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Congrès des Daf 2014 : le Daf, milieu de terrain de l'entreprise ?

Publié par Antoine Pietri le - mis à jour à

Le Congrès des Daf s'est déroulée le 1er juillet au Palais des Congrès de Paris. Pour cette troisième édition, la conférence plénière tournait autour d'un thème central porteur : le positionnement du DAF comme accélérateur de la transformation de l'entreprise.

Gestion prévisionnelle, évaluation des risques de fraude, RSE, pricing, cash management... Le troisième Congrès des Daf, qui se tenait le 1er juillet au Palais des Congrès de Paris, a permis à quelques 2 000 directeurs administratifs et financiers de s'informer et d'échanger à travers 12 conférences et une trentaine d'ateliers thématiques. Avec une conférence plénière qui portait sur le thème du Daf accélérateur de la transformation de l'entreprise, et qui rassemblait des invités prestigieux : Philippe Arraou, le vice-président de la CSOEC ; William Feugère, le président du Conseil National des Barreaux ; ou encore Yves Nicolas ; le président de la CNCC. " Je crois qu'aujourd'hui les directeurs financiers ont une tâche de plus en plus difficile ", a estimé ce dernier. " Leur rôle devient de plus en plus stratégique, en raison de la complexité aiguë du monde aujourd'hui. Dans cet univers complexe, c'est lui qui est le créateur de confiance, puisqu'il est le maître des chiffres. Une tâche difficile, puisqu'il doit agir malgré de multiples contraintes réglementaires. "


De la rigueur et de l'audace

De son côté, William Feugère a souligné qu'il existe, de plus en plus, un " lien permanent " entre le directeur financier et la sphère juridique.. " Alors que le droit se complexifie, le Daf doit savoir transformer les contraintes juridiques en un atout. Le rôle d'entreprise est de créer de la richesse, et notre rôle est d'accompagner le Daf pour que le droit soit un levier de richesse. Sur la moindre réflexion sur un contrat, sur un schéma juridique, le Daf doit s'inquiéter des implications financières."


D'une façon plus large, le Daf doit être un véritable partenaire pour les évolutions stratégiques décidées par la direction. Thomas Reynaud, directeur financier et directeur du développement d'Iliad, se voit ainsi en véritable " sparring partner " vis-à-vis du directeur général, n'hésitant pas à challenger ses choix et à avoir une véritable réflexion sur la stratégie du groupe. " Il faut de la rigueur et de l'audace, mais aussi prendre en compte les enjeux financiers et industriels et préserver l'envie d'entreprendre en interne ", a-t-il estimé. " Xavier Niel m'a très vite fait comprendre que je n'avais pas le droit de toucher au frein à main. Ma position : les deux pieds sur l'accélérateur, en gardant tout de même la ceinture de sécurité ", a-t-il souri.


Révolution digitale

Le rôle du Daf dans la révolution digitale au sein de l'entreprise a aussi été abordé au cours de cette plénière. " C'est un bouleversement majeur, mais attention aux excès ", a déclaré Jean-Luc Petithuguenin, président de Paprec, qui s'exprimait aux côtés de son Daf, Charles-Antoine Blanc. Le dirigeant s'est exprimé en faveur de la dématérialisation des factures, véritable enjeu de compétitivité pour l'entreprise, mais se dit satisfait de ne pas avoir cédé aux sirènes du numériques, notamment quand des conseillers lui ont recommandé de remplacer les 150 commerciaux de la société par un simple portail Internet.


La conférence a également été l'occasion de faire le point sur la multiplication des tentatives de " fraude au président ". Tentatives dont Paprec a fait l'objet, ainsi que PSA Peugeot Citroën, comme l'a confirmé Jean-Baptiste de Chatillon, le directeur financierdu groupe. " Les tentatives de piratage sont permanentes. Pas un jour ne se passe sans que l'une ou l'autre de nos filiales dans le monde ne soit attaquée. C'est un vrai défi en termes de cyber-sécurité ", a déploré Jean-Baptiste de Chatillon.

Le journaliste économique Nicolas Pierron, qui animait la plénière comme l'an dernier, a notamment interpelé les Daf sur leur positionnement stratégique dans l'entreprise. " Pour vous, le Daf est-il plutôt un défenseur, selon l'image conservatrice, est-il un meneur de jeu, ou un attaquant - véritable cost killer dans l'entreprise ? " " Pour moi, le Daf doit être un véritable milieu de terrain, polyvalent, sachant à la fois jouer dans les postes d'attaque en allant chercher les financements, et en défense, pour assurer la pérennité de l'entreprise ", a estimé JB de Chatillon, directeur financier de PSA Peugeot Citroën. " C'est un peu le Blaise Matuidi de l'entreprise ", a-t-il plaisanté.


Retrouvez aussi l'infographie Daf tirée de l'étude BDO sur les Daf publiée à l'occasion du 3ème Congrès des Daf.

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