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"Le travail avec le Daf permet de comprendre où les investissements ont été placés, ce qui reste à développer, quels sont les moyens..."

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La société de gestion Inocap crée un nouveau fonds Quadrige, afin d' investir dans 20 à 30 PME et ETI cotées sur Alternext, en privilégiant les sociétés françaises innovantes. Trois questions à Pierrick Bauchet, directeur général délégué d'Inocap, notamment sur la relation entre investisseurs/ Daf.

'Le travail avec le Daf permet de comprendre où les investissements ont été placés, ce qui reste à développer, quels sont les moyens...'

Quelle est la philosophie d'investissement d'Inocap ?

Notre particularité est d'avoir toujours investi dans des PME françaises et innovantes depuis la création d'Inocap en 2007. Nous souhaitons que les sociétés dans lesquelles nous entrons aient une grande partie de l'effectif en France, et qu'elles aient développé une innovation de rupture. Nous regardons notamment les dépenses effectuées en R&D, ou encore le montant du crédit d'impôt recherche, en rapportant ces chiffres au périmètre de l'entreprise. Nous trouvons ces critères quantitatifs dans les rapports financiers des sociétés. L'un des avantages de travailler avec des sociétés cotées est le fait que ces entreprises doivent publier leurs comptes plusieurs fois par an. Il y a beaucoup de vigilance sur les montants déclarés dans le cadre du CIR. Le biais familial joue également. Nous souhaitons que la famille qui gère la société au quotidien soit actionnaire significatif de la société. Nous regardons quelques éléments importants : quelles sociétés ont une position de leadership, celles qui ont su se positionner sur une niche à forte valeur ajoutée et mettre d'importantes barrières à l'entrée. Enfin, nous investissons principalement dans des sociétés où l'export représente au moins 60% du chiffre d'affaires.

Quelles sociétés ciblez-vous avec la création du fonds Quadrige ?

Jusqu'à présent, nous investissions à travers des FCPI, ce qui signifie que la législation nous contraignait à sélectionner des sociétés dont la capitalisation boursière était inférieure à 150 millions d'euros. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons décidé de fonder Quadrige, avec lequel nous pourrons suivre les sociétés plus importantes. Ce fonds vise la tranche supérieure, avec des PME et des ETI dont la capitalisation pourra atteindre jusqu'à 1 milliard d'euros. Le vivier ciblé sont les valeurs éligibles à Alternext, Eurolist B et Eurolist C. Nous excluons le marché libre pour des raisons de visibilité. Quadrige sera investi entre 20 et 30 valeurs, sur lesquelles nous prévoyons d'investir 30 millions d'euros en tout. Sachant que le fonds doit être investi à 75% au minimum, on peut imaginer un investissement de 1 million d'euros environ par valeur. Nous allons conserver notre approche historique, qui privilégie avant tout l'innovation, en étant sélectifs et exigeants. Notre objectif va être d'aller extraire les 20 ou 30 sociétés qui nous correspondent et qui sont les meilleures, en fonction aussi de leur valorisation.

En quoi consiste votre travail auprès des Daf des entreprises dans lesquelles vous investissez ?

Avant de procéder à un investissement, nous rencontrons systématiquement l'équipe dirigeante et le directeur financier. Il y a en général trois rencontres : une dans nos locaux, une au sein de l'entreprise, et une sur un site de production. L'investissement est précédé d'un processus de due deal qui prend environ deux ou trois mois. Nous avons des discussions avec le directeur financier sur le positionnement, la stratégie, les missions de développement... Le travail avec le Daf permet de comprendre où les investissements ont été placés, ce qui reste à développer, quels sont les moyens... Le travail avec le Daf ne s'arrête pas au moment où nous procédons à notre investissement. Nous le rencontrons à l'occasion de la publication des résultats ou du chiffre d'affaires de la société. Nous essayons alors de décortiquer les chiffres, évoquer la croissance, l'évolution des prix, la structure de la marge... C'est tout un travail de suivi que nous effectuons en relation avec le Daf. Étant très axés sur l'innovation, nous cherchons à savoir s'il y a des arbitrages sur ce sujet, de connaître l'allocation des ressources, de faire le point sur les éventuelles ouvertures de filiales...