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Les investissements en capital-développement divisés par trois au premier semestre

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Les fonds investis par les acteurs du capital-développement français sont passés de près de 3 milliards d'euros au premier semestre 2012 à moins de 900 millions d'euros cette année. Une chute drastique dont pâtissent les PME en recherche de fonds propres.

Les investissements en capital-développement divisés par trois au premier semestre

À l’occasion de sa journée annuelle consacrée au capital-développement le 13 novembre à Paris, l’Afic (Association française des investisseurs pour la croissance) tire le signal d’alarme sur la menace qui pèse sur les professionnels de l’investissement minoritaire dans le capital des PME. Le premier semestre 2012 marque un net recul des montants investis (895 M€ de janvier à juin 2012, vs 2940 M€ en 2011). Cette contraction des investissements est elle-même due au tarissement des levées de fonds qui affecte le secteur. En effet, alors que capital-développement en France était le segment du capital-investissement qui résistait le mieux à la crise depuis 2008, il est désormais également touché par une raréfaction des ressources, liée à une chute brutale des fonds collectés auprès des investisseurs institutionnels. Au premier semestre 2012, il n’a ainsi été levé auprès des banques, des compagnies d’assurances et des caisses de retraite que 105 millions d’euros, soit huit fois moins que sa collecte sur l’ensemble de l’année 2011.

Les PME principales victimes

« L’écart entre les levées de fonds et les investissements a été pour la première fois négatif en 2011, et ce mouvement préoccupant s’est accentué sur le 1er semestre 2012 », s’alarme l’association des investisseurs en capital. Cette pénurie de capitaux est d’autant plus inquiétante que le capital-développement alimente de larges pans du tissu économique français. Il intervient en effet majoritairement auprès de PME et d’entreprises qui ont leur centre de décision en France. En 2011, 84 % sont des PME (chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ et effectif inférieur à 250 salariés), les deux tiers ont même moins de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et moins de 100 salariés. 90 % ont leur siège social en France, et près de 60 % sont implantées hors Île-de-France. « Il est urgent et essentiel pour la France, pays de PME, de retrouver un cercle vertueux, par une meilleure orientation de l’épargne et un poids renforcé de l’allocation des institutionnels vers cette classe d’actifs », exhorte Louis Godron, président de l’Afic.

Un accompagnement qualitatif

Outre l’apport en fonds propres pour financer les projets de croissance de ces PME, les investisseurs revendiquent aussi un rôle d’émulation et d’accompagnement qualitatif qu’ils ont voulu prouver à travers une étude mesurant la progression des indicateurs sociaux et économiques dans les entreprises accompagnées par le capital-développement en France. Cette recherche montre la très nette surcroissance des entreprises investies par rapport à un échantillon d’entreprises comparables non investies. En effet, trois ans après le premier investissement par une société de capital-développement, les entreprises étudiées affichent une croissance du chiffre d’affaires 1,65 fois supérieure à leurs homologues non accompagnées par le capital-développement et une croissance des effectifs 1,42 fois supérieure. À bout d’argument, l’Afic fait aussi témoigner les entrepreneurs sur le rôle crucial joué par les investisseurs en capital dans le développement de leur entreprise, via une pétition qui compte à ce jour 573 signatures. La preuve que l’heure est grave.