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Reprise d'entreprise : quand les Daf révèlent leur fibre entrepreneuriale

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L'exercice de la fonction de Daf préparerait, mieux qu'un autre, à la réussite d'une reprise d'entreprise. À condition de savoir aussi endosser une casquette de négociateur et de "briser les dogmes"...

" Le repreneur qui veut réussir doit se lancer sans aucun dogme dans la tête et va devoir briser ceux des autres ! Reprendre c'est refuser les dogmes ! " : tel est le conseil de Pascal Ferron, vice-président du réseau d'experts-comptables Baker Tilly France lors d'une conférence organisée conjointement avec la DFCG dans le cadre de leur congrès annuel Financium, sur le thème de la reprise d'entreprise. Plusieurs témoignage de DAF ont illustré ce passage de l'autre côté du miroir.

Prendre des risques

Ainsi, Philippe Savajols, repreneur d'Isospace, a brisé les deux dogmes les plus répandus en matière de reprise d'entreprise. Alors qu'il avait démarré sa carrière de financier-analyste-manager chez Standards & Poors, il a repris sa première société dans un secteur d'activité qu'il ne connaissait absolument pas: une société installatrice d'aménagement de bureaux en région parisienne : " J'ai pris le temps de faire une introspection personnelle, et d'identifier ce que je savais faire, ce que j'aimais faire, et surtout ce que je pouvais apporter à l'équipe. Car l'entreprise que vous rachetez a vécu avant vous. Si on n'apporte aucune valeur ajoutée, il faut chercher une autre cible ". Depuis il en a repris une autre, consolidant la première, et il cherche toujours à faire de la croissance externe. Deuxième dogme : pour reprendre une entreprise, il faut beaucoup d'argent. Philippe Savajols a réussi à reprendre sa société cible avec un apport à sa mesure. Christophe Rémy, quant à lui, a réussi à investir moins de 2 % pour reprendre son restaurant alors qu'il était DAF pour l'entreprise d'ingénierie GECI Consultants. Il a gardé son emploi et levé un peu plus de 2 millions d'euros. Son associé, qui, lui, connaissait bien le secteur de la restauration, a pris 30 % des parts et c'est lui qui fait " tourner la boutique ". Christophe Rémy a mis en place des outils de gestion et de reporting, des processus de management : c'était sa valeur ajoutée au business.

Les mains dans le cambouis

Frédéric Bouleuc a racheté son cabinet d'expertise comptable à Paris, avec un cabinet membre de Baker Tilly en Bourgogne, après avoir exercé les fonctions de DAF et être passé par l'un des big four du secteur. Selon lui, le plus important est de savoir convaincre le cédant, lequel recherche un repreneur miroir (qui a les mêmes valeurs que lui), et qui va conserver son personnel. Il doit être persuadé que vous serez capable d'oublier vos comportements de salarié et que vous saurez " mettre les mains dans le cambouis ". Il faut savoir être patient, le séduire, le convaincre.
De l'avis général, avant la reprise, les qualités de négociateur sont essentielles, car le repreneur doit négocier avec le cédant, avec le banquier et les financeurs, avec toutes les parties prenantes. Il faut faire jouer l'esprit d'équipe, être clair sur ce qu'on est prêt à " lâcher " ou pas. Il faut également savoir accepter que l'opération ne se fasse pas, ou avoir des plans B, comme par exemple modifier le périmètre de la reprise en ne reprenant pas toutes les activités.