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C'est l'été mais ce n'est pas une excuse pour ne pas payer vos factures

Publié par Stéphanie Gallo le - mis à jour à

Comme chaque été, les délais de paiement s'allongent. Ce n'est pourtant pas une fatalité. Donneurs d'ordre et fournisseurs doivent mieux organiser leurs process pour régler ce fléau.

« Chaque année, c'est pareil : nous constatons une augmentation des retards de paiement pendant la période estivale ainsi qu'entre Noël et le Jour de l'An. Pourtant, aujourd'hui, il n'y a plus aucune raison valable à cela », pointe Nicolas Flouriou, président de l'AFDCC, association française des Crédit Managers fédérant 1.000 professionnels issus de grandes entreprises ou de PME.

Pourquoi ? Parce que si ces retards pouvaient autrefois s'expliquer par les fermetures estivales d'un certain nombre d'organisation et par des systèmes de facturation et de paiement moins automatisés (et donc plus exposés aux absences inhérentes pendant l'été d'un certain nombre de personnes ressources), ces obstacles peuvent aujourd'hui être facilement surmontés. « Les entreprises disposent de tous les outils nécessaires pour éviter les retards de paiement, même en été », insiste Nicolas Flouriou.

Et pourtant..., année après année, été après été, c'est la même chanson que doivent subir en boucle les fournisseurs. Et ce, alors même que les délais de paiement se dégradent de nouveau (14 jours actuellement), menaçant de nombreuses PME. Un quart des défaillances d'entreprise trouveraient leur origine dans ces délais de paiement à rallonge et dans les impayés.

De multiples raisons aux retards estivaux

Un certain nombre d'entreprises joueraient-elles sur le prétexte estival pour faire un peu de trésorerie sur le dos de leurs fournisseurs ? Probablement, répond le président de l'association des Crédit managers. Car dans un contexte économique qui s'est tendu ces derniers mois, la préservation du cash s'affiche comme un objectif que certains veulent atteindre à tout prix. Mais Nicolas Flouriou veut néanmoins croire que ce comportement délétère pour l'ensemble du système n'expliquerait qu'une partie des retards de paiement estivaux.

L'essentiel serait plutôt lié, selon lui, à un manque de considération de ce sujet par certains donneurs d'ordre et par une mauvaise organisation interne. « Dans certaines entreprises, le paiement d'une facture nécessite la validation de nombreux intervenants. Cela dilue la responsabilité de chacun en quelque sorte. Et au bout du chemin, le fournisseur n'est pas payé mais ce n'est la faute de personne en particulier... Et puis, certaines entreprises n'ont encore suffisamment automatisé leurs process, les absences peuvent avoir un impact plus fort chez celles-ci. Certaines n'utilisent pas les virements programmés etc... Enfin, à tout cela s'ajoute des aberrations, comme la nécessité d'avoir sept validations sur un bon de commande chez certains, ou des rejets pour un centime de différence. Les sujets de fraude ont aussi ajouté de nombreux contrôles qui peuvent ralentir voire bloquer les process ».

Relancer et anticiper pour éviter de prendre l'eau pendant les vacances

Pour éviter de se trouver confrontés à ces problématiques, Nicolas Flouriou conseille aux fournisseurs d'anticiper cette période estivale. « C'est vrai pour l'été, mais aussi pour tout le reste de l'année : l'idéal est de faire une pré-relance avant l'échéance ce qui permet de s'assurer que son client a bien reçu la facture et qu'il n'y a pas de litige à lever. Puis, à échéance, de faire des relances par téléphone, par mail etc. En automatisant au maximum afin de gagner du temps ».

Ne pas hésiter non plus à négocier des acomptes en attendant que la facture totale soit débloquée, ce qui permet de sécuriser une partie du cash. « Même si l'été est là, il ne faut pas être abandonniste. Le paiement d'une facture est un dû, il ne faut certainement s'excuser de le réclamer », résume le Crédit manager. En 2024, selon une enquête de l'association, seulement 25% des entreprises ont réclamé systématiquement les pénalités de retard et elles ont été encore moins nombreuses à les encaisser.