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Les francophones et la communication internationale

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L'anglais est le véhicule de communication globale ! Or, la pratique d'une langue étrangère n'est pas le fort de nos concitoyens. Comment s'intégrer dans une conversation et progresser dans l'entreprise, malgré les imperfections de son anglais ? Voici l'épisode I d'un feuilleton dédié à une profession qui ne doit pas craindre l'anglais.

Commençons par quelques observations issues d’une grande pratique internationale.
 
1-    Le Francophone a du mal à communiquer avec le Texan et le Bostonien : ils utilisent un parler mouvant, riche de mots tirés du base-ball, d’argot en perpétuel renouvellement, et d’expressions métaphoriques qui n’ont aucune légitimité en dehors de leur territoire. Le Londonien, conscient d’être plus distingué, n’est guère plus comestible.
2-    Dans les mêmes circonstances, le Germanophone vocifère, trépigne, mobilise la parole, dans un anglais qui ne mérite aucune envie ni considération de la part du Francophone.
3-    En revanche, la communication du même Francophone au Japon et en Corée, et avec le Germanophone, forcément en anglais limité de part et d’autre, est efficace, conviviale, confiante, et dépourvue d’inhibitions. 
4-    De tous les interlocuteurs étrangers pratiqués par le truchement de l’anglais, langue présumée de communication internationale, ce sont les Anglophones qui posent le plus de difficulté. Et ce sont eux qui, par leur seule présence, annihilent la plupart des volontés ou des aptitudes à communiquer dès qu’ils débarquent dans une réunion.
5-    Ces observations sont absolument partagées partout dans le monde. 


 Quelques analyses sur ces observations

Tout d’abord, l’anglais est bien devenu le véhicule de communication globale. Le succès du commerce britannique naguère, les victoires militaires des Etats-Unis, leur économie soutenue et préservée par la seconde guerre mondiale, leur prospérité pendant que le reste du monde peinait à reconstruire, toute l’histoire du siècle dernier l’explique.
 Et, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les échanges sont planétaires et instantanés. Il n’y aura donc pas de retour en arrière. Le français ne retrouvera jamais la place enviable dont il a joui entre 1715 et 1918. All we could do now is pee on the ashes. 

Le Francophone souffre d’insuffisances aux origines multiples
 

L’enseignement de l’anglais dans le cycle secondaire ne vise pas à permettre la communication. Des enseignants des séries S, L et ES me l’ont certifié : « notre métier n’est pas de faire du prêt-à-porter utilisable immédiatement par l’entreprise et le grand capital. Notre mission est d’ouvrir des esprits, de stimuler des intelligences, et de faire découvrir et apprécier une culture fabuleuse. Si nos élèves ne sont pas immédiatement prêts à occuper des emplois demandant une bonne pratique de l’anglais, l’entreprise peut en quinze jours les y amener grâce à la préparation dont nous les aurons fait profiter ». 
Traduction pour le dirigeant d’entreprise qui a été cruellement conscient de ses limitations : « nous faisons ce que nous aimons, que nous croyons et déclarons bon, et n’avons pas de comptes à rendre, et surtout pas aux futurs employeurs de ces élèves qui nous sont confiés ». Les enseignants de filières techniques et professionnelles ont, Dieu merci, une autre vision, plus proche de « n’ayant pas, lui, le loisir d’entrer à l’Université, ce gamin va chercher un job en me quittant, il faut que je lui donne toutes les chances, il doit pouvoir se débrouiller en anglais, au moins un minimum, si possible plus ». 
L’enseignement ainsi distribué majoritairement vise surtout l’écrit. Combien de baccalauréats ont une épreuve orale d’anglais ?  En plus, le Francophone souffre d’une infirmité : sa langue n’a pas d’accentuation tonique dans ses mots. Il y a six manières de prononcer le mot « international » en anglais, en changeant la syllabe accentuée, et l’une, la nôtre, est de n’en accentuer aucune. Laquelle des cinq autres est la bonne ? Où est la syllabe accentuée ? Apprenant par l’écrit d’abord, et incapables de le reconnaître quand nous entendons l’anglais, nous sommes infirmes. 
Enfin, bien avant les Asiatiques, le Francophone est celui qui redoute le plus d’être ridicule. L’Oriental a peur de « perdre la face », mais nous, c’est pire, nous savons que « le ridicule tue »…  La plupart des autres non-Anglophones n’en ont cure, et se lancent furieusement quand nous méditons longuement la phrase à prononcer, jusqu’à être prêt à la lancer quand le débat est déjà rendu ailleurs, et qu’elle n’est plus pertinente. Elle nous restera sur l’estomac. 

Une autre approche de la communication internationale est maintenant indispensable pour nos dirigeants, nous en reparlerons dans des publications ultérieures, des solutions existent, et sont démontrées efficaces et appréciées. A bientôt !