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Gestion de flotte: les promesses du big data

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En croisant en temps réel les informations issues des véhicules connectés avec d'autres sources de données, le big data ouvre de nombreux horizons en matière de fleet management. Zoom sur quelques fonctionnalités qui permettent de gagner en efficacité et de réduire le TCO.

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Mieux acheter et revendre ses véhicules

Le big data peut se montrer fort utile en début et fin de cycle de vie du véhicule. En effet, l'analyse des données officielles des ventes permet d'identifier les modèles les plus écoulés par chaque marque. Mieux, il est possible de scruter les statistiques de taux de pannes et d'entretien par marque et par modèle (cf. notamment le classement de l'ADAC ou Allgemeiner Deutscher Automobil Club). Recoupés avec les données internes de l'entreprise, ces indicateurs peuvent s'avérer précieux pour orienter efficacement une politique d'achat.

"Avant, on ne pouvait compiler ce genre de statistiques qu'en interne. Le fait de disposer de statistiques nationales et de pouvoir les croiser change la donne", confirme Akim Filali, directeur commercial chez Vega Systems, progiciels de gestion de flotte. Le big data peut également permettre d'optimiser la cession d'un véhicule en fin de vie, via la comparaison des données des différents canaux de vente (commissaires-priseurs, sites d'enchères en ligne, etc.). Cela permettra d'orienter sa stratégie en déterminant le canal optimal pour vendre ses véhicules le plus rapidement possible et au meilleur prix.

Comparer sa gestion de flotte

Certains outils de gestion de flotte automobile recourent au big data pour permettre à leurs utilisateurs de comparer leurs données (accidentologie, consommation, distances parcourues...) à celles des autres entreprises utilisatrices du système et issues du même secteur d'activité.

"Cela permet par exemple de voir si la consommation de carburant est normale, inférieure ou supérieure à la moyenne des entreprises du même secteur, explique Amandine Christolhomme, responsable marketing France chez Fleetmatics, solutions SaaS pour les effectifs mobiles. Il est pertinent de comparer les données d'entreprises ayant la même activité car dans certains métiers les salariés parcourent beaucoup de petites distances ou roulent surtout en centre-ville, ce qui a tendance à faire grimper la consommation."

Optimiser les parcours

L'analyse de données accessibles facilement et en temps réel (conditions météo, trafic routier, etc.) permet d'optimiser les circuits en vue de réaliser des gains de productivité significatifs.

"Un de mes clients loue des bennes sur les chantiers, illustre Amandine Christolhomme. Désormais, il peut prévenir ses clients de son arrivée de manière à ce qu'ils soient prêts à accueillir la livraison et qu'ils n'attendent pas inutilement. Depuis, il est passé de trois à quatre livraisons quotidiennes et a vu sa productivité progresser de 15%." Savoir à tout moment où se trouve chaque véhicule peut également permettre de facturer au réel et d'identifier les pertes de temps et leurs causes. "En fonction des horaires et de la circulation, on peut facilement déterminer un temps de parcours prévisionnel", note Akim Filali.

Entretenir son parc

Un véhicule connecté peut faire remonter au gestionnaire, automatiquement et en temps réel, des données telles que les distances parcourues. Or "connaître le kilométrage des véhicules permet de recevoir des alertes de maintenance, explique Fabrice Denoual, directeur général adjoint en charge de la stratégie et du développement chez ALD automotive (location longue durée). Cela évite certaines problématiques. Par exemple, s'il y a un souci de moteur et que l'on constate un défaut d'entretien, cela relève de la responsabilité du locataire et se traduit par un surcoût pour l'entreprise."

Les véhicules récents sont équipés de systèmes d'alertes automatiques de maintenance qui préviennent le conducteur et le gestionnaire en cas de nécessité (pression des pneus, révision des 1000 kilomètres...).

Analyser les types de conduite

La connectivité et le big data, c'est également le moyen d'analyser avec précision les modes de conduite des salariés utilisateurs de la flotte (vitesse, passages de rapports, freinages brusques, etc.). "On arrive même à mettre une note aux salariés en fonction de leur comportement au volant, souligne Emmanuel Mouton, p-dg du groupe Synox en charge du projet Sofleet (gestion de flotte ­connectée). Cela permet de récompenser l'équipe de conducteurs qui a gagné le plus de points. Cela influence le conducteur et crée de la cohésion. Cette "gamification" est un bon moyen de motiver les salariés et de transformer le tracking des véhicules en un challenge positif."

Pour Olivier Ondet, directeur du programme internet des objets & big data chez Orange Business Services, "identifier avec précision les styles de conduite permet d'optimiser la consommation de carburant et de souscrire à l'assurance mieux adaptée". Mais c'est aussi l'opportunité de mettre en oeuvre des opérations de prévention ou de formation à l'écoconduite et d'en mesurer précisément les bénéfices.

Sécuriser ses véhicules

Les outils de gestion de flotte basés sur le véhicule connecté assurent une meilleure sécurisation, diminuant d'autant les primes d'assurance ainsi que le nombre des franchises vol. En effet, tout mouvement anormal du véhicule est immédiatement détecté, particulièrement en cas de vol. Cela permet d'avertir sans attendre les forces de l'ordre et de savoir exactement où se trouve le véhicule grâce au boîtier de géolocalisation.

"Il y a la possibilité de créer des alertes SMS au cas où le véhicule quitterait sa zone de parking en dehors de certains horaires", souligne Amandine Christolhomme. Cette technique de "geofencing" est également un bon outil de gestion de la vie privée. "On peut distinguer avec précision ce qui relève de l'utilisation privée ou professionnelle du véhicule, explique Daniel Vassallucci, p-dg de Mapping Control (services connectés de gestion de flotte). Cela permet notamment de traiter les avantages en nature au réel et non plus au forfait. Or, la règle de l'Urssaf en matière de forfait c'est 60% d'usage professionnel et 40% d'usage privé. Tandis que dans la réalité on est plutôt à 15 ou 20% d'usage privé. Un traitement au réel est également plus avantageux pour le salarié car cela réduit la part soumise à l'impôt sur le revenu."

>> À lire aussi: "Flotte automobile: 5 nouveautés qui vont vous faciliter la vie"

Florence Leandri

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