fiducie équitisation. "On transforme la dette bancaire ou de fonds d'investissement en valeur mobilière. A charge ensuite pour le fiduciaire de vendre au fur et à mesure les valeurs mobilières dont le produit des ventes viendra rembourser la dette", explique Daniel Kotzeva. Ce montage qui existe depuis environ un an est à la fois très complexe et terriblement efficace. "On sait se montrer créatifs en période de crise", conclut Daniela Kotzeva.


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